Bahreïn et Israël annoncent l’ouverture d’ambassades d’ici la fin de l’année
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Bahreïn et Israël annoncent l’ouverture d’ambassades d’ici la fin de l’année

Le ministre des Affaires étrangères du Royaume du Golfe, Al-Zayani, compare son voyage "historique" d'une journée à Jérusalem à la visite d'Anouar el-Sadate en Israël en 1977

Raphael Ahren est le correspondant diplomatique du Times of Israël

Le ministre des Affaires étrangères Gabi Ashkenazi, (à droite), accueille son homologue du Bahreïn Abdullatif al-Zayani au ministère israélien des Affaires étrangères, le 18 novembre 2020. (Miri Shimonovich/MFA)
Le ministre des Affaires étrangères Gabi Ashkenazi, (à droite), accueille son homologue du Bahreïn Abdullatif al-Zayani au ministère israélien des Affaires étrangères, le 18 novembre 2020. (Miri Shimonovich/MFA)

Le Bahreïn a accepté la demande d’Israël d’établir une ambassade à Manama et demande à son tour l’autorisation d’ouvrir une ambassade en Israël, a fait savoir mercredi le ministre des Affaires étrangères du pays du Golfe, lors d’une courte visite dans l’État juif.

Le processus devrait être achevé d’ici la fin de l’année, a indiqué son homologue israélien, Gabi Ashkenazi, lors d’une conférence de presse commune au ministère des Affaires étrangères à Jérusalem.

« J’ai eu le plaisir de transmettre au ministre Ashkenazi la demande officielle du Royaume de Bahreïn d’ouvrir une ambassade en Israël, et de l’informer que la demande réciproque d’Israël pour une ambassade à Manama avait été approuvée », a déclaré Abdullatif bin Rashid Al-Zayani. « C’est un processus qui, je l’espère, peut maintenant se concrétiser assez rapidement ».

Il est le tout premier ministre bahreïni à se rendre en Israël. Ashkenazi devrait effectuer une visite réciproque au début du mois prochain.

Ashkenazi a déclaré que lui et son invité avaient convenu d’ouvrir des ambassades dans les deux pays dès que possible. « J’espère que d’ici la fin de l’année, nous pourrons organiser des cérémonies pour marquer leur ouverture », a-t-il indiqué, ajoutant qu’il prévoyait de se rendre à Manama en décembre pour inaugurer personnellement la mission.

Il a également annoncé que les citoyens bahreïnis pourront demander en ligne des visas pour Israël à partir du 1er décembre.

« Nous allons bientôt mettre en place des vols directs entre nos pays, ce qui permettra à nos citoyens de visiter et d’en apprendre davantage sur nos merveilleux pays », a-t-il ajouté. « Les hommes d’affaires et les investisseurs israéliens et bahreïnis s’assiéront ensemble et trouveront des moyens de coopérer et de construire des partenariats qui apporteront la prospérité à nos pays ».

Le ministre des Affaires étrangères Gabi Ashkenazi, (à gauche), accueille le ministre des Affaires étrangères du Bahreïn Abdullatif Al-Zayani en Israël, le 18 novembre 2020. (Miri Shimonovich/MFA)

Le chef de la diplomatie israélienne a également salué la décision de l’Autorité palestinienne, annoncée mardi, de reprendre la coopération avec Israël. « Notre porte est ouverte pour reprendre les négociations, et j’invite instamment les Palestiniens à franchir cette porte sans conditions préalables », a-t-il commenté.

C’était la première fois que les deux ministres se rencontraient en personne, mais M. Ashkenazi a fait savoir qu’ils étaient devenus des « amis proches » depuis leur première conversation il y a plusieurs mois.

« Mais nous sommes plus que des amis. Nous sommes aussi des partenaires qui partagent une vision, un objectif et un engagement », a-t-il ajouté. « Nous avons une vision de la prospérité, de la paix et de la sécurité pour notre région. Nous sommes unis par l’objectif d’apporter les fruits de la paix à nos peuples ».

Al-Zayani s’est fait l’écho de ces sentiments, et a même comparé son voyage « historique » d’une journée en Israël à la visite du président égyptien Anouar el-Sadate à Jérusalem en novembre 1977.

« Vous savez, il y a 43 ans, presque jour pour jour, le 19 novembre 1977, le défunt président égyptien Sadate s’est rendu pour la première fois en Israël, plantant les graines de la paix régionale, que nous entretenons encore aujourd’hui. Je pense donc qu’il est approprié que je fasse cette visite si près de cet anniversaire, car j’arrive ici d’un pays qui est convaincu de l’importance de la paix ».

Le président égyptien Anouar el-Sadate atterrit en Israël, le 19 novembre 1977. (Crédit : Moshe Milner/GPO archive)

Le diplomate bahreïni a également déclaré qu’il était encouragé par « l’atmosphère ouverte et constructive » dans laquelle se sont déroulés ses entretiens avec les responsables israéliens. « Les deux parties sont clairement désireuses de faire fonctionner cette coopération et de démontrer qu’elle peut avoir des avantages évidents pour nos pays et la région ».

Al Zayani a atterri à Tel Aviv mercredi par le tout premier vol de passagers sans escale entre Bahreïn et Israël. Il a été rejoint à bord de l’avion de la compagnie Gulf Air par une délégation américaine de haut niveau, dirigée par le négociateur de paix de l’administration sortante, Avi Berkowitz.

La délégation d’Al-Zayani – qui comprend divers hauts fonctionnaires, dont un vice-ministre des Affaires étrangères, le chef de l’aviation civile du Bahreïn et des journalistes – a été accueillie à l’aéroport par Gabi Ashkenazi.

Dans une certaine mesure, al-Zayani a été le visage public du processus de normalisation de Bahreïn avec Israël. Comme son homologue des Émirats arabes unis, il a signé les accords dits d’Abraham et une « déclaration de paix » avec Israël lors d’une cérémonie qui s’est tenue le 15 septembre à la Maison Blanche.

Le 25 octobre, il a signé huit accords bilatéraux et un « communiqué conjoint sur l’établissement de relations diplomatiques, pacifiques et amicales » avec Israël lors d’une cérémonie à Manama.

Le ministre Bahreïni des Affaires étrangères Abdullatif bin Rashid al-Zayani, le conseiller israélien à la sécurité nationale Meir Ben Shabbat, le directeur-général du ministère israélien des Affaires étrangères Alon Ushpiz et d’autres officiels bahreïnis et israélien lors de la signature d’un accord de paix entre Israël et Bahreïn à Manama, au Bahreïn, le 18 octobre 2020. (Crédit : Matty Stern/Ambassade américaine de Jérusalem)

Plus tard dans la journée de mercredi, le président Reuven Rivlin a reçu le haut diplomate bahreïni à sa résidence de Jérusalem, où M. Al-Zayani a signé le livre d’or et s’est adressé à la presse.

« Je suis très, très enthousiaste que nos deux nations aient montré au monde qu’il y a aussi un temps pour la paix », a déclaré M. Rivlin. « C’est une nouvelle ère d’amitié, de coopération, de partenariat et je vous accueille à Jérusalem dans cet esprit, en tant qu’ami ».

Le président a indiqué que les accords de normalisation avec le Bahreïn et les Émirats arabes unis « montrent que la paix est possible » et a lancé un appel direct à l’Autorité palestinienne.

« Président Abbas, nous voulons vivre en paix. Nous sommes une seule famille. Nous sommes tous des fils d’Abraham », a déclaré le chef de l’État israélien.

Il a également invité le roi du Bahreïn, Hamad bin Isa al-Khalifa, à se rendre en Israël.

M. Al-Zayani souhaite que le Bahreïn et Israël s’efforcent de montrer les avantages de la paix aux autres pays.

« Les peuples du Moyen-Orient ne méritent rien de moins que de parvenir à la paix pour tous et à la prospérité », a-t-il déclaré.

Al-Zayani devait ensuite se rendre au bureau du Premier ministre pour une série de réunions, dont une rencontre individuelle avec Netanyahu et une réunion trilatérale avec ce dernier et le secrétaire d’État américain Mike Pompeo. Ashkenazi assistera également à cette réunion.

Le secrétaire d’État américain Mike Pompeo s’exprime lors d’une conférence de presse commune avec le premier ministre slovène (hors champ) après leur rencontre à Bled, dans les contreforts des Alpes juliennes, le 13 août 2020. (Jure Makovec/AFP)

Pompeo est actuellement en tournée dans sept pays, avec des escales en France, en Turquie, en Géorgie, en Israël, aux Émirats arabes unis, au Qatar et en Arabie saoudite.

Israël et Bahreïn vont signer plusieurs accords bilatéraux.

Ashkenazi et Berkowitz, l’homme de confiance de l’administration américaine pour la normalisation israélo-arabe, se joindront à certaines des réunions. La délégation de Berkowitz comprend une poignée de hauts fonctionnaires du Conseil national de sécurité des États-Unis.

Après une nouvelle rencontre avec Ashkenazi vers 20 heures, al-Zayani devrait retourner à Manama vers 22h30, après seulement 12 heures sur place.

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