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Des millions de dollars pour la communauté arabe approuvés par le Trésor israélien

Les fonds, budgétisés dans le cadre du plan quinquennal du gouvernement, avaient été retardés dans différents ministères ; Smotrich qualifie l'allocation "d'irresponsable"

Le leader du Raam, Mansour Abbas (à droite), s'entretient avec le ministre des Affaires étrangères, Yair Lapid (au centre), et le député du Raam, Walid Taha, lors d'une séance plénière à la Knesset, à Jérusalem, le 23 mai 2022. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)
Le leader du Raam, Mansour Abbas (à droite), s'entretient avec le ministre des Affaires étrangères, Yair Lapid (au centre), et le député du Raam, Walid Taha, lors d'une séance plénière à la Knesset, à Jérusalem, le 23 mai 2022. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

La commission des Finances de la Knesset a autorisé mardi le transfert de 740 millions de shekels de fonds pré-approuvés pour la communauté arabe.

Cette autorisation fait suite à un accord conclu il y a deux semaines entre la coalition et la faction islamiste Raam pour faire avancer le processus, Raam étant revenu au sein de la coalition après avoir gelé sa coopération avec le gouvernement pendant trois semaines.

Les fonds, promis à Raam avant son boycott temporaire de la coalition le mois dernier, avaient été retardés par des contraintes bureaucratiques et d’autres priorités au sein des ministères, notamment les réticences de l’aile droite de la coalition, qui craignait que l’argent ne tombe entre les mains d’éléments criminels, selon les informations de la Douzième chaîne.

La ministre de l’Intérieur, Ayelet Shaked, a toutefois souligné que les fonds étaient distribués dans le cadre du plan quinquennal préexistant du gouvernement pour la communauté.

Le bureau du ministre des Affaires étrangères Yair Lapid a ordonné la suppression des contraintes bureaucratiques pour l’octroi des fonds avec le retour de Raam au sein de la coalition. Le Raam avait gelé sa participation à la coalition en avril, suite aux pressions exercées sur lui en raison des tensions et des violences continues pendant le Ramadan entre la police et les Palestiniens sur le Mont du Temple, point névralgique de Jérusalem.

Le Raam a annoncé mardi l’approbation des fonds, qui comprennent 400 millions de shekels du ministère du Logement à transférer pour améliorer l’infrastructure, la planification et la construction dans la communauté arabe ; 200 millions de shekels du ministère de l’Intérieur aux autorités régionales arabes ; 90 millions de shekels du ministère des Affaires sociales pour les programmes de lutte contre la pauvreté et la violence dans les communautés arabes ; et 50 millions de shekels du ministère des Sciences et du ministère de l’Égalité pour le développement de la recherche et des programmes scientifiques et le soutien à la jeunesse.

Le parti a en outre annoncé que la commission a approuvé lundi un montant supplémentaire de 75 millions de shekels pour accélérer la planification et la construction dans les communautés arabes.

Le chef du parti sionisme religieux Bezalel Smotrich prend la parole lors d’un rassemblement contre le gouvernement à Tel Aviv, le 2 novembre 2021. (Avshalom Sassoni/Flash90)

Le député de l’opposition Bezalel Smotrich, du parti Sionisme religieux d’extrême droite, a critiqué le gouvernement pour avoir approuvé le transfert de fonds, déclarant qu’il se soustrayait aux recommandations de la commission de la Sécurité intérieure de la Knesset pour éviter que les fonds ne finissent dans les mains de « groupes criminels et terroristes ».

L’opposition attaque systématiquement la coalition pour son inclusion de Raam, affirmant que la participation du parti arabe au gouvernement compromettait la sécurité d’Israël.

Smotrich a accusé le gouvernement de « budgétiser le crime et le terrorisme avec beaucoup, beaucoup d’argent ».

« Les conséquences seront graves pour les citoyens israéliens et arabes d’Israël, c’est un crime et c’est irresponsable. Arrêtez cela », a déclaré M. Smotrich.

Un représentant du ministère des Finances a répondu à Smotrich, précisant que les recommandations de la commission de la Sécurité étaient pertinentes pour les budgets de développement qui passent par des appels d’offres gouvernementaux, mais que les fonds transférés étaient destinés à être utilisés par les autorités régionales, où les appels d’offres sont moins pertinents.

Shaked a déclaré qu’en 2015, sous le gouvernement de l’ancien Premier ministre Benjamin Netanyahu, des fonds avaient également été distribués directement aux autorités responsables des programmes dans les communautés arabes sans que des mécanismes spéciaux ne soient mis en place.

Shaked a déclaré que, contrairement au versement des fonds par le gouvernement Netanyahu, la coalition actuelle a nommé une équipe spéciale pour surveiller l’initiative dirigée par le ministère de l’Intérieur qui inclut la police et d’autres organes gouvernementaux.

Les autorités ont mis en place des mécanismes pour surveiller le versement des fonds et la police est chargée d’approuver les entrepreneurs qui ont droit au financement, a-t-elle dit.

La députée de Raam Iman Khatib-Yassin s’est plainte que des discussions comme celle entourant le financement « associent toujours automatiquement le crime et le terrorisme à l’économie du secteur arabe », et a demandé un débat plus professionnel sur la question à l’avenir.

« Les autorités arabes sont l’adresse légitime pour gérer les affaires de la communauté arabe. Nous demandons, en revanche, que les autorités concernées s’occupent des éléments criminels, mais pas au détriment de l’indépendance, de la gestion et de l’économie du secteur arabe. »

Auparavant, la radio Kan avait rapporté que 25 millions de shekels seraient alloués au financement des hôpitaux de Nazareth afin d’apaiser la députée renégate de Meretz, Ghaida Rinawie Zoabi, qui avait brièvement démissionné du gouvernement jeudi dernier avant de réintégrer le giron quelques jours plus tard.

La coalition vacille depuis que Idit Silman, du parti Yamina du Premier ministre Naftali Bennett, a quitté le navire au début du mois, réduisant le gouvernement à une parité 60-60 avec l’opposition à la Knesset.

La coalition est une composition hétéroclite de partis de droite, centristes et de gauche, et comprend le parti islamiste Raam. Elle a eu du mal à trouver un équilibre entre les différents groupes depuis son arrivée au pouvoir l’année dernière. Ces derniers mois ont été particulièrement difficiles.

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