Israël en guerre - Jour 148

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Cameron : la Grande-Bretagne envisage de reconnaître un État palestinien

Le ministre britannique des Affaires étrangères a déclaré aux diplomates arabes que cela serait un "pas irréversible vers une solution à deux États"

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu (à droite), rencontrant le ministre britannique des Affaires étrangères David Cameron, à Jérusalem, le 24 janvier 2024. (Crédit : Kobi Gideon/GPO)
Le Premier ministre Benjamin Netanyahu (à droite), rencontrant le ministre britannique des Affaires étrangères David Cameron, à Jérusalem, le 24 janvier 2024. (Crédit : Kobi Gideon/GPO)

Le Royaume-Uni envisage de reconnaître un État palestinien comme moyen de faire pression sur Israël pour qu’il accepte une solution à deux États, a déclaré lundi le ministre britannique des Affaires étrangères, David Cameron, lors d’une réception à Westminster.

S’adressant à un parterre de diplomates arabes à la Chambre des communes, M. Cameron a déclaré qu’une telle reconnaissance constituerait « une avancée irréversible vers une solution à deux États et, surtout, vers l’établissement d’un État palestinien ».

« Nous avons une responsabilité là-bas : il faut commencer à définir ce que pourrait être un État palestinien, ce qu’il comprendrait, comment cela fonctionnerait », a-t-il déclaré. « Le moment venu, nous examinerons, avec nos alliés, la question de la reconnaissance d’un État palestinien, y compris aux Nations unies. Cela pourrait contribuer à rendre ce processus irréversible. »

Le Royaume-Uni préconise un plan en cinq points susceptible de mettre fin aux combats, garantir la libération des otages détenus à Gaza, définir un « horizon politique » compatible avec une solution à deux États et mettre en place un gouvernement palestinien technocratique à la tête de Gaza et de la Cisjordanie. Les dirigeants du Hamas seraient expulsés vers un autre pays.

Cameron a mentionné les initiatives actuelles pour mettre fin à la guerre à Gaza, déclarant à son auditoire qu’« il y a un moyen d’aller de l’avant, non seulement pour mettre fin au conflit, mais aussi pour trouver une solution politique porteuse d’une paix pour plusieurs années et non seulement quelques mois ».

Il a par ailleurs reproché à Israël de ne pas avoir fait de progrès pour régler le conflit israélo-palestinien, affirmant que, malgré l’augmentation du niveau de vie de l’État juif ces trente dernières années, son incapacité à garantir la sécurité de ses citoyens est « pour Israël… [le signe que] les 30 dernières années ont été un échec ».

Des soldats israéliens interviennent à Khan Younès, dans le sud de la bande de Gaza, sur une photo non datée publiée par l’armée le 30 janvier 2024. (Crédit : Armée israélienne)

Le discours du ministre des Affaires étrangères est le reflet de son éditorial, publié la veille par The Mail, dans lequel il écrivait que le Royaume-Uni devait donner aux Palestiniens « la perspective politique d’une voie fiable vers un État palestinien et un avenir nouveau ».

« Et cela doit être irréversible », a poursuivi Cameron. « Tout n’est pas entre nos mains. Mais la Grande-Bretagne et ses partenaires peuvent faire beaucoup en confirmant leur engagement en faveur d’un État palestinien souverain et viable, avec des pistes pour sa composition. Et, chose cruciale, nous avons clairement affirmé notre intention de lui accorder la reconnaissance, y compris aux Nations unies. »

Cameron a prononcé ce discours à la veille de son quatrième déplacement dans la région depuis sa nomination surprise, en novembre dernier, au poste de ministre des Affaires étrangères. Il se trouvait déjà en Israël la semaine dernière pour tenter de négocier un accord de libération des otages du Hamas. Il a par ailleurs souligné la nécessité de s’acheminer vers un cessez-le-feu durable lors de réunions avec le Premier ministre Benjamin Netanyahu et le ministre des Affaires étrangères Israel Katz.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu avec le ministre britannique des Affaires étrangères David Cameron à Jérusalem, le 24 janvier 2024. (Crédit : Kobi Gideon/GPO)

Ce mois-ci, Cameron a déclaré aux députés britanniques craindre qu’Israël ne viole le droit international dans sa guerre à Gaza. Pour autant, le ministère britannique des Affaires étrangères a récusé l’accusation de l’Afrique du Sud selon laquelle Israël commettait un « génocide » à Gaza.

La guerre à Gaza est le résultat de l’attaque brutale du Hamas, le 7 octobre dernier, contre le sud d’Israël, lors de laquelle 3 000 hommes armés dirigés par le Hamas ont pris d’assaut l’État juif pour y assassiner près de 1 200 personnes, principalement des civils, et faire plus de 250 otages de tous âges, le tout au milieu atrocités et de violences sexuelles systématiques.

Le ministre britannique des Affaires étrangères, David Cameron, quitte le 10 Downing Street, dans le centre de Londres, le 5 décembre 2023, après avoir assisté à une réunion du cabinet. (Crédit : Ben Stansall/AFP)

Selon le décompte du ministère de la Santé de la bande de Gaza, contrôlé par le Hamas, la guerre aurait d’ores et déjà coûté la vie à plus de 26 000 Palestiniens, chiffre invérifiable de manière indépendante et qui ne fait pas le distinguo entre civils et terroristes. Pour sa part, l’armée israélienne affirme avoir tué près de 10 000 membres du Hamas, soit environ 25 % des effectifs de l’organisation terroriste.

Cameron, qui fut Premier ministre, est depuis longtemps favorable à une solution à deux États, mais il avait jusqu’à présent résisté aux initiatives unilatérales palestiniennes en faveur d’un État, comme la demande d’adhésion de l’Autorité palestinienne à la Cour pénale internationale en 2015.

En 2014, alors qu’il était Premier ministre, il s’était abstenu lors d’un vote symbolique de la Chambre des communes pour reconnaître la Palestine, adopté par une majorité écrasante de 274 voix contre 12.

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