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Des élus américains demandent que leurs concitoyens nés à Jérusalem soient considérés comme nés en Israël

Dans une lettre, 52 représentants déplorent la politique du département d’Etat, qui n’indique pas de nom de pays pour les citoyens américains nés dans la capitale d’Israël

Le consulat américain de Jérusalem. Illustration. (Crédit : Magister/CC BY-SA/WikiMedia)
Le consulat américain de Jérusalem. Illustration. (Crédit : Magister/CC BY-SA/WikiMedia)

Des dizaines de représentants américains ont écrit la semaine dernière une lettre au secrétaire d’Etat, Rex Tillerson, pour lui demander de changer la politique américaine qui refuse de reconnaitre les Américains nés à Jérusalem comme des individus nés en Israël.

Le département d’Etat résiste depuis longtemps à reconnaitre Jérusalem comme partie intégrante d’Israël sur les certificats de naissance des Américains et d’autres documents, expliquant qu’agir ainsi pourrait nuire à la capacité diplomatique des Etats-Unis à négocier un accord de paix entre Israël et les Palestiniens.

Dans la lettre datée du 3 mai, les élus ont souligné qu’une telle reconnaissance n’entraînerait « aucun impact géopolitique perceptible », mais serait « important pour plusieurs de nos concitoyens. Elle honorerait la dignité personnelle de l’individu et l’identification personnelle chérie avec ‘Israël’ comme lieu de naissance. »

Les représentants ont cité d’autres exemples, affirmant qu’ « il n’est pas inhabituel que le département d’Etat honore les préférences personnelles des citoyens américains nés à l’étranger quand il s’agit de la désignation de leur lieu de naissance sur leurs passeports. »

La lettre, publiée par le journal conservateur de Washington The Free Beacon, souligne que le département d’Etat permet aux individus nés en « Israël souverain après 1948 » à laisser de côté le pays s’ils « ne veulent pas être associés à Israël », ou à enregistrer « Palestine » pour ceux qui sont nés dans les frontières israéliennes avant 1948 et qui demandent cette désignation.

Il est également souligné que le département d’Etat reconnait les naissances des Américains nés à Taiwan en désignant leur lieu de naissance comme « Taiwan » et non comme « Chine », alors même que les Etats-Unis acceptent officiellement la revendication chinoise sur Taiwan.

Ron DeSantis, représentant républicain de la Floride, en conférence de presse à Jérusalem, le 5 mars 2017. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)
Ron DeSantis, représentant républicain de la Floride, en conférence de presse à Jérusalem, le 5 mars 2017. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Une loi adoptée en 2003 par le Congrès américain exige que les naissances des Américains nés à Jérusalem soient enregistrées comme ayant eu lieu en Israël dans les documents officiels du département d’Etat.

Après que les administrations de George W. Bush et de Barack Obama ont refusé cette loi, elle a été annulée en 2015 par la Cour suprême, qui a jugé que seul le président avait le pouvoir constitutionnel de reconnaître des états et des entités étrangers souverains.

La lettre a été écrite par deux représentants républicains, Ron DeSantis de Floride et Bill Johnson de l’Ohio, qui co-président un nouveau caucus conservateur pro-Israël, le Congressional Israel Victory Caucus, selon un communiqué de presse publié samedi.

Le Middle East Forum, un think tank conservateur qui se penche sur la région, a salué cette initiative, selon le communiqué de presse.

« La décision précédente d’ignorer la loi adoptée par le Congrès était illogique et illégitime », a déclaré Gregg Roman, le directeur du Forum, qui a ajouté que cette décision serait « une petite mesure relativement facile » de l’administration Trump « pour démontrer sa volonté politique envers Israël avec peu de répercussions diplomatiques. »

« En ne suivant pas le précédent de Taiwan et d’autres exemples similaires, les administrations précédentes ont pointé du doigt les citoyens israéliens ; c’est une grande chance de rectifier cette anomalie discriminatoire. »

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