Dans une critique peu subtile, Israël offre à l’UNESCO une réplique de l’arc de Titus
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Dans une critique peu subtile, Israël offre à l’UNESCO une réplique de l’arc de Titus

La directrice de l'agence culturelle a accepté cette frise d'une ménorah qui avait été mise à l'écart par les Romains, une “reconnaissance de la force de notre partenariat avec Israël”

Raphael Ahren est le correspondant diplomatique du Times of Israël

Une réplique de l'arc de Titus offerte à l'UNESCO le 26 septembre 2017 (Crédit : Erez Lichtfeld)
Une réplique de l'arc de Titus offerte à l'UNESCO le 26 septembre 2017 (Crédit : Erez Lichtfeld)

Israël a offert la réplique d’une frise de l’arc de Titus à la dirigeante de l’UNESCO, utilisant le monument de Rome qui commémore la victoire sur Jérusalem pour faire une critique peu subtile des résolutions de l’organisation qui ont ignoré les liens entretenus par les Juifs avec la ville sainte.

Cette idée est, à l’origine, celle du Premier ministre Benjamin Netanyahu. Elle lui était venue après l’adoption par l’Organisation des Nations unies pour l’éducation, la science et la culture d’une résolution, l’année dernière, qui n’utilisait que les noms musulmans pour désigner les lieux saints de Jérusalem.

Cette réplique sera exposée au siège parisien de l’UNESCO , permettant de « saluer la vérité historique de l’existence des deux Temples sur le mont du Temple », a indiqué Carmel Shama-Hacohen, ambassadeur israélien à l’agence.

Shama-Hacohen a offert la réplique à la directrice générale sortante de l’UNESCO, Irina Bokova qui, dans son discours, a critiqué plus subtilement les résolutions anti-israéliennes qui sont adoptées de manière routinière par les états membres de son organisation.

« Il y a 2 000 ans, les Romains ont détruit le Temple et l’ont ôté au peuple juif. Et aujourd’hui, l’UNESCO tente de détruire et d’effacer l’histoire du peuple juif à Jérusalem », a déclaré Shama-Hacohen lors de l’événement.

L'Arc de Titus. (Crédit : Wikimedia/Cassius Ahenobarbus)
L’Arc de Titus. (Crédit : Wikimedia/Cassius Ahenobarbus)

« Quand le conseil exécutif de l’UNESCO adopte tous les six mois une résolution qui nie la connexion existante entre le peuple juif et le mont du Temple, non seulement il adopte une résolution politique mais il adopte également une résolution qui nie le droit à l’existence de l’Etat d’Israël et le droit du peuple juif à l’autodétermination », a-t-il poursuivi.

De plus, de telles résolutions « ouvrent la voie à la propagation de l’antisémitisme et au terrorisme », a poursuivi Shama-Hacohen.

« A ceux qui utilisent l’UNESCO et son conseil exécutif comme un outil politique pour promouvoir la stabilité politique dans leur propre pays, je le dis, ça suffit. Trop de gens paient le prix fort de vos résolutions, a-t-il dit. Prendre cette organisation et l’histoire juive en otage pour vos problèmes politiques n’est pas une réponse. »

Construit en l’an 82 de l’ère commune, l’arc de Titus commémore la victoire de Rome sur les Juifs et le siège de Jérusalem, 12 ans auparavant. Il montre des soldats romains transportant la grande ménorah qui était utilisée par les grands prêtres dans les temples juifs détruits, et il est considéré par de nombreux Juifs comme une preuve de la connexion du peuple juif avec Jérusalem.

« L’arc de Titus à Rome illustre l’un des événements les plus tragiques de l’histoire du peuple juif et il témoigne également de la relation millénaire entre le peuple juif et la ville de Jérusalem », a déclaré Bokova lors de l’événement.

L'ambassadeur israélien à l' UNESCO, Carmel Shama-Hacohen, avec la directrice-générale de l'agence culturelle Irina Bokova, le 26 septembre 2017 (Crédit : Erez Lichtfeld)
L’ambassadeur israélien à l’ UNESCO, Carmel Shama-Hacohen, avec la directrice-générale de l’agence culturelle Irina Bokova, le 26 septembre 2017 (Crédit : Erez Lichtfeld)

Bokova, qui achèvera son mandat à la tête de l’UNESCO le mois prochain, a accepté ce cadeau – conçu par le département de conservation artistique de l’Autorité israélienne des Antiquités – comme signe de « reconnaissance de la force de notre partenariat avec Israël et comme promesse d’une coopération plus profonde à l’avenir. »

L’histoire de la destruction du Temple « est au cœur de l’identité juive, a-t-elle dit. Cette histoire peut nous guider à travers les profondeurs du temps, montrant la résilience d’un peuple, nous aidant à comprendre le rôle de la transmission et de la mémoire, la manière dont elle structure l’identité à travers les siècles, la manière dont les cultures s’infiltrent et s’influencent les unes les autres. »

Jérusalem, a-t-elle dit, est un lieu saint pour les trois religions monothéistes « et nulle part ailleurs dans le monde plus qu’à Jérusalem les traditions juive, chrétienne et musulmane ne partagent l’espace et s’entremêlent au point qu’elles se soutiennent les unes les autres. »

Se référant au mont du Temple par ses noms en hébreu et en arabe — Har HaBayit et Al-Haram al-Sharif — elle a souligné la valeur universelle de Jérusalem pour les trois religions.

Bokova a ajouté que « trop souvent, nous voyons s’élever des discours d’exclusion, qui tentent de dénaturer et de couper en pièces notre patrimoine, qui aboutissent en des conflits sans fin sur qui appartient à qui, à cette culture ou à notre autre, sur quel patrimoine est le plus important, le plus ancien, le plus saint. »

Elle a toujours tenté de travailler avec tous les membres de l’UNESCO en faveur du « renforcement de l’esprit de coexistence, a-t-elle dit. Ce n’est pas toujours facile, mais il n’y a aucun autre moyen. »

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