Covid-19 : la pandémie déferle sur les Etats-Unis, Xi Jinping appelle à l’union
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Covid-19 : la pandémie déferle sur les Etats-Unis, Xi Jinping appelle à l’union

"La Chine est disposée à poursuivre son partage d'informations et d'expériences", a proposé le président chinois, malgré la rivalité qui l'oppose à son homologue américain

Le président américain Donald Trump, (à droite), discute avec le président chinois Xi Jinping lors d'une cérémonie de bienvenue au Grand Hall du Peuple à Beijing, le 9 novembre 2017. (AP/Andy Wong)
Le président américain Donald Trump, (à droite), discute avec le président chinois Xi Jinping lors d'une cérémonie de bienvenue au Grand Hall du Peuple à Beijing, le 9 novembre 2017. (AP/Andy Wong)

Partie d’Asie en décembre et toujours dévastatrice en Europe, la vague de la pandémie du coronavirus est en passe de submerger les Etats-Unis, incitant le président chinois Xi Jinping à appeler à l’union de la Chine et des Etats-Unis contre le fléau qui a déjà tué plus de 23 000 personnes dans le monde.

Malgré leur rivalité, la Chine et les Etats-Unis « doivent s’unir contre l’épidémie » de Covid-19, a souligné le président Xi lors d’une conversation téléphonique avec le président américain Donald Trump. « La Chine est disposée à poursuivre sans réserve son partage d’informations et d’expériences avec les États-Unis », a-t-il ajouté.

Ce message d’apaisement intervient après des semaines de joutes verbales entre Pékin et Washington. Un responsable chinois avait laissé entendre que le virus avait peut-être une origine américaine et Donald Trump et ses proches se complaisaient à souligner le caractère « chinois » du virus et se plaignaient d’avoir été mal informés de la gravité de l’épidémie.

La communauté internationale s’est par ailleurs attachée à mobiliser des sommes astronomiques pour sauver l’économie mondiale.

Aux programmes de sauvetage lancés par plusieurs pays au niveau national s’ajoute depuis jeudi celui concocté par les dirigeants du G20 réunis en sommet par visioconférence sous la présidence de l’Arabie saoudite. Ils ont promis d’injecter 5 000 milliards de dollars pour soutenir l’économie mondiale foudroyée par la pandémie.

Le nouveau coronavirus, qui a contaminé depuis son apparition en Chine en décembre un demi-million de personnes et en a tué plus de 23 000, a donné un coup d’arrêt à l’activité de nombreux secteurs et contraint trois milliards de Terriens à se calfeutrer chez eux.

Si l’épicentre de la maladie Covid-19 reste l’Europe avec près de 275 000 cas officiellement diagnostiqués, selon un comptage réalisé par l’AFP jeudi à 19H00 GMT, les Etats-Unis semblent être sur la lancée pour dépasser à terme le Vieux continent car l’épidémie y progresse de façon exponentielle.*

Les travailleurs d’une équipe de secours Servpro portant des combinaisons de protection et des masques respiratoires reçoivent des produits avant d’entrer dans le Life Care Center de Kirkland, Washington, pour commencer à nettoyer et à désinfecter les installations, le 11 mars 2020. (AP Photo/Ted S. Warren)

Ils sont devenus jeudi le premier pays affecté avec plus de 83 000 cas. C’est davantage que les 81 000 cas de la Chine, berceau de l’épidémie, et que l’Italie avec ses 80 000 cas.

Concernant les décès, c’est l’Italie qui est la plus touchée (plus de 8.000 morts), devant l’Espagne (plus de 4.000 morts) et la Chine (3.287 morts). Les Etats-Unis, avec 1 201 décès jeudi soir, se trouvaient en sixième position derrière l’Iran et la France.

L’Iran a annoncé vendredi 144 décès supplémentaires, portant son bilan à 2 378 morts.

« Initiative importante »

Le président français Emmanuel Macron a annoncé dans la nuit de jeudi à vendredi, après un entretien avec Donald Trump, qu’ils préparaient tous deux une « nouvelle initiative importante » face à la pandémie.

« Très bonne discussion avec @realDonaldTrump. Face à la crise du Covid-19, avec d’autres pays, nous préparons pour les prochains jours une nouvelle initiative importante », a tweeté M. Macron, sans autre précision.

De son côté, la Maison Blanche n’a pas évoqué un tel projet. Selon elle, les deux dirigeants ont convenu de « l’importance d’une coopération étroite par le biais du G7, du G20 et du P5 », les cinq membres permanents du Conseil de sécurité de l’ONU.

Ceci « pour aider les organisations multilatérales, notamment l’Organisation mondiale de la santé, le Fonds monétaire international et la Banque mondiale, à éliminer rapidement la pandémie et à en minimiser l’impact économique », a-t-elle précisé.

L’Afrique du Sud a enregistré vendredi ses deux premiers décès, quelques heures après être entrée en confinement pour trois semaines. Le pays le plus industrialisé d’Afrique est, de loin, le plus touché sur le continent avec 927 cas recensés pour 57 millions d’habitants.

Il s’agit de « prévenir une catastrophe humaine aux proportions énormes », a expliqué le président Cyril Ramaphosa.

Guerre à l’invisible

« Vous êtes là pour faire la guerre à un ennemi invisible. On attend de vous (…) que vous sortiez dans les rues pour défendre notre peuple contre le virus », a lancé jeudi le chef de l’Etat, en tenue militaire, à un détachement de soldats prêts à se déployer pour faire respecter le confinement.

Pour Ditebogo Koenaite, pilote de ligne, « les classes moyennes et supérieures respecteront le confinement ». « Mais je ne pense pas que les plus modestes pourront respecter la distanciation sociale. C’est plus dur dans les quartiers pauvres parce qu’ils partagent les toilettes » notamment, a-t-elle relevé.

Partout en Afrique, le virus a continué vendredi de progresser à une vitesse inquiétante avec plus de 2 700 cas et au moins 73 décès.

A Singapour, les autorités menacent désormais de six mois de prison ceux qui ne respecteront pas les distances de sécurité entre particuliers.

Pendant ce temps-là, l’Italie nourrissait avec prudence ses espoirs d’un ralentissement relatif des nouveaux cas de contamination (seulement
+8 %, comme les deux jours précédents).

Un employé hospitalier portant un masque et un équipement de protection, accompagne un patient à l’unité de radiologie dans une structure temporaire d’urgence installée devant le service des urgences, où n’importe quel patient qui arrive en présentant les symptômes du coronavirus est testé, à l’hôpital de Brescia en Lombardie, le 13 mars 2020.
(Miguel Medina/AFP)

Mais le maire de Brescia, ville du Nord durement touchée, estime que « les contaminations sont beaucoup plus nombreuses que ce que l’on dit ». « Le nombre de morts aussi est plus important car il y a beaucoup de malades chez eux et on ne sait pas comment ils vont », relève Emilio Del Bono.

La crise du Covid-19 « va exploser de manière dramatique » en Campanie qui « va vivre dans les dix prochains jours un véritable enfer », prévient Vincenzo De Luca, gouverneur de cette région où se trouve Naples.

En France, l’épidémie s’est aggravée, avec 365 décès enregistrés à l’hôpital en 24 heures dont, pour la première fois, une adolescente de 16 ans.

Une victime du virus Covid-19 est évacuée de l’hôpital civil de Mulhouse, dans l’est de la France, le lundi 23 mars 2020. (Crédit : AP Photo/Jean-Francois Badias)

Julie A. est morte du coronavirus à Paris, faisant d’elle la plus jeune victime française du coronavirus.

Le Premier ministre français Edouard Philippe a mis en garde vendredi contre « la vague extrêmement élevée » de l’épidémie de coronavirus qui « déferle sur la France », prédisant que « la situation va être difficile pendant les jours qui viennent ».

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