Le chef du parti Balad, écarté du scrutin, impute l’impasse politique au « racisme » israélien
Yair Golan, chef du parti de gauche HaDemocratim, reste le seul chef de parti de l’opposition à avoir appelé à un partenariat politique avec les deux partis à majorité arabe
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Le chef de la faction Balad, Sami Abou Shahadeh, a affirmé, dans la journée de mercredi, que la seule raison pour laquelle le scrutin d’hier n’était pas considéré comme une défaite pour le Premier ministre Benjamin Netanyahu était que la société israélienne était trop raciste pour considérer les partis dirigés par des Arabes comme faisant partie intégrante de l’opposition.
Le bloc des partisans de Netanyahu aurait remporté 53 sièges à la Knesset, tandis que ses adversaires en auraient gagné 67. Mais ces chiffres de l’opposition se répartissent entre des partis dirigés par des Juifs (ils disposent de 48 sièges) et des formations politiques chapeautées par des Arabes. Ces dernières ont atteint un record historique en gagnant 19 sièges, alors qu’elles en occupaient dix au sein de la Knesset sortante.
La majorité des partis dirigés par des Juifs ont exclu toute possibilité de mettre en place une coalition qui comprendrait des partis arabes, ce qui laisse présager une impasse politique dans le pays.
« Si nous vivions dans un pays normal, démocratique et non-raciste, Netanyahu aurait perdu les élections », a dit Abou Shahadeh dans une interview qui a été accordée à la chaîne qatarie Al-Araby Al-Jadeed.
La faction Balad d’Abou Shahadeh fait partie de la Liste arabe unie, qui devrait remporter environ 12 sièges – auxquels s’ajoutent les sept fauteuils qui ont été attribués au parti Raam, dirigé par l’Arabe israélien Mansour Abbas. Abou Shahadeh lui-même s’était retiré de la Liste arabe unie après que la Haute Cour s’est apprêtée à le disqualifier en raison d’un article qu’il avait rédigé et dans lequel il exprimait son soutien au pogrom qui avait été commis par le Hamas, le 7 octobre 2023.
Il était par la suite revenu sur ce qu’il avait écrit dans cet article.
« En réalité, le camp de Netanyahu a bel et bien perdu les élections — il est passé de 68 sièges à 54 — et le scrutin devrait s’arrêter là », a expliqué Abou Shahadeh à Al-Araby, en se basant sur un décompte provisoire antérieur.
« Mais en raison du racisme au sein de la société israélienne, nous débattons encore pour savoir si ce résultat a été décisif ou non », a-t-il ajouté. « Le problème fondamental de la société israélienne a toujours été, et il reste, son racisme dirigé contre tout ce qui est arabe ou palestinien ».
Abou Shahadeh a spécifiquement critiqué le principal candidat de l’opposition, Gadi Eisenkot, qui a annoncé qu’aucun des partis dirigés par des Arabes ne remplissait les conditions qu’il avait fixées pour rejoindre une coalition.
« Eisenkot dispose d’une majorité pour former un gouvernement mais ce qui l’en empêche, c’est son propre racisme », a accusé Abou Shahadeh. Faisant référence aux origines d’Eisenkot, il a noté que « Eisenkot, un dirigeant d’origine arabe — plus précisément marocaine — affirme qu’il refuse de siéger aux côtés d’Arabes. C’est une société raciste ».
Deux autres partenaires de coalition d’Eisenkot — Naftali Bennett, chef de BeYachad, et Avigdor Liberman, chef d’Yisrael Beytenu — ont plus explicitement exclu tout partenariat avec des partis chapeautés par des Arabes, affirmant qu’une telle initiative serait illégitime après l’attaque sanglante du 7-Octobre, un massacre au cours duquel des Arabes israéliens avaient été tués et faits prisonniers aux côtés de Juifs israéliens.
Yair Golan, le président du parti de gauche HaDemocratim, a été – et il reste – le seul chef de parti de l’opposition à avoir appelé à un partenariat politique avec les deux partis à majorité arabe.
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