Citant la « radicalisation » d’Israël, la petite-fille de Rabin rejoint Barak
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Citant la « radicalisation » d’Israël, la petite-fille de Rabin rejoint Barak

Noa Rothman, qui intègre la formation de l'ex-Premier ministre, dit savoir quel est le prix de la haine et des incitations et fustige Netanyahu

La petite-fille de feu le Premier ministre israélien Yitzhak Rabin, Noa Rothman, à gauche, et l'ancien Premier ministre Ehud Barak, à droite, le 1er juillet 2019 (Autorisation)
La petite-fille de feu le Premier ministre israélien Yitzhak Rabin, Noa Rothman, à gauche, et l'ancien Premier ministre Ehud Barak, à droite, le 1er juillet 2019 (Autorisation)

Noa Rothman, petite-fille de feu le leader israélien Yitzhak Rabin, a annoncé lundi qu’elle rejoignait le nouveau parti politique d’Ehud Barak pour tenter de vaincre Netanyahu lors du scrutin du mois de septembre.

Rothman a dit dans une déclaration que prendre la décision d’intégrer les rangs de la formation n’avait pas été facile mais qu’elle ne pouvait plus se contenter « de rester en marge » en raison du climat politique en Israël.

« J’ai appris le prix de la haine et des incitations de près, de très près », a déclaré Rothman, se référant à la rhétorique incendiaire publique qui avait précédé l’assassinat de son grand-père, en 1995. « Nous ne pouvons pas accepter la radicalisation de la société israélienne. Cette radicalisation ne peut être la destinée qui nous est réservée ».

Rothman a expliqué qu’alors qu’elle était en désaccord avec Barak sur certains sujets, il était temps que des dirigeants « courageux, déterminés et expérimentés » entrent dans l’arène politique.

« Il est temps de prendre des décisions difficiles pour nos enfants, de réapprendre ce qu’est la modération et de redonner espoir à Israël », a-t-elle continué. « Et si je ne fais rien maintenant, jamais je ne serai en paix avec moi-même ».

La petite-fille de feu le Premier ministre Yitzhak Rabin, Noa Rothman, s’exprime lors d’u,n service de commémoration marquant le 23ème anniversaire depuis l’assassinat de Rabin qui a eu lieu au cimetière du mont Herzl à Jérusalem, le 21 octobre 2018 (Crédit : Marc Israel Sellem/POOL)

Rabin avait été assassiné le 4 novembre 1995 par Yigal Amir, un Juif extrémiste opposé aux Accords d’Oslo et à la restitution du contrôle de certaines zones de la Cisjordanie aux Palestiniens dans le cadre de ce pacte historique.

Dans les mois qui avaient précédé cet assassinat, les politiciens de la ligne dure avaient qualifié Rabin de traître lors de rassemblements et mouvements de protestation frénétiques, certains réclamant sa mort. Selon les critiques, Netanyahu – qui avait assisté à au moins deux rassemblements anti-Rabin – avait fermé les yeux sur cette rhétorique incendiaire qui avait inspiré l’assassin de Rabin, une accusation rejetée par le Premier ministre.

Rothman était pour la toute première fois apparue sur la scène nationale alors qu’adolescente, elle avait fait, en larmes, l’éloge funèbre de son grand-père. Elle avait ensuite servi dans l’armée, travaillant pour le service de presse de Tsahal. Elle avait écrit un livre à ce moment-là intitulé « Au nom du chagrin et de l’espoir ».

L’autrice de 43 ans, avocate et mère de trois enfants, s’est tenue à l’écart de la politique pendant la plus grande partie de sa vie, même si elle est régulièrement intervenue lors des événements organisés à la mémoire de son grand-père, en mettant souvent en garde contre les incitations dans la sphère politique.

Lors d’un rassemblement de commémoration organisé l’année dernière sur la place Rabin, Rothman avait accusé Netanyahu de dresser les camps politiques les uns contre les autres et de se livrer à des incitations contre la gauche.

Barak a salué, lundi, la décision prise par Rothman de le rejoindre, disant qu’il fera tout ce qu’il peut « pour redémarrer le pays de manière à ce que nos enfants et petits-enfants héritent d’une réalité meilleure que ce qu’est la nôtre ».

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