Coronavirus: l’Iran franchit officiellement la barre des 2 millions de cas
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Coronavirus: l’Iran franchit officiellement la barre des 2 millions de cas

Face à l'épidémie, l'Iran n'a jamais imposé de confinement généralisé à ses 82 millions d'habitants

Des Iraniennes, portant des masques en raison de la pandémie de COVID-19, font leurs courses au bazar de Tajrish dans la capitale iranienne, Téhéran le 14 juillet 2020. (Crédit : ATTA KENARE / AFP)
Des Iraniennes, portant des masques en raison de la pandémie de COVID-19, font leurs courses au bazar de Tajrish dans la capitale iranienne, Téhéran le 14 juillet 2020. (Crédit : ATTA KENARE / AFP)

La République islamique d’Iran a franchi officiellement jeudi la barre des deux millions de cas confirmés de Covid-19, sur fond d’accélération de l’épidémie avec un nouveau record des contaminations quotidiennes.

Au total, l’épidémie a fait 63.884 morts en Iran sur un total de 2.006.934 personnes infectées, a annoncé Sima Sadat Lari, porte-parole du ministère de la Santé.

Au cours des dernières 24 heures, le pays a enregistré 22.586 contaminations supplémentaires, soit plus de 1 600 de plus que le précédent record qui ne datait que de la veille.

L’Iran est le pays du Proche et du Moyen-Orient le plus durement touché par la pandémie et, de l’aveu même des autorités sanitaires nationales, les chiffres officiels sont largement sous-évalués par rapport à la réalité.

La circulation du virus est repartie en flèche avec les congés du Nouvel An persan (cette année du 18 mars au 2 avril), qui mettent traditionnellement le pays entier sur les routes pour des visites à la famille ou aux amis.

Alors que les chiffres officiels des contaminations et de décès quotidiens étaient restés relativement stables en janvier – sous la barre, respectivement, des 7 000 et des 100 -, les courbes ont dessiné un léger rebond en février mais elles explosent depuis la dernière décade de mars.

Même si le chiffre officiel des morts quotidiens (185 entre mercredi et jeudi) est encore loin du record de mi-novembre (486 morts en 24 h), ce que les autorités présentent comme la « quatrième vague » de la maladie en Iran s’annonce d’ores et déjà beaucoup plus violente que les précédentes.

Une femme iranienne portant un masque de protection choisit des articles traditionnels avant Nowruz, la fête nationale du Nouvel An qui dure deux semaines, au Tajrish Bazaar dans la capitale Téhéran, le 19 mars 2020, malgré le lourd bilan des décès dus aux contaminations par le nouveau coronavirus dans le pays. (STR / AFP)

600 morts par jour ?

Et le gouvernement du président Hassan Rouhani est une fois de plus critiqué de toutes parts pour sa gestion de la crise sanitaire, alors que l’exécutif apparaît divisé sur les mesures à prendre.

Les journaux de toutes tendances, conservateurs comme réformateurs, critiquent jeudi avec virulence le gouvernement auquel ils reprochent de ne pas avoir interdit les voyages pendant les vacances de Norouz (le Nouvel An).

Au lieu d’un interdit pur et simple, les autorités avaient simplement conseillé aux gens de ne pas voyager.

« Nous avons désormais perdu la maîtrise » de l’épidémie, avait déclaré lundi Saïd Namaki, ministre de la Santé.

« Malheureusement, personne ne m’a écouté à propos de (la nécessité de limiter) les voyages (pendant les congés du Nouvel An) et nous faisons maintenant face à de grandes difficultés », avait-il déploré, alors que ses services s’inquiètent d’une forte progression des infections par le variant anglais, plus contagieux.

Au sein de la cellule nationale de lutte contre le coronavirus, « certains nous ont empêchés de saisir l’occasion en or (des vacances de Norouz) pour éteindre le feu du coronavirus », a renchéri mercredi Iraj Harirchi, vice-ministre de la Santé dans un entretien accordé à la télévision d’Etat.

La contamination est « météorique », a-t-il dit, jugeant « très probable » que le pays atteigne le seuil des 600 morts par jour.

Près d’une centaine de villes iraniennes, dont Téhéran, sont classées en « rouge », risque épidémiologique le plus élevé qui impose la fermeture de toutes les activités commerciales « non essentielles ».

Face à l’épidémie, l’Iran n’a jamais imposé de confinement généralisé à ses 82 millions d’habitants.

Comme tant d’autres pays, la République islamique compte sur les vaccins pour sortir de la crise sanitaire mais la campagne de vaccination, lancée début février, n’avance pas aussi vite que l’auraient souhaité les autorités, qui espèrent lancer rapidement la production d’un ou plusieurs vaccins iraniens actuellement en phase d’essais cliniques.

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