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Des journalistes palestiniens témoignent de « violences systémiques » dans les prisons israéliennes, selon le CPJ

Ils ont évoqué des menaces psychologiques, de maintien prolongé dans des positions douloureuses, d'exposition continue à des sons forts, de coups et de violences sexuelles

Photo d'Illustration : Des prisonniers palestiniens se tiennent dans une cellule, en attendant leur libération de la prison de Ketziot, dans le sud d'Israël, le 1er octobre 2007. (AP Photo/Ariel Schalit/File)
Photo d'Illustration : Des prisonniers palestiniens se tiennent dans une cellule, en attendant leur libération de la prison de Ketziot, dans le sud d'Israël, le 1er octobre 2007. (AP Photo/Ariel Schalit/File)

Les journalistes palestiniens détenus dans des prisons israéliennes entre octobre 2023 et janvier 2026 témoignent de « violences systémiques », selon un rapport du Comité pour la protection des journalistes (CPJ) rendu public jeudi.

Sur 59 interviewés, « tous sauf un ont déclaré avoir été victimes de ce qu’ils ont qualifié de torture, de mauvais traitements ou d’autres formes de violence », écrit l’ONG dans un communiqué.

Sa directrice, Jodie Ginsberg, insiste sur « l’ampleur et la cohérence de ces témoignages » et appelle la communauté internationale à « agir ».

Ces journalistes parlent de menaces psychologiques, de maintien prolongé dans des positions douloureuses, d’exposition continue à des sons forts (musique, aboiements, bruits de bombes…), de coups et de violences sexuelles.

Ils décrivent aussi des conditions de vie insalubres, la privation de nourriture (ayant causé une perte de poids moyenne de 23,5 kg) et des négligences médicales.

L’un d’eux, Yousef Sharaf, raconte avoir vu des abcès se former sur ses blessures infectées, causées par des coups. D’après lui, un autre détenu, chirurgien, pratiquait des opérations improvisées faute de soins appropriés.

Photo d’illustration : L’administration pénitentiaire israélienne habille les prisonniers palestiniens prêts à être libérés avec des chemises portant son logo, une étoile de David et la phrase en arabe : « Nous n’oublierons pas et nous ne pardonnerons pas », le 15 février 2025. (Crédit : Service pénitentiaire israélien)

Un autre, Sami al-Sai déclare avoir été violé avec des objets.

Un troisième, Mohammed al-Atrash, affirme qu’avant sa libération, on l’a enjoint de cesser toute activité journalistique : « Ils m’ont dit que si j’écrivais ne serait-ce qu’un simple ‘bonjour’  » sur les réseaux sociaux, ils le sauraient ».

La plupart d’entre eux ont été placés en détention administrative, un régime équivalent à une garde à vue quasi illimitée. Ils n’ont pas été poursuivis. Une grande partie a aussi été empêchée d’échanger avec leurs avocats, selon le CPJ.

Sollicitée par l’ONG, l’armée israélienne n’a pas répondu sur ces cas précis. Un porte-parole a déclaré que les personnes détenues étaient « traitées conformément au droit international », ajoutant que les forces armées « n’ont jamais ciblé et ne cibleront jamais délibérément des journalistes » et que toute violation « fera l’objet d’une enquête ».

Le service pénitentiaire israélien, également interrogé par l’organisation, a indiqué qu’à sa connaissance « aucun événement de ce type ne s’était produit ». L’instance a assuré que « tous les prisonniers étaient détenus conformément à la loi » et avaient la possibilité de déposer plainte.

Depuis 2023, année marquée par l’attaque sans précédent du Hamas en Israël qui a riposté en déclenchant une guerre destructrice dans la bande de Gaza, Israël fait partie des Etats emprisonnant le plus de journalistes, selon le CPJ qui effectue un recensement annuel.

L’ONG a compté au moins 94 journalistes et un professionnel des médias palestiniens détenus entre octobre 2023 et janvier 2026. Au 19 février, 30 étaient prisonniers.

D’après le comité, les pays les plus souvent mis en cause depuis 1992 pour des tortures et des violences contre des journalistes emprisonnés sont l’Iran, Israël et l’Egypte.

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