Ben et Jerry « soutiennent Israël » et rejettent son « occupation illégale »
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Ben et Jerry « soutiennent Israël » et rejettent son « occupation illégale »

Dans une tribune du NY Times, les fondateurs de Ben & Jerry's affirment que la décision de boycott est l'une des plus importantes prises par l'entreprise, et nient être antisémites

Jerry Greenfield, à gauche, et Ben Cohen, les fondateurs de Ben & Jerry's, en 2010. (Wikimedia Commons)
Jerry Greenfield, à gauche, et Ben Cohen, les fondateurs de Ben & Jerry's, en 2010. (Wikimedia Commons)

Les fondateurs juifs de Ben & Jerry’s ont pris la parole mercredi pour défendre la décision du fabricant de glaces de boycotter les implantations israéliennes en Cisjordanie, la qualifiant de « l’une des décisions les plus importantes que l’entreprise ait prises en 43 ans d’histoire ».

Bennett Cohen et Jerry Greenfield, qui ont vendu la société il y a plusieurs dizaines d’années et n’exercent aucun contrôle sur ses activités, ont écrit dans une tribune du New York Times qu’ils soutiennent Israël mais s’opposent à son « occupation illégale » de la Cisjordanie.

Ils ont affirmé que la décision prise par leur ancienne société « n’est pas un rejet d’Israël. C’est un rejet de la politique israélienne, qui perpétue une occupation illégale qui constitue un obstacle à la paix et viole les droits humains fondamentaux du peuple palestinien qui vit sous l’occupation ».

Les dirigeants israéliens se sont déchaînés contre la firme et son propriétaire pour la décision du 19 juillet de couper les liens avec son fabricant et distributeur israélien et de mettre fin aux ventes au-delà de la Ligne verte à partir de la fin de l’année 2022, la qualifiant d’antisémite et de forme de terrorisme. Il n’est pas clair si les produits Ben and Jerry’s continueront à être disponibles en Israël après cette date.

Cohen et Greenfield ont estimé qu’il était louable qu’une entreprise épousant des valeurs progressistes prenne la décision que Ben & Jerry’s a prise, notant que le boycott des colonies faisait partie d’une longue série de prises de position à cette fin.

« Même si elle savait sans doute que la réponse serait rapide et puissante, Ben & Jerry’s a fait le nécessaire pour aligner ses activités et ses opérations sur ses valeurs progressistes », ont-ils écrit, ajoutant que le boycott devait être considéré « non pas comme anti-Israël, mais comme faisant partie d’une longue histoire en faveur de la paix. »

Ils ont également défendu la société, qui est une filiale d’Unilever basée dans le Vermont, contre les accusations d’antisémitisme, et ont également noté qu’elle n’avait pas spécifiquement approuvé le mouvement de boycott, désinvestissement et sanctions (BDS) visant Israël.

« Le fait que nous soutenions la décision de l’entreprise n’est pas une contradiction ni un acte antisémite », ont-ils écrit. « En fait, nous pensons que cet acte peut et doit être considéré comme faisant progresser les concepts de justice et de droits de l’homme, principes fondamentaux du judaïsme. En tant que partisans juifs de l’État d’Israël, nous rejetons fondamentalement la notion selon laquelle il est antisémite de remettre en question les politiques de l’État d’Israël. »

Deux clients entrent dans le magasin de crème glacée Ben & Jerry’s, le 20 juillet 2021, à Burlington, dans le Vermont. (AP Photo/Charles Krupa)

« La décision d’arrêter les ventes en dehors des frontières démocratiques d’Israël n’est pas un boycott d’Israël. La déclaration de Ben & Jerry’s n’a pas approuvé le mouvement BDS », ont-ils écrit.

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