Des chercheurs israéliens cherchent dans les yeux les premiers signes d’Alzheimer
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Des chercheurs israéliens cherchent dans les yeux les premiers signes d’Alzheimer

L’équipe de l’hôpital Sheba est persuadée que les yeux sont les fenêtres sur notre cerveau et que cela peut aider à détecter cette maladie dévastatrice

L'œil est comme une fenêtre de notre cerveau. L'équipe médicale de Sheba cherche les signes de la maladie d'Alzheimer dans nos yeux (Crédit : Autorisation Ifat Sher)
L'œil est comme une fenêtre de notre cerveau. L'équipe médicale de Sheba cherche les signes de la maladie d'Alzheimer dans nos yeux (Crédit : Autorisation Ifat Sher)

On dit souvent que les yeux sont les miroirs de l’âme. Mais maintenant, les chercheurs d’un hôpital en Israël affirment que les yeux pourraient être une fenêtre vers le cerveau. Ils utilisent des techniques avancées d’imagerie et un nouveau dispositif médical pour suivre les changements de la taille des pupilles, qui espèrent-ils, pourraient conduire à la détection précoce de la maladie d’Alzheimer.

L’expert israélien en ophtalmologie, le docteur Yigal Rotenstreich, chercheur dans le domaine rétinien, affirme que son équipe de l’hôpital Sheba de Ramat Gan a peut-être trouvé un moyen de déterminer si les personnes développeront la maladie d’Alzheimer en examinant leurs rétines pour trouver les signes de la maladie tant redoutée.

L’examen de la rétine, qui donne un accès direct au cerveau, peut être facilement mis en place grâce à un système d’imagerie non invasive et pourrait potentiellement permettre un dépistage précoce de la maladie à un stade où les symptômes cliniques ne sont pas encore apparents, pensent les chercheurs.

La maladie d’Alzheimer est un type de démence qui provoque des problèmes de mémoire, de pensée et de comportement. Les symptômes se développent généralement graduellement et sur un certain nombre d’années. Selon un rapport de l’Association de la maladie d’Alzheimer publié en 2017, plus de 5 millions d’Américains vivent avec la maladie d’Alzheimer et ce nombre pourrait atteindre les 16 millions d’ici 2050, les coûts médicaux des États-Unis pourraient monter à 1,1 billion de dollars, contre 259 milliards de dollars dépensés cette année pour lutter contre la maladie d’Alzheimer.

L’équipe de Sheba comprend le professeur Michal Beeri et le docteur Ramit Ravona-Springer du Joseph Sagol Neuroscience Center. Ils utilisent des techniques avancées d’imagerie non invasive pour déterminer la relation entre les anomalies de la rétine, telles que le volume et la taille de ses vaisseaux sanguins et les traces de dépôts bêta-amyloïdes, et les changements dans la fonction cognitive et la structure du cerveau qui sont fréquentes chez les personnes qui sont connues comme présentant un risque de développer la maladie d’Alzheimer. Les plaques bêta-amyloïdes sont généralement trouvées dans le cerveau des patients atteints d’Alzheimer.

Le docteur Yigal Rotenstreich de l'hôpital Sheba d'Israël (Crédit : Autorisation)
Le docteur Yigal Rotenstreich de l’hôpital Sheba d’Israël (Crédit : Autorisation)

Une combinaison de technologies – telles que l’imagerie par résonance magnétique (IRM) et la tomographie par cohérence optique (OCT) – prend des images 3D de l’œil pour mesurer les paramètres des vaisseaux sanguins, et un appareil photo spécial développé par l’équipe mesure les quantités de constriction pupillaire en réaction à diverses stimulations visuelles.

« Nous avons développé un dispositif multi-focal unique qui mesure la quantité de construction de la pupille lorsqu’elle est exposée à la lumière rouge ou bleue. Cela nous permet de tester la fonctionnalité adéquate ou insuffisante des voies visuelles dans différents endroits de la rétine », a déclaré Rotenstreich dans un entretien avec le Times of Israël.

Dans les études préliminaires utilisant le nouveau dispositif, l’équipe de Rotenstreich a découvert qu’il y avait des « réponses aberrantes de la pupille » à la lumière rouge et bleue, ce qui suggère une perte de fonction des cellules neuronales de la rétine chez les patients âgés qui avaient une « déficience cognitive très douce », a déclaré Rotenstreich.

L’hôpital prévoit maintenant d’utiliser son registre de quelque 430 sujets, qui sont les descendants des patients atteints d’Alzheimer de l’hôpital, pour mener un essai clinique pour voir s’ils peuvent identifier ces mêmes réponses aberrantes de la pupille et la perte de fonctionnalité rétinienne parmi ceux qui ont un risque élevé de développer la maladie.

« Pour la première fois, nous menons une recherche sur une analyse complète des changements de la fonction et de la structure dans les vaisseaux sanguins de la rétine et étudions leur relation avec les bio-marqueurs structuraux, fonctionnels et vasculaires du cerveau chez la progéniture des patients atteints de la maladie d’Alzheimer, présentant un risque élevé de développer la maladie aussi », a déclaré Rotenstreich.

Les traitements potentiels pour la maladie d’Alzheimer ont constamment échoué lors des essais cliniques « parce que certaines parties du cerveau étaient déjà submergées par une pathologie qui commence des décennies avant que les symptômes cliniques réels ne deviennent explicites chez les personnes atteintes de la maladie », a déclaré Rotenstreich.

« Le nouveau programme de tests que nous avons développé n’est pas invasif. Il est fiable, objectif et peut se faire à plusieurs reprises avec une grande fiabilité. Si nous sommes en mesure d’utiliser ces tests pour trouver la maladie d’Alzheimer plus tôt, alors nous serons en mesure d’utiliser les traitements plus tôt, avec une efficacité optimale », s’est-il réjoui.

L’étude, qui a déjà inclus 50 patients, examinera un certain nombre de paramètres dans différents endroits de l’œil pour identifier les aberrations qui pourraient être associées à la maladie, a déclaré Rotenstreich.

S’ils sont concluants, les résultats « pourraient conduire à l’identification de bio-marqueurs uniques, traitables, non-invasifs et peu coûteux pour la maladie d’Alzheimer au stade pré-clinique », a déclaré Rotenstreich. « Cela pourrait être le fondement de l’évaluation clinique continue et de la surveillance des traitements contre la maladie d’Alzheimer. Et ce serait une percée formidable ».

Rotenstreich a créé le laboratoire de Recherche sur la rétine à l’Institut des yeux Goldschleger de l’hôpital Sheba, où lui et son personnel mènent des études cliniques visant à développer de nouveaux traitements et des outils de diagnostic pour répondre aux besoins non résolus des maladies rétiniennes et maculaires.

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