Décès de Maurice Bénichou, second rôle prolifique au théâtre et au cinéma
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Décès de Maurice Bénichou, second rôle prolifique au théâtre et au cinéma

Devenu célèbre pour son rôle dans "Le Fabuleux destin d'Amélie Poulain", l’acteur a également joué sous la direction de Elie Chouraqui, Jean-Jacques Zilbermann et Joann Sfar

Maurice Bénichou, dans le rôle de Dominique dans le film "Le Fabuleux destin d'Amélie Poulain" de Jean-Pierre Jeunet. (Crédit photo : capture d’écran YouTube / Miramax / CLAUDIE OSSARD PRODUCTIONS / UGC)
Maurice Bénichou, dans le rôle de Dominique dans le film "Le Fabuleux destin d'Amélie Poulain" de Jean-Pierre Jeunet. (Crédit photo : capture d’écran YouTube / Miramax / CLAUDIE OSSARD PRODUCTIONS / UGC)

Le comédien Maurice Bénichou, second rôle discret mais prolifique au théâtre et au cinéma, popularisé par son rôle de propriétaire de la boite aux souvenirs dans « Le Fabuleux destin d’Amélie Poulain », est décédé samedi à l’âge de 76 ans, a-t-on appris lundi auprès de son agent.

Dès 1968, Maurice Bénichou a été mis en scène par Patrice Chéreau dans « Le Prix de la révolte au marché noir », avant de devenir l’un des comédiens récurrents des créations de Peter Brook, notamment à l’affiche en 1974 de « Timon d’Athènes » de William Shakespeare, au Théâtre des Bouffes du Nord, à Paris.

En 1985, Peter Brook a confié à Maurice Bénichou les rôles de Ganesha et Krishna dans « Mahabharata », un spectacle de 9 heures qui reste l’un des grands événements du Festival d’Avignon.

Epoux de la comédienne Geneviève Mnich, Maurice Bénichou a été à l’affiche d’une quarantaine de pièces et d’une cinquantaine de films sous la direction des plus grands réalisateurs dont Henri Verneuil, Raoul Ruiz et Yves Robert avec notamment « Un éléphant ça trompe énormément » en 1976.

En 1981, Elie Chouraqui l’a engagé pour « Qu’est-ce qui fait courir David ? ». Sous la direction de Jean-Jacques Zilbermann, il a tourné aussi dans « Tout le monde n’a pas eu la chance d’avoir des parents communistes » et dans « L’homme est une femme comme les autres » (1998), aux côtés d’Antoine de Caunes, Elsa Zylberstein et Michel Aumont. Il a également joué le rôle d’un agent du Mossad dans « Les Patriotes » (1994) et donné sa voix au rabbin du film « Le Chat du rabbin » (2011) de Joann Sfar.

Après « Drôle de Félix » d’Olivier Ducastel et Jacques Martineau en 2000, Jean-Pierre Jeunet a offert à Maurice Bénichou un court rôle qui l’a popularisé dans « Le Fabuleux destin d’Amélie Poulain ».

« Je l’avais découvert dans une pièce de Peter Brook et dans ‘Tout le monde n’a pas eu la chance d’avoir des parents communistes’. Pour ‘Amélie Poulain’, il était idéal pour la scène de la boite aux souvenirs. L’instant exigeait un grand jeu d’émotion. Il était très tendu avant la scène et euphorique juste après. C’est touchant de voir de supers acteurs comme lui confrontés à chaque fois au trac », a confié à l’AFP Jean-Pierre Jeunet.

En 2005, Michael Haneke l’a dirigé dans « Caché », long métrage récompensé par le Prix de la mise en scène au Festival de Cannes.

Ces dernières années, Maurice Bénichou a campé l’avocat Jacques Vergès dans « Omar m’a tuer » de Roschdy Zem. Plusieurs fois nommé aux César sans être récompensé, Maurice Bénichou a été distingué toutefois en 1988 par le prix du Syndicat de la critique. Il a aussi été fait
officier des Arts et des Lettres‎ en 2006 et officier de la Légion d’honneur en 2013.

Egalement metteur en scène, Maurice Bénichou a signé une adaptation des « Trois soeurs » de Tchekov et a notamment dirigé Suzanne Flon dans « Une absence » de Loleh Bellon.

A la télévision, Maurice Bénichou a été au casting de nombreuses séries et téléfilms dont « Madame le Proviseur », « PJ », et « Doom-doom » de Laurent Abitbol et Nicolas Mongin.

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