Avi Gabbay fustige le Likud pour le manque de Juifs mizrahis dans son leadership
Rechercher

Avi Gabbay fustige le Likud pour le manque de Juifs mizrahis dans son leadership

Evoquant un selfie des leaders du Likud - tous ashkénazes - le chef travailliste a expliqué qu'un "Mizrahi qui respecte son héritage ne peut pas voter pour la famille Netanyahu"

Avi Gabbay, leader du parti Travailliste, lors d'une conférence de presse à Tel Aviv, le 13 février 2019 (Crédit : Tomer Neuberg/Flash90)
Avi Gabbay, leader du parti Travailliste, lors d'une conférence de presse à Tel Aviv, le 13 février 2019 (Crédit : Tomer Neuberg/Flash90)

Le chef du parti Travailliste Avi Gabbay, dont les parents avaient immigré en Israël depuis le Maroc, a accusé le Premier ministre Benjamin Netanyahu et sa formation du Likud de « racisme » et de marginaliser les Juifs mizrahis – dont les familles sont originaires du monde arabe.

« Un mizrahi qui se respecte, qui respecte ses parents, son patrimoine, les espoirs de ses parents d’obtenir un jour l’égalité au sein de l’Etat d’Israël, qui croit que le fils qu’il a eu est égal aux autres et qui croit que son enfant doit pouvoir rêver de devenir un jour Premier ministre de l’Etat d’Israël – celui-là ne peut pas voter pour la famille Netanyahu », a dit Avi Gabbay lors de l’émission « Rencontre avec la presse » diffusée sur la Douzième chaîne, samedi.

Gabbay a évoqué un selfie réalisé par les responsables du Likud, le 11 mars à Jérusalem, qui regroupait sept éminents candidats – dont Netanyahu – et qui a été partagé par le Premier ministre sur les réseaux sociaux avec la légende : « Les leaders unis pour la victoire du Likud ».

Tous les candidats présents sur la photographie sont des ashkénazes : Netanyahu, le président de la Knesset Yuli Edelstein, l’ancien maire de Jérusalem Nir Barkat, le ministre de la Sécurité intérieure Gilad Erdan, le ministre des Transports Israel Katz, le ministre de l’Intégration des immigrants Yoav Gallant et l’ex-ministre de l’Intérieur Gideon Saar.

Ce selfie avait été pris en marge d’une réunion de faction du Likud au centre du patrimoine Menahem Begin pour commémorer le 27ème anniversaire du décès de Begin.

« Ils excluent et ils cachent leurs ministres mizrahis, hommes et femmes. Et exclure ainsi vos ministres mizrahis, hommes et femmes, de ce cliché, c’est un acte raciste », a accusé Gabbay. « Je ne comprends pas ceux qui sont, comme moi, des mizrahis, qui voient une photo comme celle-ci et qui ont observé le comportement de la famille Netanyahu au fil des années et qui, en fin de compte, sont encore capables de voter pour la famille Netanyahu ».

Les plus hauts-responsables au Likud sont des hommes ashkénazes, mais le parti contient dans ses rangs plusieurs femmes et personnalités éminentes, dont le ministre de l’Egalité sociale Gila Gamliel, dont les origines sont yéménites et libyennes, et le ministre de la Coopération régionale Tzachi Hanegbi, dont les racines sont yéménites, turques et marocaines par le biais de sa mère Geula Cohen, activiste bien connue.

Gabbay n’a pas été le seul à s’indigner de ce selfie qui a entraîné une crise mineure en interne au Likud en raison de son exclusion de la femme la mieux placée de la formation : la ministre de la Culture Miri Regev, d’origine marocaine.

Regev a exprimé sa colère suite au selfie qui, selon les responsables du parti, n’a pas été une prise spontanée mais bien une photo de campagne délibérée, dont les protagonistes ont été choisis sur invitation. Son équipe a souligné qu’elle avait été désignée pour occuper la sixième place de la liste du Likud, devant Gallant et Barkat, lors des primaires du mois dernier. Après le partage du cliché par Netanyahu, Regev a annulé sa participation aux événements de campagne et ses apparitions sur la chaîne de propagande en ligne du parti, Likud TV.

La ministre de la Culture Miri Regev au cabinet du Premier ministre à Jérusalem, le 8 novembre 2018. (Alex Kolomoisky/Yedioth Ahronoth/Pool)

Une enquête interne menée ces dernières semaines par les personnels responsables de la campagne du Likud a indiqué que la populiste Regev, malgré sa popularité dans la base du parti, n’amenait pas de nouveaux électeurs à la formation au pouvoir et qu’elle était même susceptible de dissuader certains d’entre eux de soutenir le Likud. Ces résultats ont amené le parti à minimiser ses apparitions dans la campagne, a fait savoir jeudi la Douzième chaîne.

Les responsables de la formation ont tenté d’apaiser les tensions ces derniers jours en émettant un communiqué disant que Netanyahu « estime » Regev et qu’elle reste extrêmement populaire au Likud et dans l’opinion publique. Le communiqué a ajouté que Regev continuerait à faire partie de la campagne, et ce de manière significative.

Depuis qu’elle a été élue à la Knesset en 2013, Regev s’est distinguée par les controverses qui ont suivi ses discours populistes. Elle a ainsi qualifié de « cancer » les demandeurs d’asile africains du sud de Tel Aviv et elle accusé l’élite culturelle israélienne d’être un bastion exclusif de la culture ashkénaze. En tant que ministre de la Culture au sein de l’actuel gouvernement, elle a menacé de manière répétée de couper le financement public apporté aux institutions culturelles qui, selon elle, se montrant « déloyales » envers l’Etat.

En savoir plus sur :
C’est vous qui le dites...