Berkeley : l’interdiction des « sionistes » « peut enfreindre le règlement universitaire »
L'université va abroger les statuts d'un groupe étudiant qui interdisent d'inviter des intervenants sionistes sur le campus et verser un million de dollars au Brandeis Center à la suite d'un procès pour antisémitisme
- Lire d'autres articles du Times of Israël sur Google – ajoutez-nous à vos sources préférées

JTA — L’université de Californie à Berkeley a admis que les interdictions visant les sionistes « peuvent enfreindre le règlement universitaire » et que les statuts de tout groupe étudiant interdisant leur adhésion doivent être abrogés, dans le cadre d’un nouvel accord à l’amiable qui a été conclu dans le cadre d’un procès pour antisémitisme.
L’université a également accepté de verser 1 million de dollars au Brandeis Center for Human Rights Under Law, un cabinet d’avocats qui avait engagé des poursuites judiciaires contre l’établissement d’enseignement supérieur au nom d’étudiants juifs.
Le Brandeis Center a rendu cet accord public jeudi.
Selon les termes de l’accord, la nouvelle politique officielle de l’université stipule que « les interdictions visant les sionistes ont historiquement été utilisées par certaines personnes et institutions comme prétexte pour exclure les Juifs ». Elle ajoute que « de telles interdictions prétextuelles et exclusives peuvent enfreindre les règles de l’université ».
Cette politique est similaire à celle qui a été adoptée par l’université de New York en 2024 – qui notait également que le terme « sioniste » pouvait servir de « mot code » susceptible d’entraîner des violations des politiques de l’établissement en matière de harcèlement.
« Il s’agit, je pense, d’une étape majeure », a déclaré Paul Eckles, conseiller juridique principal au Brandeis Center, à la JTA.
Il a précisé que l’un des principaux objectifs du groupe était « la reconnaissance du fait que l’antisionisme peut être, et a effectivement été, utilisé comme prétexte pour discriminer les Juifs ».
L’affaire de Berkeley concerne des incidents survenus en 2022, lorsque des groupes d’étudiants en droit avaient adopté des règlements s’engageant à ne pas inviter d’orateurs « sionistes » sur le campus.
Cette affaire avait fait l’objet d’un débat considérable, le fondateur et président du Brandeis Center, Kenneth Marcus, ancien élève de la faculté de droit de Berkeley, affirmant que les étudiants avaient créé des « zones sans Juifs ».
Elle avait également fait l’objet d’une enquête du département de l’Éducation sur les droits civiques sous l’administration Biden.
Le Brandeis Center avait intenté une action en justice en 2023, après le pogrom perpétré par le groupe terroriste palestinien du Hamas le 7 octobre 2023.
« Cet accord reflète les valeurs et les objectifs de longue date de l’UC Berkeley en matière de lutte contre les expressions antisémites odieuses, contre le harcèlement et la discrimination lorsqu’ils se produisent sur le campus de Berkeley », a déclaré un porte-parole de l’université dans un communiqué.
Le communiqué a souligné l’amélioration de la note obtenue par l’université dans le rapport de l’Anti-Defamation League (ADL) qui est consacré à l’antisémitisme sur les campus.
Dans un courriel adressé aux étudiants jeudi, le doyen juif de la faculté de droit, Erwin Chemerinsky, a indiqué que les groupes étudiants pouvaient continuer à appliquer des politiques particulières s’agissant des personnes qu’ils invitent et en fonction de leurs opinions – à condition que ces politiques ne soient pas inscrites dans les statuts du groupe.
« Ma position n’a pas changé depuis que cette question a été soulevée », a-t-il écrit.
« Je pense que les organisations étudiantes ont le droit, en vertu du Premier amendement, de choisir leurs intervenants en fonction de leurs opinions, mais j’estime que ces statuts sont incompatibles avec l’engagement de la faculté de droit d’être un lieu où toutes les idées et où toutes les opinions peuvent s’exprimer. »
Chemerinsky a critiqué à la fois les actions des groupes étudiants contre les « sionistes » et l’approche musclée de l’administration Trump face à l’antisémitisme sur des campus tels que celui de Berkeley, où un intervenant israélien avait également été interrompu par des étudiants manifestants en 2024.
Cependant, les professeurs juifs de l’université ont déclaré que l’établissement avait amélioré sa réponse à l’antisémitisme depuis lors.
la Communauté du Times of Israël !







