Bruxelles trouve un équilibre entre règles sanitaires et liberté de culte
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Bruxelles trouve un équilibre entre règles sanitaires et liberté de culte

"Il pourra y avoir un maximum de 15 personnes, avec une personne en moyenne pour 10 m2", a précisé à l'AFP Edward Landtsheere

Illustration : des Juifs ultra-orthodoxes à Anvers, en Belgique, le 16 mars 2016. (Crédit : Cnaan Liphshiz)
Illustration : des Juifs ultra-orthodoxes à Anvers, en Belgique, le 16 mars 2016. (Crédit : Cnaan Liphshiz)

Le Conseil d’Etat belge a pour la première fois enjoint au gouvernement d’assouplir des restrictions anti-Covid, à l’occasion d’une requête visant l’exercice des cultes et la limitation à cinq participants dans les mariages religieux.

En réaction à un arrêt rendu mardi soir par la plus haute juridiction administrative, le ministre belge de la Justice, compétent pour les cultes, a décidé mercredi après-midi de relever à 15 le nombre autorisé de participants.

« Il pourra y avoir un maximum de 15 personnes, avec une personne en moyenne pour 10 m2″, a précisé à l’AFP Edward Landtsheere, porte-parole du ministre Vincent Van Quickenborne.

Cela revient à élargir aux mariages religieux une limite qui était déjà en vigueur pour les funérailles, a souligné le porte-parole, parlant d' »une nouvelle règle générale » pour les célébrations religieuses.

Dans son arrêt, le Conseil d’Etat critiquait l’absence d’exceptions ponctuelles à une règle en vigueur depuis un mois, dans le cadre du deuxième confinement, limitant strictement « l’exercice collectif du culte ».

La juridiction était saisie en référé par des membres de la communauté juive orthodoxe d’Anvers (nord) s’inquiétant que cette limitation – à cinq personnes dans un même lieu de prière – interdise de fait un mariage religieux programmé lundi prochain avec une quinzaine de participants attendus.

L’impossibilité de tenir ce mariage entraîne « un préjudice moral et familial irrévocable » pour les futurs époux, stipulait l’arrêt rendu mardi soir, rappelant aussi que le libre exercice du culte est garanti par la Constitution belge depuis 190 ans.

Dès mercredi matin, Vincent Van Quickenborne a promis de « trouver un bon équilibre entre la liberté de religion et la santé publique ».

Il a réuni dans l’après-midi les représentants des six principaux cultes en Belgique (catholique, musulman, juif, orthodoxe, anglican et protestant), auxquels a été proposé cet assouplissement des restrictions.

L’objectif, a poursuivi M. Landtsheere, est qu’un nouvel arrêté ministériel soit promulgué samedi pour que l’assouplissement puisse entrer en vigueur dimanche, l’échéance qu’avait fixée le Conseil d’Etat. La requête en urgence des Juifs orthodoxes intervenait à la veille des fêtes de Hanoukka (10-18 décembre).

La Belgique, avec plus de 17 500 décès recensés depuis neuf mois, est l’un des pays au monde les plus endeuillés par la pandémie de coronavirus, rapporté à ses 11,5 millions d’habitants.

Le royaume a été durement frappé par la deuxième vague au point que le gouvernement a décrété fin octobre un nouveau confinement partiel (les écoles restant ouvertes) prévu jusqu’à janvier au moins.

L’arrêt du Conseil d’Etat a suscité de vives réactions dans le monde politique et associatif, certains reprochant à la juridiction de « retoquer une mesure de santé publique édictée pour le bien de tous ».

« Nul ne nie le besoin de spiritualité qu’éprouvent de nombreuses personnes mais, outre le fait que vivre sa foi peut se faire individuellement, ce constat n’autorise personne à s’exonérer des efforts collectifs demandés à la société dans la lutte contre le virus », a critiqué le Centre d’Action Laïque dans un communiqué. Il faut dix hommes pour célébrer un mariage juif – d’où la requête.

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