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Cisjordanie : Des Palestiniens et des activistes agressés par des extrémistes

La police et des témoins ont raconté que des partisans du mouvement pro-implantation masqués, armés de bâtons, les avaient attaqués durant la récolte des olives

Le rabbin de gauche Arik Ascherman après une attaque présumée des habitants israéliens d'implantation près de Bat Yin, en Cisjordanie, le 12 novembre 2021. (Crédit : Shai Kendler)
Le rabbin de gauche Arik Ascherman après une attaque présumée des habitants israéliens d'implantation près de Bat Yin, en Cisjordanie, le 12 novembre 2021. (Crédit : Shai Kendler)

Des dizaines de partisans du mouvement pro-implantation ont agressé des Palestiniens et des activistes israéliens de gauche à proximité de l’implantation de Bat Yin, en Cisjordanie, vendredi, ont fait savoir la police et des témoins.

Au moins trois Israéliens ont été blessés au cours de l’attaque qui est survenue alors que la récolte annuelle des olives touche à sa fin, ont noté les activistes israéliens.

« Les résidents d’implantation ont commencé à attaquer les Palestiniens qui arrivaient dans le secteur dans le cadre de la récolte des olives. La police anti-émeutes de la division de Judée et Samarie a pris la situation en main jusqu’à l’arrivée des forces de la police des frontières », a déclaré le porte-parole de la police des frontières Tamir Pero.

L’armée israélienne a indiqué que trois habitants d’implantation avaient été placés en détention et remis à la police. Les responsables d’implantations locaux n’ont pas commenté cet incident.

La récolte annuelle des olives est régulièrement le théâtre de tensions accrues entre partisans du mouvement pro-implantation israélien, Palestiniens et militaires. Selon le groupe de défense des droits de l’Homme Yesh Din, il y a eu neuf attaques violentes commises par des Israéliens contre des Palestiniens qui tentaient de récolter les olives depuis le début du mois d’octobre.

L’activiste Gil Hammerschlag a noté qu’un certain nombre d’Israéliens se trouvaient sur les lieux, accompagnant les agriculteurs palestiniens originaires du village local de Surif pendant la récolte.

Des hommes masqués, qui auraient été des habitants d’implantations israéliennes, armés de bâtons pendant une attaque contre des Palestiniens qui récoltaient des olives aux abords de Surif, en Cisjordanie, le 12 novembre 2021. (Crédit : Shai Kendler)

En tout début d’après-midi, des hommes masqués ont commencé à se rassembler sur une colline voisine, a raconté Hammerschlag. L’activiste a ajouté que le coordinateur de la sécurité de l’implantation israélienne de Bat Yin était présent aux alentours et qu’il s’est contenté d’observer l’incident.

« Ensuite, ils sont descendus – ils étaient des dizaines – et ils ont commencé à nous jeter des pierres et à frapper tous ceux qui se trouvaient là à coups de bâton. Ils ont frappé l’une des activistes présentes à la tête et elle saignait », a-t-il poursuivi au cours d’un appel téléphonique.

Neta Ben-Porat, l’activiste en question, a été d’abord prise en charge à Surif, la ville voisine, avant d’être évacuée vers un hôpital de Jérusalem, a précisé Hammerschlag.

Hammerschlag et Pero, le porte-parole de la police, ont tous les deux affirmé que quelques dizaines de partisans du mouvement pro-implantation avaient pris part à l’agression. Selon Pero, la police aurait cherché à arrêter davantage de personnes mais un grand-nombre d’entre elles avaient d’ores et déjà quitté les lieux au moment de son arrivée.

Un récit contesté par Hammerschlag : « Quand la police s’est montrée, les agents sont restés dans les voitures pendant deux minutes et ils ont attendu – ce qui a donné le temps nécessaire aux agresseurs pour fuir ».

Le rabbin Arik Ascherman, activiste de gauche, a lui aussi été blessé au visage pendant cette attaque présumée. Ascherman, militant bien connu, a été agressé à plusieurs reprises en Cisjordanie. En 2015, un extrémiste juif de 17 ans avait tenté de le poignarder – une attaque dont Ascherman était sorti indemne. Il avait également été agressé à l’aide d’une batte en bois au mois d’avril dernier alors qu’il accompagnait des bergers israéliens aux abords de la ville de Deir Jarir, dans le centre de la Cisjordanie.

Suite à cet incident, l’armée israélienne a publié un décret qui a déclaré le secteur « zone militaire fermée » pendant un mois. Ainsi, les Palestiniens et les Israéliens qui souhaitent entrer dans cette zone – elle comprend des terres cultivées par des agriculteurs palestiniens – doivent d’abord se coordonner avec l’armée, a noté Tsahal.

« L’objectif est de limiter les frictions entre les deux parties », ont expliqué les militaires.

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