Des élus démocrates appellent Netanyahu à bloquer l’expulsion du directeur d’HRW
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Des élus démocrates appellent Netanyahu à bloquer l’expulsion du directeur d’HRW

Ces 17 membres du Congrès estiment, dans une lettre, que le renvoi d'Omar Shakir donne l'impression qu'Israël est "hostile" aux défenseurs des droits humains

Omar Shakir, directeur de Human Rights Watch pour Israël et la Palestine, travaille à son bureau dans la ville de Ramallah, en Cisjordanie, le 9 mai 2018. (AFP Photo/Abbas Momani)
Omar Shakir, directeur de Human Rights Watch pour Israël et la Palestine, travaille à son bureau dans la ville de Ramallah, en Cisjordanie, le 9 mai 2018. (AFP Photo/Abbas Momani)

Dix-sept démocrates du Congrès ont adressé un courrier au Premier ministre Benjamin Netanyahu, l’implorant de bloquer l’expulsion imminente du directeur de Human Rights Watch en Israël, déclarant qu’elle comptait sur l’organisation pour observer les violations des droits humains, et que cette expulsion serait mauvaise pour l’image d’Israël.

« Pour mettre en œuvre notre propre travail sur les droits humains et exercer les responsabilités de la chambre des Représentants, nous comptons sur les rapports de Human Rights Watch, qui rapporte des témoignages équilibrés sur les violations des droits humains, où qu’elles se produisent, notamment ici aux Etats-Unis », ont-ils écrit le 30 avril.

L’expulsion d’Omar Shakir, un citoyen américain, « renforcerait l’impression qu’Israël est de plus en plus hostile aux défenseurs des droits humains et au travail des institutions de recherche et groupes de défense des droits humains internationaux réputés », a mis en garde la lettre.

Parmi les signataires figuraient notamment les représentants James McGovern, Jackie Speier, Jan Schakowsky, Ilhan Omar, Steve Cohen et Rashida Tlaib.

Jeudi dernier, la Haute Cour de justice a reporté l’expulsion de Shakir après une requête contestant l’ordre d’expulsion initial.

Le mois dernier, le tribunal de Jérusalem avait rejeté une demande contestant l’expulsion du directeur de HRW et lui laissait jusqu’au 1er mai pour quitter le pays.

La plus haute juridiction israélienne a publié une injonction lui permettant de rester en Israël pour sept jours supplémentaires, a indiqué son avocat Michael Sfard.

Ce délai doit permettre au ministère de l’Intérieur de répondre à l’appel de M. Shakir. Après le 7 mai, la Cour Suprême « pourrait théoriquement publier une nouvelle décision » pour allonger ce délai, avait ajouté l’avocat.

Le 9 mai 2018, le ministère de l’Intérieur avait annoncé mettre fin au permis de séjour d’Omar Shakir sur la foi d’informations selon lesquelles il était « depuis des années un militant du BDS (Boycott, Désinvestissement, Sanctions) soutenant le boycott d’Israël de manière active ».

HRW a démenti ces affirmations et déclaré que la décision de justice d’avril était « une nouvelle interprétation de la loi, car elle met en parallèle le boycott des commerces qui opèrent en Cisjordanie et celui d’Israël ».

Le Parlement a adopté en 2017 une loi interdisant l’entrée sur le territoire à tout non-Israélien ou non-résident permanent qui aurait appelé au boycott contre l’Etat hébreu. Il a aussi adopté un texte contraignant les ONG recevant la majorité de leurs fonds d’institutions gouvernementales étrangères à déclarer leur situation.

Cette loi avait été adoptée en réaction au mouvement BDS.

Les représentantes démocrates Rashida Tlaib (Michigan) et Ilhan Omar (Minnesota) soutiennent toutes deux la campagne de boycott d’Israël.

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