Yair Golan, de HaDemocratim, appelle à une coalition avec les partis arabes
Le chef de la Liste arabe unie se dit prêt à "ouvrir la voie" à la destitution de Benjamin Netanyahu
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Le président du parti HaDemocratim, Yair Golan, a exhorté mercredi le « bloc du changement » à s’allier avec la Liste arabe unie – qui est dirigée par des Arabes israéliens – et avec le parti Raam, les résultats montrant que la coalition sioniste anti-Netanyahu ne parviendrait pas à obtenir la majorité sans obtenir le soutien de ces factions.
« Netanyahu a perdu. Je sais compter jusqu’à 120. Soixante-cinq, c’est plus que 55. C’est ainsi que fonctionne la démocratie israélienne. Point barre », a-t-il écrit dans un message qui a été posté sur le réseau social X.
A 12 heures 36, avec 77,6 % des bulletins qui avaient été dépouillés, la Commission centrale électorale centrale a fait savoir que le bloc dirigé par le Premier ministre Benjamin Netanyahu avait obtenu 54 sièges et que le bloc placé sous la houlette d’Eisenkot en avait gagné 49. De leur côté, les partis à majorité arabe semblent dorénavant sur le point de remporter un nombre sans précédent de 17 sièges.
Des résultats qui ont mis en évidence le rôle déterminant que les partis à majorité arabe pourraient jouer dans la formation du prochain gouvernement. En effet, le bloc d’Eisenkot, qui comprend le parti BeYachad de Naftali Bennett, le parti Yisrael Beytenu d’Avigdor Liberman et HaDemocratim, ne sera pas en mesure d’obtenir la majorité à la Knesset sans leur soutien, qu’il soit intérieur ou extérieur.
« La réalité doit nous enseigner une leçon retentissante : nous n’avons aucun avenir ici si nous ne cessons pas d’avoir peur. Et si nous ne mettons pas fin au racisme. Nous ne devons plus accepter les divisions racistes qui ont été instituées par Netanyahu entre les votes juifs et les votes arabes », a continué Golan dans son message.
« Et maintenant, parlons du sionisme. Le bloc de Netanyahu compte 16 députés issus de partis haredim non-sionistes, des partis qui encouragent la désertion massive alors que nos enfants se battent et qu’ils meurent », a écrit Golan, ancien chef d’état-major adjoint de Tsahal.
« Si Netanyahu tient à ne compter que la majorité sioniste, qu’il soustraie d’abord de son propre bloc les 16 députés de la Knesset issus des partis haredim non sionistes. Ce ne sont pas eux qui nous feront la leçon sur le sionisme », a-t-il noté.
« Le bloc du changement dispose d’une majorité sioniste : 49 contre 39. Le bloc du changement dispose d’une majorité israélienne : 65 contre 55 », a-t-il expliqué.
« Nous disposons d’une majorité. Nous avons une responsabilité. Et nous avons l’opportunité de former un gouvernement du changement en partenariat avec les citoyens arabes d’Israël. Un gouvernement qui servira tous les citoyens israéliens. Nous avons désormais besoin de courage. Il faut faire preuve de leadership. Il faut mettre un terme à la peur et il faut commencer à agir », a-t-il déclaré.
Le chef de la Liste arabe unie prêt à « ouvrir la voie » à la destitution du Premier ministre
Le président de la Liste arabe unie, Yousef Jabareen, a, quant à lui, fait savoir dans un communiqué que « nous sommes prêts et disposés à ouvrir la voie à la destitution du gouvernement Netanyahu ».
« Face à ce gouvernement du sang, face à cette politique de suprématie, de racisme et d’exclusion, nous proposons une alternative totalement différente. Le changement passe par un partenariat judéo-arabe — un partenariat réel et égalitaire. Ni plus, ni moins moins que cela », a-t-il affirmé.
S’exprimant, par ailleurs, auprès du site d’information Ynet, Jabareen s’est engagé à « mettre à profit notre pouvoir politique pour faire avancer les valeurs auxquelles nous croyons. »
Le député Ahmad Tibi, qui dirige la faction Taal au sein de la Liste arabe unie, a indiqué dans la journée de mercredi au journal saoudien Al-Hadath « qu’il y a une réelle chance de remplacer le gouvernement Netanyahu » et que « Gadi Eisenkot est le candidat le plus à même de former un gouvernement ».
Avigdor Liberman, président d’Yisrael Beytenu, et Naftali Bennett, président de BeYachad, se sont engagés à ne pas compter sur les partis arabes pour former un gouvernement. Ils devraient revenir sur cette promesse pour obtenir la majorité à la Knesset. Tous les deux ont déjà siégé au sein d’un gouvernement éphémère avec Raam de 2021 à 2022.
Eisenkot lui-même a tenu des propos qui semblaient exclure une coalition tant avec le Raam qu’avec la Liste arabe unie, nettement plus portée sur la question palestinienne.
Le premier, considéré comme plus modéré, compte sur sa liste un ancien député juif issu du parti centriste Yesh Atid (qui fait désormais partie du BeYachad de Bennett), et il a même reçu par le passé les éloges des partis de droite.
Dans le même temps, son président, Mansour Abbas, a évité de qualifier le Hamas « d’organisation terroriste » ou d’appeler à sa destruction – même s’il avait condamné les atrocités commises par le groupe à l’encontre de civils lors du pogrom qui avait été commis par des hommes armés, le 7-Octobre 2023. De plus, l’une des députées du parti, Iman Khatib-Yassin, avait initialement nié l’existence de preuves qui indiquaient que des enfants avaient été tués ou que des femmes avaient été violées lors de l’attaque sanglante. Elle s’est ensuite excusée pour ses propos, affirmant qu’elle n’avait pas eu l’intention de minimiser ou de nier « les actes terribles dont des femmes, des bébés ou des personnes âgées ont été victimes ».
Des commentateurs ont également évoqué la possibilité d’un gouvernement d’union nationale, réunissant une combinaison de partis issus des deux blocs. Mais les partis d’opposition se sont engagés à ne pas collaborer avec Netanyahu ni avec les partis ultra-orthodoxes ; Bennett et Golan ont exclu toute participation de membres du gouvernement actuel.
Le Premier ministre a fait de la prétendue alliance de l’opposition avec les partis arabes un élément qui est resté au centre de sa campagne, notamment à l’aide de grandes banderoles qui avaient présenté des images générées par IA des chefs de la Liste arabe unie et du Raam aux côtés des dirigeants du bloc anti-Netanyahu qui étaient accompagnées d’un slogan disant : « C’est la droite, ou la Palestine ».
L’opposition, de son côté, a fustigé le gouvernement actuel pour avoir collaboré avec les factions ultra-orthodoxes dans l’objectif d’ancrer dans la loi les exemptions accordées de longue date aux hommes haredim du service militaire obligatoire. La majorité de ces factions se définissent comme non-sionistes, exprimant une objection théologique à la revendication de l’État sur la judéité pour des raisons sans rapport avec les conflits régionaux.
Malgré le flou qui règne s’agissant de la formation d’un nouveau gouvernement, la chaîne d’information N12 a rapporté que le bloc anti-Netanyahu cherchait à utiliser sa majorité globale de sièges — y compris ceux des partis arabes — pour remplacer le président de la Knesset, Amir Ohana, membre du Likud.
Selon ce reportage, aucun candidat n’a encore été retenu, même si les noms du député d’Yisrael Beytenu, Oded Forer, et d’Elazar Stern, du parti Yashar, ont été cités parmi les options envisagées.
la Communauté du Times of Israël !







