Des rabbins de l’académie, fondée par Peretz, enseignent à détester la laïcité
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Des rabbins de l’académie, fondée par Peretz, enseignent à détester la laïcité

Sur des vidéos retirées d'internet depuis, on voit notamment un rabbin conseiller aux étudiants de l'académie pré-militaire Otzem de ne pas faire l'armée

Le ministre de l'Education Rafi Peretz s'exprime lors d'un événement du parti Yamina à Eliana, le 21 août 2019.
Le ministre de l'Education Rafi Peretz s'exprime lors d'un événement du parti Yamina à Eliana, le 21 août 2019.

Dans un reportage de mercredi soir, la Treizième chaîne a diffusé des extraits polémiques de cours d’une académie pré-militaire que le ministre de l’Education Rafi Peretz a fondée et a dirigée jusqu’à ce qu’il devienne le chef du parti HaBayit HaYehudi, plus tôt cette année.

Le reportage a expliqué que des centaines de vidéos de cours de l’Académie Torah pré-militaire Otzem ont été retirées d’internet peu après que Peretz est entré en politique. Selon le reportage, les leçons attisaient la haine de la laïcité et appelaient à convertir les laïcs à un style de vie religieux.

Lors d’un cours, Peretz a lui-même déclaré : « Je vous déclare que nous sommes au milieu de grandes étapes, de grandes étapes vers le retour de la prophétie d’Israël…. Au lieu des universités, à cette période [dans le passé], il y avait des écoles de prophétie. Nous reviendrons progressivement vers cela ».

Peretz, le chef du parti national religieux HaBayit HaYehudi, a été nommé ministre de l’Éducation en juin par le gouvernement de transition de Netanyahu. En 1992, Peretz a fondé l’académie, dans une implantation de la bande de Gaza, qui s’est fait connaître pour avoir formé de futurs leaders dans le camp religieux national conservateur.

Il a servi en tant que grand rabbin de l’armée israélienne de 2010 à 2016.

Alors que les cours de Peretz étaient plus modérés, d’autres rabbins ont pris un ton plus agressif.

Le rabbin Asaf Bamburg, un éducateur de l’académie, a par exemple été enregistré en train de tenir des propos déplacés contre les Israéliens laïcs. Il est présenté comme une personnalité importante de l’académie et il dirige également le lycée yeshiva Nave.

Le rabbin Asaf Namburg (Capture d’écran : Treizième chaîne)

Namburg a parlé des laïcs comme étant « malfaisants », recommandant aux étudiants de garder leurs distances.

« ‘Laissez chacun vivre selon sa propre foi. Quoi, vous n’êtes pas pluralistes ?’ Depuis quand ?! D’où vient cette phrase de dingue ? On ne trouve nulle part une phrase dans le genre, sauf dans les livres [du parti politique progressiste] Meretz, ‘Laissez chacun vivre selon sa propre foi !' »

Il a rejeté toute association avec les Israéliens laïcs, déclarant : « Où avez-vous entendu que l’on peut rapprocher les malfaisants [de la Torah] ? Pour leur donner une légitimité ? Leurs lieux de divertissement sont des lieux malfaisants où les femmes et les hommes se mélangent ».

A un moment, il a même appelé les étudiants du programme, qui vise à préparer les étudiants au service militaire, à ne pas faire l’armée, pour ne pas être corrompus par les laïcs qu’ils peuvent rencontrer là-bas.

« Je n’irai pas dans l’armée si je sais [qu’en faisant cela] je m’oppose à la crainte de Dieu. Est-ce mieux de devenir laïc ? De blasphémer contre Dieu et se rebeller contre lui ? D’être des mauviettes ? Perdre une tradition de
2 000 ans ? De n’être rien, tant que nous avons une armée ? »

Namburg a également critiqué la prétendue faiblesse de l’armée israélienne.

« Nous sommes fébriles, nous sommes faibles. En Irak, en Arabie Saoudite, est-ce qu’ils combattent comme cela ? Ils bombardent des villages et des moquées, les uns après les autres. Il n’y a qu’ici où, avant d’entrer, on frappe à la porte pour demander si c’est correct de tirer une balle dans leur genou ».

Namburg a aussi comparé le Premier ministre David Ben-Gurion au roi grec Antiochos IV, de l’infamie de Hanoucca. Il a exprimé son indignation sur le fait que ses photos soient accrochées dans des écoles.

Le Premier ministre David Ben-Gurion, sa femme Paula et le chef de l’armée israélienne arrivent à la cérémonie de plantage d’un arbre à Tu Bishvat à Shaar Hagai, 1949. (Crédit : GPO)

Réagissant à ce reportage, Otzem a déclaré enseigner à ses étudiants une approche de réconciliation et d’unification, mais aussi de « loyauté envers le pays dans tous les domaines de la vie ».

Il a ajouté : « Les déclarations ont été faites dans le cadre d’un discours légitime à l’académie et nous regrettons que le contenu des cours ait été présenté sans contexte. Passer au crible chaque propos fait partie d’une campagne actuelle menée par le gauche radicale contre le monde des académies pré-militaires et le monde de la Torah ».

Peretz, lui-même, a refusé de commenter le sujet, a rapporté la Treizième chaîne.

Ce n’est pas la première fois que des propos de Peretz entraînent une polémique depuis qu’il a été nommé ministre de l’Education.

Dans des propos diffusés en juillet, Peretz a déclaré qu’il soutenait la thérapie de conversion pour les jeunes gays et il a affirmé qu’il avait personnellement mis en pratique cette thérapie.

Après un tollé général, il est revenu sur son soutien à la pratique, déclarant qu’il savait que la thérapie de conversion « est mauvaise et grave ».

Il a également été sous le feu de critiques pour avoir dit que le mariage inter-religieux était « comme une deuxième Shoah ».

Son partenaire politique, le ministre des Transports Bezalel Smotrich qui s’est vanté d’être un « fier homophobe », a aussi récemment provoqué une polémique, s’attirant les foudres du Premier ministre Benjamin Netanyahu en suggérant qu’Israël devrait être gouverné par la loi religieuse.

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