Des officiels préoccupés par le faible taux de vaccination des Arabes israéliens
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Des officiels préoccupés par le faible taux de vaccination des Arabes israéliens

Des responsables de la santé qualifient la réticence de certains Arabes israéliens "d’inquiétante", mais affirment que d’autres facteurs jouent

Un enseignant israélien reçoit un vaccin contre la COVID-19 au centre médical Shamir de Be'er Ya'akov, le 30 décembre 2020. (Crédit : Avi Dishi / Flash90)
Un enseignant israélien reçoit un vaccin contre la COVID-19 au centre médical Shamir de Be'er Ya'akov, le 30 décembre 2020. (Crédit : Avi Dishi / Flash90)

Le faible taux de vaccination contre le coronavirus chez les Arabes israéliens fait craindre que cette minorité, plutôt conservatrice d’Israël, ne soit indifférente aux appels à se faire vacciner contre le nouveau coronavirus – mais les experts ont affirmé que la situation était moins évidente que cela.

Alors que quelques centres de vaccination ont été érigés dans les villes arabes, de nombreux établissements ont signalé que la plupart de ceux qui se présentaient étaient des Juifs israéliens. À Umm al-Fahm, Shfaram et Nazareth – trois grandes villes arabes israéliennes – plus de 75 % des personnes vaccinées ces derniers jours étaient Juives.

Bishara Basharat, expert en santé publique qui dirige une organisation nationale à but non lucratif qui promeut les soins médicaux dans la communauté arabe, a convenu que certains étaient réticents à se faire vacciner, un phénomène qu’il a qualifié de « préoccupant ».

« Pour être honnête, je ne m’y attendais pas. Il y a beaucoup de propagande contre le vaccin, beaucoup de rumeurs sur les réseaux sociaux », a déclaré Basharat, qui dirigeait auparavant le district nord pour l’organisation de soins Clalit.

Afin de lutter contre la méfiance à l’égard du vaccin, Basharat soutient une intense campagne de sensibilisation auprès des médecins généralistes arabes.

« Les citoyens arabes font confiance à leurs médecins de famille, ceux de leur ville natale, qu’ils consultent régulièrement. Une fois qu’ils auront été vaccinés, les gens commenceront à être convaincus », a déclaré Basharat.

Une professionnelle de la santé administre un vaccin contre le coronavirus à Jérusalem, le 30 décembre 2020. (Crédit : AP / Maya Alleruzzo)

Tout en étant préoccupés par la propagation de fausses informations et du scepticisme vis-à-vis du vaccin chez les Arabes israéliens, les responsables de la santé et les experts en santé publique ont également souligné que d’autres facteurs jouaient un rôle clé dans le ralentissement du déploiement de la campagne de vaccination dans la communauté.

Le Dr. Zahi Saeed, haut fonctionnaire de Clalit, qui conseille le prestataire de santé au sujet de la population arabe, a souligné que la moyenne d’âge relativement jeune de la communauté arabe était également un facteur clé qui limitait son taux de vaccination. Étant donné que les vaccins sont encore officiellement disponibles uniquement pour certaines catégories de la population, dont les plus de 60 ans ou ceux qui présentent des facteurs de risque, un taux de participation plus faible était à prévoir, a noté Saeed.

« Nous sommes une société jeune. Nous avons un pourcentage beaucoup plus faible d’individus de plus de 60 ans, même si nous représentons une plus grande proportion parmi ceux qui ont des conditions de
comorbidité », a déclaré Saeed.

Dr. Zahi Saeed, responsable de Clalit. (Autorisation)

Les chiffres officiels sur la vaccination par communauté sont difficiles à déterminer. La Douzième chaîne a rapporté jeudi que seulement 15 % des Arabes israéliens âgés de 50 ans et plus avaient reçu la première dose du vaccin Pfizer, contre 25,5 % parmi les Juifs non haredi et 27,8 % parmi les ultra-orthodoxes.

S’il est clair que les centres de test dans les villes à majorité arabe sont moins sollicités que les responsables de santé ne l’avaient espéré, un porte-parole de Clalit a noté que les Arabes se faisaient également vacciner dans les villes à majorité juive.

La grande majorité des Arabes israéliens sont enregistrés auprès de Clalit, la plus grande des quatre organisations israéliennes de maintien de la santé. Alors qu’un peu plus de la moitié des Israéliens dans leur ensemble sont membres d’organisations de maintien de la santé, environ 70 % des Arabes israéliens sont membres de Clalit.

Sur les 300 000 injections administrées par Clalit, seulement 5 % environ – environ 15 000 – avaient été effectuées dans les zones arabes en date de mercredi soir, a déclaré Saeed au Times of Israël. Le chiffre n’inclut pas les « villes mixtes » telles que Lod, Ramle, Haïfa et Jérusalem, où vivent environ 10 % des citoyens arabes d’Israël.

Mais seulement 10 des 145 cliniques Clalit – environ 6,8 % de tous les centres des organisations de maintien de la santé – sont situées dans des villes arabes. Ces villes abritent environ 14,4 % de la population du pays, ce qui rend plus probable que les résidents arabes finissent par aller dans une ville à majorité juive pour se faire vacciner.

La ville de Sakhnin, le 26 janvier 2015. (AP Photo / Dan Balilty)

Dans la ville arabe de Sakhnin, dans le centre du pays, les responsables de la santé ont constaté une augmentation de la vaccination auprès des Arabes au cours de la semaine dernière. Au fur et à mesure que de plus en plus de résidents se font vacciner, de plus en plus ont surmonté leur peur de l’aiguille.

« C’est vrai, dans les premiers jours, nous avons vu un taux de participation très faible, avec peut-être 20 % d’Arabes et 80 % de Juifs. Maintenant, nous voyons quelque chose plus proche de 60-40, voire 70 % d’Arabes », a déclaré le Dr. Nabil Abu Salah, qui dirige une clinique Clalit à Sakhnin.

« De très nombreux jeunes ont appelé pour demander à se faire vacciner », a attesté le Dr. Abu Salah.

Abu Salah a noté que, deux jours plus tôt, une opération de vaccination pour tous les âges à Sakhnin avait connu une grande participation de la part des habitants, y compris des jeunes.

« Les gens sont devenus fous, c’était tellement plein. Nous avons vacciné
1 200 personnes et avons dû fermer lorsque nous étions à court », a-t-il ajouté avec un sourire.

Jeudi soir, le Premier ministre Benjamin Netanyahu a effectué une visite surprise dans un centre de vaccination de la ville arabe israélienne de Tira pour encourager davantage d’Arabes israéliens à se faire vacciner.

« Ta’alu, ta’amu – allez vous faire vacciner », a répété Netanyahu dans un arabe au fort accent lors de la visite.

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