Déguisé en soldat haredi pour Pourim, Liberman creuse le fossé avec la coalition
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Déguisé en soldat haredi pour Pourim, Liberman creuse le fossé avec la coalition

En pleine controverse sur le service militaire, le ministre de la Défense transforme les chefs de YaHadout HaTorah en chef d'état-major et chef de l'unité de commando naval

Le ministre de la Défense, Avigdor Liberman, apparaît en costume de fête dans une vidéo de Pourim, le 1er mars 2018. (Capture d'écran: Twitter)
Le ministre de la Défense, Avigdor Liberman, apparaît en costume de fête dans une vidéo de Pourim, le 1er mars 2018. (Capture d'écran: Twitter)

Jeudi, le ministre de la Défense, Avigdor Liberman, dans une vidéo de fête de Pourim s’est moqué de ses partenaires de la coalition ultra-orthodoxe qui avaient exigé que les étudiants Haredi soient exemptés de l’armée.

« Quand Adar commence, nous nous engageons joyeusement », plaisante-t-il, parodiant la phrase traditionnelle qui prescrit la joie quand le mois hébreu d’Adar commence ainsi que les fêtes de Pourim – traditionnellement costumées.

Avec des images pop-up en sur-impression, le ministre de la Défense a proposé que le vice-ministre de la Santé, Yaakov Litzman et le député Moshé Gafni – tous deux du parti YaHadout HaTorah – deviennent respectivement chef d’état-major de l’armée israélienne et chef de l’unité de commando navale Shayetet.

Le ministre de la Défense fait face à une crise de coalition entre les partis ultra-orthodoxes et son parti laïc Yisrael Beytenu.

Mercredi, les législateurs ultra-orthodoxes, furieux de la décision de reporter un vote sur un projet de loi d’exemption, ont promis jeudi de conditionner leur soutien au budget de l’Etat 2019 en fonction de l’adoption de leurs propositions, même si cela signifiait ne pas faire passer le budget et déclencher la chute de la coalition.

Litzman, qui dirige le parti de YaHadout HaTorah, a déclaré mercredi qu’il était sous les ordres de la direction rabbinique du parti, son Conseil des Sages de la Torah, et qu’il « ne pouvait pas soutenir » le budget de 2019 si la loi d’exemption militaire était adoptée.

« Le projet de loi est une partie inextricable de l’accord de coalition, et nous attendons de toutes les factions de la coalition qu’elles soutiennent la loi si elles souhaitent la poursuite de l’existence de la coalition », a-t-il déclaré dans un communiqué.

Yaakov Litzman, député du parti Yahadout HaTorah, à la Knesset, le 15 septembre 2014 (Crédit : Noam Revkin Fenton/Flash90)

Les partis ultra-orthodoxes ont présenté lundi deux projets de loi parallèles sur le projet militaire : le premier, une loi fondamentale quasi constitutionnelle, consacrerait l’étude de la Torah à long-terme comme une forme reconnue de service officiel à l’État en remplacement du service militaire. Le deuxième projet de loi obligerait le ministère de la Défense à accorder des reports aux étudiants de yeshiva, et renvoie à la loi fondamentale proposée à plusieurs reprises.

Les partis ultra-orthodoxes se sont longtemps opposés à l’adoption de nouvelles lois fondamentales. Mais les propositions ont été avancées par la Haute Cour de justice en septembre dernier, afin de re-légiférer sur la question, après que la cour a disqualifié une loi antérieure au motif qu’elle violait les principes constitutionnels d’égalité.

Le ministère de la Défense, quant à lui, formulait sa propre version du projet de loi ultra-orthodoxe, avec Liberman, qui dirige le parti Yisrael Beytenu, affirmant que seule cette proposition recevrait le soutien des législateurs de son parti.

Après le report du vote, Liberman a accusé YaHadout HaTorah d’avoir essayé de faire chanter le gouvernement avec son vœu de voter contre le projet de loi au détriment de la coalition, affirmant que son propre parti « ne le permettrait pas ».

« Le projet de loi est un échappatoire », a-t-il écrit dans un post sur Facebook. « Le mouvement YaHadout HaTorah ne fait rien de moins que du chantage.

« Yisrael Beytenu ne cédera pas et ne permettra pas que cela se produise », a déclaré Liberman.

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