Besançon : la justice autorise finalement la conférence de Salah Hamouri
Interdite par le préfet du Doubs au nom du risque de troubles à l'ordre public, la conférence du terroriste franco-palestinien a finalement été autorisée par le tribunal administratif, qui a estimé que ce risque n'était pas suffisamment établi
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La conférence-débat que devait animer Salah Hamouri à Besançon jeudi, dans le cadre d’un festival antifasciste, a finalement été autorisée par la justice administrative, quelques heures seulement avant sa tenue.
Cette décision intervient après l’interdiction prononcée par le préfet du Doubs, Rémi Bastille, qui invoquait « le contexte géopolitique actuel » et un risque de troubles à l’ordre public. Ce dernier se disait alors déterminé à « garantir la sécurité et la tranquillité publique sur l’ensemble du département », selon un communiqué de la préfecture.
L’Association France Palestine Solidarité ainsi que le Comité pour Clément – organisateur du festival Besac Antifa Fest – avaient immédiatement dénoncé une décision de « censure », tandis que La France insoumise et le Parti communiste avaient critiqué une mesure jugée politique. À l’inverse, le maire LR de Besançon, Ludovic Fagaut, avait salué l’initiative du préfet, estimant que la liberté d’expression ne pouvait servir de couverture à des discours susceptibles d’alimenter la haine ou les tensions.
Saisi par les organisateurs, le tribunal administratif a finalement autorisé Salah Hamouri à tenir sa conférence, lors d’une audience qui s’est tenue le 4 juin à Besançon.
Dans le document résumant sa décision, le tribunal administratif explique que « le préfet ne rapporte la preuve d’aucun propos antisémite précis imputable au requérant », avant d’ajouter que « les incidents qui ont eu lieu à l’occasion des précédentes conférences données par M. Hamouri sont restés limités ». La juridiction souligne en outre que ces incidents étaient le fait d’opposants à Salah Hamouri et non de l’intéressé lui-même. Et de conclure : « Ces circonstances ne sauraient suffire à justifier l’interdiction de la conférence-débat (…), le risque de trouble à l’ordre public [n’étant] pas avéré. »
Ces dernières années, de nombreuses conférences de Salah Hamouri ont été interdites dans l’Hexagone, notamment à Lyon. Mais avec cette autorisation obtenue en dernière minute, il s’agit désormais de la troisième fois que des tribunaux administratifs annulent des décisions comparables prises par des préfectures, après Nancy et Lyon.
La semaine dernière, les autorités israéliennes ont indiqué que Salah Hamouri avait dirigé depuis l’Europe une « cellule terroriste » de Palestiniens de Jérusalem-Est, démantelée fin 2025.
« Je dis clairement que ce sont des mensonges », avait assuré Salah Hamouri auprès de l’AFP, évoquant une « intimidation » alors qu’Israël l’a expulsé.
En 2024, il a porté plainte à Paris pour détention arbitraire et torture afin de dénoncer les conditions de son incarcération en Israël deux ans plus tôt, avant son expulsion vers la France.
Arrêté et emprisonné en Israël en 2005, Hamouri a été condamné en 2008 à sept ans de prison par un tribunal israélien l’ayant reconnu coupable de participation à un projet d’assassinat d’Ovadia Yossef, ancien grand rabbin d’Israël et fondateur du parti ultra-orthodoxe Shas.
Le Franco-Palestinien, qui clame son innocence dans cette affaire, avait été libéré dans le cadre de l’accord de 2011 ayant permis la libération du soldat franco-israélien Gilad Shalit, enlevé par le groupe terroriste palestinien du Hamas.
Israël le soupçonne par ailleurs de liens avec le Front populaire de libération de la Palestine (FPLP), une organisation considérée comme terroriste par l’État hébreu et l’Union européenne. Il nie ces accusations.
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