Démission d’un ministre Kakhol lavan suite aux restrictions des manifestations
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Démission d’un ministre Kakhol lavan suite aux restrictions des manifestations

"Je ne peux plus rester dans un gouvernement alors que je n'ai pas un iota de confiance dans celui qui le dirige", a expliqué Asaf Zamir

Le député Kakhol lavan, Asaf Zamir, à la Knesset à Jérusalem le 14 mai 2019. (Hadas Parush/Flash90)
Le député Kakhol lavan, Asaf Zamir, à la Knesset à Jérusalem le 14 mai 2019. (Hadas Parush/Flash90)

Le ministre du Tourisme Asaf Zamir, issu du parti Kakhol lavan, a annoncé démissionner du gouvernement, citant l’adoption d’une législation controversée, cette semaine, qui restreint les mouvements de protestation pendant le confinement dû à la crise du coronavirus.

Zamir a expliqué avoir rencontré le ministre de la Défense Benny Gantz, leader de Kakhol lavan, dans la journée de vendredi pour lui faire part de sa décision.

« Je ne peux plus rester au sein d’un gouvernement alors que je n’ai pas un iota de confiance dans celui qui le dirige », a écrit Zamir dans un long post publié sur Facebook.

Gantz n’a pas exprimé publiquement de grief à l’égard de Zamir, affirmant qu’il « avait reçu avec compréhension et peine l’avis de démission ».

« Ces dernières semaines, nous avons eu de longues et honnêtes conversations qui ont exprimé les sentiments communs de nombreux membres du gouvernement, à la Knesset et dans chaque foyer en Israël. Nous voulions l’unité, mais ce n’est pas le gouvernement que nous souhaitions », a ajouté Gantz.

Les nouvelles mesures d’urgence visant à limiter les manifestations – elles sont entrées en vigueur jeudi – viennent brimer les rassemblements massifs organisés contre le Premier ministre Benjamin Netanyahu en raison de ses mises en examen pour corruption et de sa gestion de la pandémie.

Zamir a noté que la décision prise par Kakhol lavan d’intégrer un gouvernement aux côtés de Netanyahu – le parti avait fait campagne sur le remplacement de ce dernier – après un troisième scrutin consécutif, au mois de mars, n’avait débouché sur rien. Il a estimé que malgré la colère qui s’était exprimée du côté des électeurs de Kakhol lavan, il avait initialement soutenu l’idée d’influencer le gouvernement de l’intérieur.

« Je n’ai plus le sentiment que cela en vaille la peine », a-t-il continué.

Zamir, ancien adjoint au maire de Tel Aviv, a accusé Netanyahu d’accorder la priorité à ses déboires judiciaires sur la lutte à mener contre le coronavirus.

« Après quatre mois et demi passés en tant que membre de ce gouvernement, je ne peux que dire avec tristesse que la crise du coronavirus et ses conséquences terribles arrivent, au mieux, à la seconde place dans la liste des priorités du Premier ministre », a commenté Zamir.

Il a déploré que, depuis des semaines, le gouvernement ne s’était intéressé presque exclusivement qu’aux manifestations anti-Netanyahu qui sont organisées depuis des mois, regrettant qu’un budget pour l’année 2020 n’ait pas encore été approuvé et qu’aucun effort ne soit livré pour préparer celui de l’année prochaine.

« Même aux heures les plus difficiles pour Israël, l’intérêt politique de Netanyahu reste le facteur qui dirige le pays », a dit Zamir. « Il n’y a pas de délibérations significatives sur les dossiers réellement brûlants pendant les rencontres du cabinet. »

En réponse, le parti du Likud de Netanyahu a accusé Zamir de « jeu politique », fustigeant Kakhol lavan.

« Kakhol lavan doit décider si le parti travaille en faveur de l’unité au sein du gouvernement qui lutte contre le coronavirus ou s’il va continuer à entraîner le chaos au sein du gouvernement », a déclaré un communiqué du Likud.

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