Démission d’un dirigeant sportif iranien après une controverse sur Israël
Rechercher

Démission d’un dirigeant sportif iranien après une controverse sur Israël

La décision survient peu après l'annonce de la mise au ban d'un lutteur iranien ayant perdu à dessein un combat afin de ne pas avoir à affronter un Israélien au tour suivant

Le lutteur iranien Alireza Karimi menait son match contre le Russe Alikhan Zhabrailov 3-2, alors qu'on entend son entraîneur depuis les lignes de touche lui ordonnant de perdre, lors des Championnats du monde en Pologne, le 25 novembre 2017. (Capture d'écran: YouTube)
Le lutteur iranien Alireza Karimi menait son match contre le Russe Alikhan Zhabrailov 3-2, alors qu'on entend son entraîneur depuis les lignes de touche lui ordonnant de perdre, lors des Championnats du monde en Pologne, le 25 novembre 2017. (Capture d'écran: YouTube)

Le président de la Fédération iranienne de lutte a démissionné mercredi après avoir reproché aux autorités de Téhéran de faire payer un lourd tribut aux sportifs iraniens en leur interdisant d’affronter des Israéliens.

Rasoul Khadem a annoncé son départ dans une lettre énigmatique publiée sur le site internet de la Fédération.

Sans en donner la raison, il a laissé entendre qu’il avait été contraint à la démission à cause de sa « mentalité étrange ».

Cette décision survient moins d’une semaine après l’annonce de la mise au ban temporaire d’un lutteur iranien, Alireza Karimi Machiani, ayant perdu à dessein un combat en novembre afin de ne pas avoir à affronter un Israélien au tour suivant lors d’une compétition internationale en Pologne.

La Fédération internationale des luttes associées (UWW) a exclu M. Karimi de toute compétition internationale pour six mois, et banni pour deux ans son entraîneur, qui lui avait ordonné de perdre, estimant que l’un et l’autre avaient « agi en violation des règles internationales en vigueur pour la lutte ».

Ancien lutteur, médaillé d’or aux JO d’Atlanta en 1996, M. Khadem avait aussitôt annoncé que la fédération iranienne allait contester cette décision.

Mais il a ensuite critiqué ouvertement le fait que les autorités de la République islamique faisaient payer aux sportifs iraniens le prix d’une politique consistant à leur interdire d’affronter des concurrents représentant Israël, pays que Téhéran refuse de reconnaître.

« La présence des représentants du régime sioniste dans différentes disciplines sportives, comme la lutte et le judo, est en forte augmentation » et cela « provoque des perturbations pour le sport iranien », a-t-il déclaré, selon l’agence Isna.

« Si on doit continuer la politique de non-rencontre avec les sportifs du régime sioniste, il ne faut pas que la responsabilité retombe sur les épaules de l’entraîneur et du sportif », a-t-il ajouté.

« Vouloir obliger un sportif à accepter la défaite ou à chercher une ordonnance dans toutes les cliniques de la ville à l’étranger toute la nuit » pour justifier son absence à une compétition « n’est pas correct », avait-il encore fait valoir, appelant « les autorités politiques du pays [à] proposer des solutions ».

Plutôt que de refuser ouvertement d’affronter des sportifs ou des équipes de l’Etat hébreu, les sportifs iraniens se plient généralement aux directives de leur pays en perdant avant que cela n’arrive, ou en fournissant des certificats médicaux témoignant d’une inaptitude à la compétition.

En savoir plus sur :
C’est vous qui le dites...