Des soldats religieux refusent d’assister à une formation avec des femmes
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Des soldats religieux refusent d’assister à une formation avec des femmes

Les trois femmes, membres de la première promotion féminine du Corps blindé, devraient suivre un entraînement séparé, parallèlement à celui des hommes, selon l'armée

Image illustrative d'une femme instructeur de chars de Tsahal lors d'un exercice le 1er janvier 2013. (Caporal Zev Marmorstein / Unité du porte-parole de Tsahal)
Image illustrative d'une femme instructeur de chars de Tsahal lors d'un exercice le 1er janvier 2013. (Caporal Zev Marmorstein / Unité du porte-parole de Tsahal)

Plusieurs soldats religieux masculins du Corps blindé de Tsahal ont refusé d’assister à un cours de formation des commandants parce que, pour la première fois, des femmes soldats seraient également présentes, a rapporté la Radio de l’armée mercredi.

Les premières femmes pilotes de chars de combat de l’armée israélienne ont terminé leur formation en décembre, dans le cadre d’un programme pilote visant à améliorer l’intégration des femmes dans le corps blindé. Trois d’entre elles suivront un cours début mars pour devenir commandants de chars.

Cependant, un groupe de soldats de combat religieux de la 188e brigade, qui ont été sélectionnés pour participer à un stage pour les commandants de chars qui a lieu en même temps, a informé l’armée qu’ils n’assisteraient pas à ce cours parce que cela heurte leur sensibilité religieuse.

L’armée a toutefois souligné qu’il n’y aurait pas de mixité pendant les cours parallèles – la formation des femmes sera entièrement séparée de celle des hommes.

« L’entraînement est conçu de manière à respecter la séparation et ne comprendra pas d’entraînement avec un groupe mixte », a déclaré l’armée. « La formation des femmes soldats aura lieu parallèlement à la formation régulière et ne les perturbera pas. »

Les 13 premières tankistes femmes, au terme de leur entraînement, à Latrun, le 5 décembre 2017. (Crédit : armée israélienne)

Le rabbin Shmuel Eliyahu, grand rabbin de la ville de Safed, farouchement opposé aux femmes servant dans les unités mixtes de combat, rejette l’affirmation de l’armée selon laquelle les hommes et les femmes seraient maintenus entièrement séparés.

Il a indiqué à la Radio de l’Armée qu’il avait lui-même servi dans le Corps blindé et qu’il était impossible d’éviter toute interaction entre les soldats, même si les femmes se trouvaient dans un autre tank.

« Ce n’est pas comme ça que ça marche dans l’armée. Il y a des réunions, des séances d’information, on dort la nuit », a-t-il dit. « Ce n’est pas séparé – c’est une seule armée. »

Le personnel féminin des chars d’assaut servira dans les Forces de défense frontalières nouvellement constituées, qui sont censées sécuriser les frontières d’Israël mais pas les franchir.

Les candidates serviront dans des chars exclusivement féminins, afin d’éviter les problèmes de promiscuité. En servant aux frontières méridionales, elles seront moins susceptibles d’avoir à passer en territoire ennemi.

Jusqu’à présent, les femmes n’étaient pas autorisées à servir dans les brigades de chars car on croyait qu’elles ne pouvaient pas physiquement supporter les rigueurs du Corps blindé. Cependant, des femmes soldats ont servi comme instructeurs de chars d’assaut.

Les objections aux femmes servant comme soldats de combat dans le Corps blindé ne viennent pas seulement du secteur religieux.

L’actuel chef du Corps blindé, le Brigadier général Guy Hasson s’est fortement opposé à ce que les femmes aient un rôle plus important dans les unités de chars, affirmant qu’il y avait des problèmes fondamentaux qui empêchaient l’intégration de ces unités, y compris les exigences physiques et les préoccupations sociales, ainsi que l’“image” du régiment.

Les détracteurs de l’intégration des genres la décrivent souvent comme une expérience sociale aux ramifications potentiellement dangereuses sur la sécurité nationale, alors que les défenseurs la considèrent généralement comme une mesure corrective nécessaire depuis longtemps, une mesure qui s’est déjà produite dans de nombreux pays occidentaux.

Judah Ari Gross a contribué à cet article.

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