Des anciens élèves et enseignants du lycée-yeshiva de Kushner lui demandent de s’opposer au décret anti-réfugiés
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Des anciens élèves et enseignants du lycée-yeshiva de Kushner lui demandent de s’opposer au décret anti-réfugiés

Dans une lettre ouverte signée par 180 anciens élèves, élèves et éducateurs de l'école du New Jersy, ils évoquent la cause des réfugiés juifs

Jared Kushner, conseiller du président américain Donald Trump, pendant une réunion avec des dirigeants d'entreprises à la Maison Blanche, le 23 janvier 2017. (Crédit : Nicholas Kamm/AFP)
Jared Kushner, conseiller du président américain Donald Trump, pendant une réunion avec des dirigeants d'entreprises à la Maison Blanche, le 23 janvier 2017. (Crédit : Nicholas Kamm/AFP)

Près de 180 anciens élèves et membres du personnel d’un lycée yeshiva du New Jersey ont demandé Jared Kushner, ancien élève également, d’user de son influence auprès du président Donald Trump, son beau-père, pour assouplir l’entrée des réfugiés aux États-Unis.

Dans une lettre ouverte aux « membres de la Frisch School Community », les signataires se sont montrés « alarmés » par le décret de Trump qui empêche les réfugiés et les ressortissants de 7 pays à majorité musulmane d’entrer sur le territoire américain. Kushner, qui officie comme conseiller du président, a obtenu, en 1999 son diplôme de la Frisch School, une école mixte orthodoxe à Paramus.

La lettre a souligné « l’opportunité rare » d’avoir un ancien élève de Frisch jouer « un rôle critique dans le futur de notre pays ».

« En tant que camarades, étudiants, parents et éducateurs de la Frisch School, et membres de la communauté juive américaine, nous sommes alarmés par le décret signé par le président qui interdit aux réfugiés et aux ressortissants de 7 pays à majorité musulmane d’entrer sur le territoire américain. Votre famille et les nôtres ne savent que trop bien ce qui peut se passer quand l’Amérique ferme ses portes à ceux qui sont dans le besoin », peut-on lire dans lettre qui a été rendue publique durant le week-end.

Au début du mois, la lettre circulait sur la page Facebook de la Frisch School, accompagné d’une note indiquant que la lettre ouverte « n’est en aucun cas représentative de l’administration de l’école, du corps enseignant ni du conseil d’administration ».

« Un discours politique sain et le débat sont un élément-clé de notre société démocratique », poursuit la note, en ajoutant que l’école « restera un espace politique neutre ».

Depuis que la lettre circule, les parquets fédéraux, en réaction aux remises en cause, ont imposé un sursis temporaire à l’ordonnance exécutoire pour des raisons constitutionnelles.

Une version révisée du décret pourrait être émise cette semaine, selon Associated Press. Selon AP, la nouvelle version se focalisera toujours sur ces sept mêmes pays mais n’interdira l’entrée qu’à ceux qui ne détiennent pas de visa et qui ne sont jamais venus aux États-Unis.

Trump a déclaré que ce décret anti-réfugiés, supposé être temporaire, était nécessaire pour mettre en place des procédures de « contrôle extrême » pour empêcher les terroristes d’entrer dans le pays.

En s’opposant au décret anti-réfugiés, les anciens élèves et enseignants de Firsch font référence à l’expérience de leurs famille et à celle de la famille Kushner, en tant qu’immigrants et réfugiés. Les grands-parents de Kushner étaient des survivants de la Shoah qui sont arrivés aux États-Unis après avoir passé trois ans dans un camp pour personnes déplacées en Italie.

« Comme vous, nous sommes des enfants, petits-enfants et arrière-petits-enfants de ceux qui ont fui vers ce pays quand leurs patries leur auraient assurer une mort certaine, et, comme pour vos grands-parents, certains de leurs proches n’ont pas pu atteindre nos côtes et ont péri durant la Shoah. Le souvenir du St Louis résonne encore dans nos esprits quand nous voyons des réfugiés, qui ont fui les pays les plus ravagés par la guerre, se voir refuser l’entrée dans notre pays », poursuit la lettre.

La lettre évoque également l’injonction de la Torah faite aux Juifs, « d’aimer et d’accueillir les étrangers, car nous étions aussi étrangers en Égypte ».

« Nous vous prions, en tant que juif et en tant qu’ancien d’une institution qui vous a inculqué des valeurs juives, de faire usage de votre influence et de l’accès aux annales du pouvoir pour vous assurer que d’autres ne subissent pas ce que des millions de nos coreligionnaires ont subi. Nous vous demandons de vous assurer qu’ils aient la chance qu’ont eu nos grand-parents de réussir et de prospérer en Amérique », conclut la lettre.

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