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Découvrez à Tel Aviv le jardin d’Itzik, ce retraité qui recycle pour créer de l’art

Situé au cœur de Tel Aviv sur l'artère Ben Yehuda, un curieux jardin abritant les créations d'Itzik Purim, 76 ans, émerveille grands et petits

  • Le jardin d'Itzik Purim sur l'avenue Ben Yehuda à Tel Aviv (Crédit : Sophie Rachel Amzallag)
    Le jardin d'Itzik Purim sur l'avenue Ben Yehuda à Tel Aviv (Crédit : Sophie Rachel Amzallag)
  • Quelques unes des créations qui peuplent le jardin d'Itzik Purim sur l'avenue Ben Yehuda à Tel Aviv (Crédit : Sophie Rachel Amzallag)
    Quelques unes des créations qui peuplent le jardin d'Itzik Purim sur l'avenue Ben Yehuda à Tel Aviv (Crédit : Sophie Rachel Amzallag)
  • Itzik Purim (Crédit : Sophie Rachel Amzallag)
    Itzik Purim (Crédit : Sophie Rachel Amzallag)
  • Le jardin d'Itzik Purim sur l'avenue Ben Yehuda à Tel Aviv (Crédit : Sophie Rachel Amzallag)
    Le jardin d'Itzik Purim sur l'avenue Ben Yehuda à Tel Aviv (Crédit : Sophie Rachel Amzallag)
  • Quelques unes des créations qui peuplent le jardin d'Itzik Purim sur l'avenue Ben Yehuda à Tel Aviv (Crédit : Sophie Rachel Amzallag)
    Quelques unes des créations qui peuplent le jardin d'Itzik Purim sur l'avenue Ben Yehuda à Tel Aviv (Crédit : Sophie Rachel Amzallag)
  • Quelques unes des créations qui peuplent le jardin d'Itzik Purim sur l'avenue Ben Yehuda à Tel Aviv (Crédit : Sophie Rachel Amzallag)
    Quelques unes des créations qui peuplent le jardin d'Itzik Purim sur l'avenue Ben Yehuda à Tel Aviv (Crédit : Sophie Rachel Amzallag)
  • Quelques unes des créations qui peuplent le jardin d'Itzik Purim sur l'avenue Ben Yehuda à Tel Aviv (Crédit : Sophie Rachel Amzallag)
    Quelques unes des créations qui peuplent le jardin d'Itzik Purim sur l'avenue Ben Yehuda à Tel Aviv (Crédit : Sophie Rachel Amzallag)

Si vous vous promenez sur la rue Ben Yehuda, à Tel Aviv, au niveau du numéro 49, vous tomberez sur un étrange et féérique jardin rempli de curiosités.

Après avoir franchi le petit portail arborant une étoile de David, vous tomberez sur un bric-à-brac de sculptures, de statuettes suspendues et d’autres créations toutes plus loufoques les unes que les autres, fabriquées à partir de matériaux recyclés tels que des bouteilles, des casseroles ou encore de vieux jouets. Elles sont l’œuvre d’Itzik Purim, un retraité âgé de 76 ans passé maître dans l’art de la récupération et de la transformation d’objets délaissés en inventions créatives et étonnantes.

Itzik habite l’immeuble au bout de la cour avec sa femme d’origine britannique, Eileen, une peintre accomplie qui est elle-même l’auteure de plusieurs fresques murales et tableaux exposés dans le jardin. Pour Itzik, “c’est une manière de se rapprocher, de faire des choses ensemble”.

Né en 1945 dans ce qui était alors la Palestine mandataire, Itzik s’est envolé pour l’Angleterre à l’âge de 20 ans, après son service militaire. C’est là qu’il a rencontré Eileen, avec laquelle il s’est marié et a eu sa première fille, avant de revenir en Israël.

Itzik Purim et son épouse Eileen (Sophie Rachel Amzallag)

S’en sont suivies plusieurs années d’allers-retours entre Israël et le Royaume Uni, qu’il a définitivement quitté il y a dix ans. “Nous avions une belle vie là bas,” confie-t-il. “Mais au bout du compte, Israël est ma maison et je sentais que je devais y revenir”.

Ces années passées en Grande-Bretagne ne sont pas sans influence sur son art. Là-bas, il a travaillé en tant que soudeur et a appris à manipuler les métaux. Pour se distraire, il a commencé à fabriquer de petites figurines de métal. “Un jour, mon patron a demandé à me parler. J’ai cru qu’il allait me renvoyer pour avoir fabriqué ces poupées ! Mais il m’a demandé d’en fabriquer pour tout le monde. À partir de ce moment, j’ai pris confiance en mon talent et je n’ai plus arrêté de créer”.

Le jardin de Ben Yehuda a vu le jour il y a cinq ans, quand le sol d’un immeuble voisin s’est effondré.

Une figurine d’acier crée2e par Itzik Purim (Sophie rachel Amzallag)

Pour éviter de payer les 5 000 shekels demandés par la mairie de Tel Aviv pour sa réparation, Itzik a entrepris de boucher le trou lui-même, profitant de l’occasion pour y incorporer quelques décorations. Depuis lors, il n’a eu de cesse d’y rajouter des éléments, jusqu’à en faire le musée de curiosités qu’il est aujourd’hui.

Bien qu’il lui arrive d’en acheter, Itzik se fournit en matériaux principalement grâce à plusieurs restaurants pour lesquels il effectue de menus travaux, en échange de toutes sortes d’objets qui auraient autrement été jetés. “J’essaie de recycler, c’est important pour moi. Je n’aime pas jeter. Alors, si je peux fabriquer quelque chose, je le fais,” déclare-t-il.

Le résultat est loin de laisser les passants indifférents. “Les gens s’arrêtent pour prendre des photos en permanence,” raconte Itzik. C’est la joie qu’il leur apporte qui le motive à continuer. “Quand ils viennent ici, les gens aiment ce qu’ils voient, cela les rend heureux. Pouvoir faire sourire quelqu’un, c’est ce qui m’encourage, ce qui m’inspire. C’est d’autant plus important par les temps qui courent”.

“Les temps qui courent” présentent un autre problème pour Itzik : “les gens passent leur temps sur leur téléphone ou leur ordinateur, plus personne ne crée rien de ses mains. Pour moi qui n’ai même pas de téléphone, c’est impensable. Mais si les jeunes générations veulent apprendre, je suis prêt à transmettre mon savoir-faire”.

Il insiste sur le fait que tout le monde est capable d’être créatif. “Chacun d’entre nous a du talent et peut en faire quelque chose d’unique”. Et pour Itzik, c’est justement le caractère unique de ses créations qui plaît.

“J’essaie de faire des choses que personne d’autre n’a jamais faites. Je ne copie personne, et personne ne peut me copier. C’est impossible !”, conclut-il avec un sourire.

Quelques unes des créations qui peuplent le jardin d’Itzik Purim sur l’avenue Ben Yehuda à Tel Aviv (Sophie Rachel Amzallag)

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