Rechercher

Baharav-Miara: un chef de Tsahal sera choisi avant les élections si besoin impérieux

Gantz, qui a souligné « l'impact critique sur la sécurité de l’État » de la nomination, procédera à toutes les consultations requises

Emanuel Fabian est le correspondant militaire du Times of Israël.

La nouvelle procureure générale Gali Baharav-Miara lors d'une cérémonie d'accueil à Jérusalem le 8 février 2022. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)
La nouvelle procureure générale Gali Baharav-Miara lors d'une cérémonie d'accueil à Jérusalem le 8 février 2022. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Le bureau de la procureure générale a indiqué mercredi qu’il faudrait un « motif impérieux » pour autoriser la nomination du prochain chef de l’armée israélienne en période électorale, mais que la perspective d’un revirement de jurisprudence était à l’étude.

Les nominations permanentes de hauts fonctionnaires – comme le chef de la police ou de l’armée – ne se font normalement pas sous mandat de gouvernements intérimaires. Entre 2018 et 2020, la police israélienne a ainsi eu ä sa tête un chef par intérim du fait de plusieurs scrutins infructueux.

Le cabinet de Gali Baharav-Miara a déclaré que la procureure générale souhaitait « se pencher sur » la règle proscrivant la nomination de fonctionnaires en période électorale. Elle a ajouté qu’il serait préférable de surseoir aux nominations en cette période « sauf besoin essentiel et impérieux de pourvoir le poste sur une base permanente, à défaut d’une autre solution raisonnable et appropriée pour atteindre l’objectif recherché ».

Gantz aurait aimé nommer le nouveau chef de Tsahal avant la chute de la coalition, mais il n’en aura manifestement pas le temps, puisque la Knesset devrait être dissoute dès la semaine prochaine.

Il s’est toutefois engagé à poursuivre le processus le processus, suite à la demande des partis religieux et de droite de l’opposition de surseoir à nommer à des postes de haut-fonctionnaire jusqu’au prochain gouvernement.

« Je n’ai pas l’intention de procéder à cette nomination au pas de charge », a déclaré Gantz lors d’une conférence mercredi à Jérusalem. « Je souhaite continuer à mener le processus d’une manière ordonnée et professionnelle, en coordination avec le ministère de la Justice. »

Le ministre de la Défense Benny Gantz dirige une réunion de faction à la Knesset pour son parti Kakhol lavan, le 6 juin 2022. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Gantz a déclaré qu’il consulterait « tous les responsables concernés », y compris le chef de l’opposition Benjamin Netanyahu, qui a été à la fois Premier ministre et ministre de la Défense pendant la longue période de gouvernements intérimaires, avant la nomination du gouvernement actuel, en juin dernier.

Dans ce qui s’apparente à une réponse aux propos de Baharav-Miara, Gantz a précisé que la nomination du prochain chef de Tsahal constituait « sans ambiguïté un besoin essentiel en termes de stratégie, de sécurité et d’organisation ».

« Cette nomination a un impact critique sur la sécurité de l’État, les pouvoirs constitués et la vie des Israéliens », a-t-il ajouté. « J’invite Netanyahu et les autres responsables à tout faire pour ne pas saboter le processus, sauf à risquer de nuire à la sécurité d’Israël. »

Le procureur général adjoint, Gil Limon, a pour sa part demandé au procureur général du ministère de la Défense de procéder à un examen « urgent » de la question, « tout en poursuivant le processus engagé  », a expliqué le cabinet du procureur général dans un communiqué.

« Une fois qu’il aura fait connaître sa position, la question sera réexaminée par la procureure générale », a-t-il ajouté.

Le mandat de quatre ans de l’actuel chef d’état-major général de Tsahal, le lieutenant-général Aviv Kohavi, devrait prendre fin en janvier 2023. Le poste est octroyé pour une durée de trois ans, prorogeable d’un an voire de deux ans en de rares occasions. La plupart des chefs de l’armée servent pendant quatre ans.

Les candidats nommés par Gantz la semaine passée sont Eyal Zamir, ex-chef d’état-major adjoint de Tsahal actuellement chercheur dans un groupe de réflexion à Washington, Herzi Halevi, actuel chef de cabinet adjoint et Yoel Strick, ex-commandant des forces terrestres de l’armée, également chercheur dans un groupe de réflexion à Washington.

La loi veut que les candidatures au poste de chef du gouvernement ainsi que d’autres postes de haut niveau tels que le chef de la police ou le gouverneur de la Banque d’Israël, soient examinées par le Comité consultatif des nominations de haut niveau, préalablement au vote du gouvernement.

Halevi est présenté comme favori et Zamir, l’outsider. Halevi et Kohavi ont commencé leur carrière militaire dans la même unité parachutiste et ont tous deux été chefs de la Direction du renseignement militaire de Tsahal.

Avant d’être chef d’état-major adjoint, Halevi, qui est âgé de 54 ans, a été à la tête du Commandement Sud de Tsahal, lors de plusieurs combats entre Israël et les terroristes, dans la bande de Gaza, en 2018 et 2019.

En savoir plus sur :
C’est vous qui le dites...