Concert de Barbara Butch interrompu : Enquête ouverte pour « délit d’entrave »
Ce délit est puni de "3 ans d'emprisonnement et de 45 000 € d'amende", a précisé le procureur dans un communiqué. L'enquête est confiée au service local de police judiciaire de Grenoble
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Le parquet de Grenoble a annoncé mardi l’ouverture d’une enquête pour « délit d’entrave concertée aux libertés » suite à l’interruption samedi d’un concert de la DJ juive Barbara Butch par des militants anti-Israël et LFI.
Ce délit est puni de « 3 ans d’emprisonnement et de 45 000 € d’amende », a précisé le procureur dans un communiqué. L’enquête est confiée au service local de police judiciaire de Grenoble.
Barbara Butch, 45 ans, figure des nuits parisiennes LGBTQ+ qui avait notamment participé à la cérémonie d’ouverture des JO de Paris en 2024, se produisait samedi soir vers 22H00 dans le cadre du festival Cabaret Frappé, organisé par la ville depuis 25 ans.
Sa performance a été interrompue au bout d’une vingtaine de minutes à cause d’une manifestation de militants anti-Israël et insoumis. La mairie a fait état de « jets de bouteilles en verre » et autres projectiles « visant délibérément la scène » lors du passage de la DJ.
La municipalité a indiqué dans la foulée qu’elle allait porter plainte contre X. L’adjoint à la culture Alexis Monge a, de son côté, porté plainte pour intimidation et jets de projectiles.
Les militants anti-Israël reprochaient à l’artiste juive la signature d’une tribune en soutien à la proposition de loi Yadan visant à « lutter contre les nouvelles formes d’antisémitisme », remplacée depuis.
« Le soir du samedi 18 juillet 2026, à Grenoble, je suis montée sur scène pour faire ce que je sais faire de mieux : mettre de la musique, faire danser les gens, les rassembler. On m’a accueillie par des cris, des insultes, des projectiles. Des bouteilles en verre ont éclaté sur la scène, à mes pieds. La musique s’est arrêtée. On m’a exfiltrée. J’ai eu peur. Je le dis simplement, parce que c’est la vérité, et parce que je ne veux pas faire semblant d’être plus forte que je ne le suis. Ce qui s’est passé n’est pas un accident ni un débordement. C’est l’étape suivante d’une campagne qui, depuis des mois, cherche à m’exclure de la vie artistique et publique. Mais depuis samedi, il s’est passé autre chose. Vos messages. Vos appels. Les artistes, les salles, les inconnus qui m’ont écrit qu’ils ne laisseraient pas faire. Je les ai tous lus. Vous ne mesurez peut-être pas ce que ça représente, quand on vient de se faire chasser d’une scène avec tant de violence, de découvrir combien de gens veulent vous y voir remonter. Merci. Du fond du cœur, merci, » a écrit la DJ sur son compte Instagram en ajoutant une capture d’écran d’une tribune publiée par elle et son avocate Audrey Msellati dans les colonnes du Monde.
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