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Blinken à Lapid : Washington « apprécie vraiment » la médiation d’Israël en Ukraine

Le secrétaire d'État a souligné que toute initiative devait garantir la souveraineté et l'intégrité territoriale ; les deux hommes ont aussi parlé de l'Iran

Jacob Magid est le correspondant pour les questions liées aux implantations pour le Times of Israël

Le secrétaire d'État américain Antony Blinken, à gauche, et le ministre des Affaires étrangères israélien Yair Lapid, à droite, à Riga, en Lettonie, le 7 mars 2022. (Crédit : Olivier Douliery/Pool/AFP)
Le secrétaire d'État américain Antony Blinken, à gauche, et le ministre des Affaires étrangères israélien Yair Lapid, à droite, à Riga, en Lettonie, le 7 mars 2022. (Crédit : Olivier Douliery/Pool/AFP)

Le secrétaire d’État américain Antony Blinken a remercié Israël pour ses efforts visant à mettre un terme à la guerre entre l’Ukraine et la Russie lors d’une rencontre avec son homologue israélien, Yair Lapid, en Lettonie dans la journée de lundi.

Blinken a souligné que toute initiative visant à tenter d’arrêter les combats serait la bienvenue dans la mesure où elle resterait conforme aux principes américains, européens et de l’OTAN et que l’indépendance, la souveraineté et l’intégrité territoriale de l’Ukraine seraient respectées.

Quarante-huit heures auparavant, le Premier ministre Naftali Bennett s’était entretenu avec le président russe Vladimir Poutine à Moscou alors que l’État juif tente de tenir un rôle de médiateur entre la Russie et l’Ukraine – au vu de son statut unique d’allié des deux nations. Tout en reconnaissant que les chances de réussites étaient très faibles, Bennett avait expliqué qu’Israël « a l’obligation morale » d’essayer de négocier la paix.

« Nous apprécions vraiment énormément les efforts que peuvent faire nos partenaires proches, nos amis et leurs alliés pour voir s’il y a une possibilité de mettre fin à la guerre – conformément, bien sûr, aux principes que nous avons tous établis, à commencer par la concertation avec le gouvernement et avec le peuple ukrainien qui doivent pouvoir bénéficier de leur souveraineté, de leur indépendance et de leur intégrité territoriale », a dit Blinken devant les journalistes avant l’entretien des deux responsables à huis-clos.

« Je suis impatient d’entendre quelles sont vos idées, d’entendre certains des engagements qu’Israël a obtenus et nous apprécions toutes les initiatives prises par nos amis et nos alliés dans la quête d’une résolution diplomatique », a-t-il ajouté.

Lapid, qui s’est rendu en Lettonie pour informer Blinken du déroulement de la visite de Bennett à Moscou et pour répéter l’inquiétude d’Israël face à la perspective d’un nouvel accord sur le nucléaire avec l’Iran, a indiqué que cette réunion entre les deux hommes avait lieu « au moment où l’ordre mondial est en train de changer ».

Lapid a établi clairement que si l’État juif s’efforçait de jouer un rôle de médiateur entre les deux parties, le pays condamnait néanmoins et sans aucune ambiguïté l’invasion de l’Ukraine par la Russie.

Le ministre des Affaires étrangères, en effet, n’a pas mâché ses mots et il a été jusqu’à présent le critique le plus virulent de la conduite de la Russie depuis le début du conflit. Bennett, d’un autre côté, a évité de condamner la Russie ou son président, se contentant de déclarations exprimant son inquiétude face à la situation humanitaire. Il reste aujourd’hui le seul dirigeant occidental à avoir rencontré Poutine depuis le début de l’invasion. Toutefois, Bennett et Lapid ont coordonné ensemble leurs positionnements, a confié un haut-responsable israélien au Times of Israël, la semaine dernière.

« Israël s’engage pleinement à faire tout ce qui est possible pour mettre un terme à la guerre en Ukraine », a déclaré Lapid, lundi. « Nous avons condamné l’invasion russe et nous le faisons encore. Et Israël est un partenaire dans l’effort mondial visant à garantir et à vérifier que cette guerre s’arrêtera bien ».

« Pour arrêter une guerre, il faut négocier. Israël s’entretient avec les deux parties, avec la Russie et avec l’Ukraine, et nous travaillons en pleine coopération avec notre plus grand allié, les États-Unis, et avec nos partenaires européens ».

Sur l’Iran, Lapid a noté l’inquiétude nourrie par Israël face aux négociations sur l’accord sur le nucléaire iranien qui pourrait potentiellement être aujourd’hui en vue, disant que l’État juif a des désaccords bien connus avec les États-Unis sur la question de ce pacte – même si les deux pays partagent le même objectif qui est d’empêcher la République islamique de se doter d’une arme atomique.

« Ce n’est pas un secret que nous avons des désaccords sur le sujet, mais nous avons aussi une conversation entre alliés dont l’objectif à atteindre est le même – un objectif qui est d’empêcher l’Iran de devenir un État du seuil nucléaire et d’empêcher l’Iran de propager le terrorisme et l’instabilité dans le monde entier », a expliqué Lapid.

Blinken a répondu qu’Israël et les États-Unis sont « unis et attachés de la même manière à la nécessité que l’Iran n’obtienne jamais une bombe nucléaire ».

Le secrétaire d’État américain Antony Bliken, à gauche, rencontre le ministre des Affaires étrangères Yair Lapid, 2e à gauche, à Riga, en Lettonie, le 7 mars 2022. (Crédit : Olivier Douliery/Pool/AFP)

Le ministre des Affaires étrangères a déclaré que les événements en cours en Ukraine étaient un rappel, pour Israël, que l’État juif ne pouvait pas compter sur les autres pour se défendre.

L’Ukraine a demandé une assistance militaire pendant l’invasion russe. Même si de nombreux pays fournissent à l’Ukraine des aides humanitaires ainsi que des armes, les puissances mondiales ont refusé de manière répétée d’intervenir militairement, rejetant notamment l’imposition d’une zone d’exclusion aérienne dans le ciel ukrainien pour limiter les capacités aériennes de la Russie.

Soulignant qu’Israël se réservait le droit de passer à l’action militaire contre le programme nucléaire iranien, Lapid a déclaré que « cette guerre est un rappel pour Israël. Nous avons des amis, nous avons des alliés mais notre sécurité ne doit être placée qu’entre nos mains seulement ».

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