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Canada : croix gammées et symboles de haine à une manifestation anti-vax

Des journalistes affirment avoir été victimes de discours haineux et de violence lors de leur reportage sur le rassemblement du "Convoi de la liberté" à Ottawa

Un manifestant porte un drapeau confédéré américain lors de la manifestation du Convoi de la liberté contre l'obligation vaccinale contre le COVID-19, devant le Parlement canadien à Ottawa, le 29 janvier 2022. (Crédit : Dave Chan/AFP)
Un manifestant porte un drapeau confédéré américain lors de la manifestation du Convoi de la liberté contre l'obligation vaccinale contre le COVID-19, devant le Parlement canadien à Ottawa, le 29 janvier 2022. (Crédit : Dave Chan/AFP)

JTA – Des croix gammées et d’autres symboles à caractère haineux ont été déployés ce week-end, à Ottawa, lors des manifestations du « Convoi de la liberté » organisées contre l’obligation vaccinale.

Les manifestations, organisées par des camionneurs canadiens suite à une obligation vaccinale imposée aux camionneurs revenant des États-Unis, ont eu lieu samedi. Elles ont attiré des milliers de personnes dans la capitale du Canada.

Certains groupes ont comparé l’obligation vaccinale au fascisme et brandi des drapeaux canadiens, et parfois américains, à l’envers.

De nombreux manifestants arboraient des pancartes où l’on pouvait lire des messages à caractère blasphématoire à l’encontre du Premier ministre canadien Justin Trudeau. Lui et sa famille ont été escortés samedi vers un lieu tenu secret, selon les médias canadiens.

Le Premier ministre canadien Justin Trudeau s’exprime lors d’une conférence de presse à la fin d’un sommet UE-Canada au bâtiment du Conseil européen à Bruxelles, mardi 15 juin 2021. (Crédit : AP Photo/Francisco Seco)

Parmi les symboles affichés lors des manifestations figuraient des croix gammées et, dans au moins un cas, le drapeau des États confédérés.

Un député du parti Conservateur, Michael Cooper, s’est rendu sur place pour afficher son soutien aux manifestants. Cooper a été interviewé par une chaîne d’information canadienne, alors qu’un manifestant portant un drapeau canadien couvert de croix gammées marchait derrière lui.

Cooper a ensuite publié une déclaration disant qu’il ne savait pas que le symbole nazi était derrière lui et que s’il l’avait su, il l’aurait condamné. « Il ou elle ne représente pas les milliers de manifestants pacifistes qui ont brandi des drapeaux canadiens et agi de manière responsable. Je suis à leurs côtés et je continuerai à me battre avec eux », a-t-il écrit sur son compte Twitter.

Les journalistes qui ont couvert les manifestations ont dit avoir fait l’objet de discours haineux et de violence, – un journaliste de la Canadian Broadcasting Corporation ayant été traité de « traître au sang d’esclave » après avoir sollicité une interview avec les organisateurs de la manifestation.

L’ancien président américain Donald Trump a lancé un cri d’alarme aux manifestants canadiens lors d’un rassemblement au Texas samedi. « Nous voulons que ces grands camionneurs canadiens sachent que nous sommes avec eux jusqu’au bout », a déclaré Trump. « Ils font plus pour défendre la liberté américaine que nos dirigeants, et de loin. »

Bruce Heyman, qui a été ambassadeur des États-Unis au Canada de 2014 à 2017, a condamné l’usage des croix gammées et des autres symboles de haine.

« Tant l’utilisation de la croix gammée que le drapeau confédéré sont des symboles de haine extrême. Tellement triste de voir ces symboles n’importe où et surtout au Canada », a-t-il déploré dans un tweet.

Dans la capitale, la police a ouvert « plusieurs enquêtes criminelles » en lien avec la profanation de monuments nationaux, des comportements « menaçants, illégaux et intimidants » à l’endroit notamment de policiers, et aussi pour vandalisme sur un véhicule municipal.

« Je suis révulsé de voir des manifestants danser sur la tombe du soldat inconnu et profaner le Monument commémoratif de guerre du Canada », a tweeté le chef d’état-major de la Défense nationale Wayne Eyre, ajoutant que « les personnes impliquées devraient avoir honte ».

L’AFP a contribué à cet article.

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