Rechercher

Deux bédouins arrêtés pour avoir bloqué des voies ferrées lors de manifestations

Âgés de 15 ans, les jeunes sont inculpés de mise en danger de la vie d’autrui et complot en vue de commettre un crime ; le Shin Bet enquête sur un possible "acte terroriste"

Pierres placées sur les voies ferrées près de Beer Sheva, en janvier, lors d'importantes manifestations bédouines dans le Neguev. (Crédit : Police d’Israël)
Pierres placées sur les voies ferrées près de Beer Sheva, en janvier, lors d'importantes manifestations bédouines dans le Neguev. (Crédit : Police d’Israël)

La police a annoncé, vendredi, l’interpellation de deux mineurs originaires de la ville bédouine de Rahat, dans le sud d’Israël, soupçonnés d’avoir bloqué des voies ferrées près de Beer Sheva, lors de manifestations violentes contre des travaux de reboisement.

Le 11 janvier, des pierres de grosse taille avaient été déposées sur les voies ferrées, forçant un train à un arrêt d’urgence lorsque le conducteur a aperçu l’obstacle.

L’incident avait occasionné d’importants dégâts au train et mis en danger la vie de ses passagers.

La police avait, à l’époque, déclaré ouvrir une enquête conjointe avec l’agence de sécurité Shin Bet afin d’identifier les coupables.

Dans un communiqué, vendredi, annonçant le dénouement de l’affaire, la police a déclaré avoir interpellé deux suspects âgés de 15 ans, et originaires de Rahat, le 19 avril dernier.

Les suspects devaient comparaître devant le tribunal de Beer Sheva ce vendredi. Ils font face à des accusations de mise en danger de la vie d’autrui et de complot en vue de commettre un crime.

Le tribunal de Beer Sheva. (Crédit : Flash90)

« Il s’agit d’un incident grave qui a fait l’objet d’une enquête conjointe avec le Shin Bet », a indiqué Yossi Doron, commandant de police de l’unité centrale du Neguev, chargée d’enquêter sur l’incident.

« L’incident aurait pu provoquer le déraillement du train, ce qui aurait eu des conséquences catastrophiques », a-t-il ajouté.

L’incident avait eu lieu en marge d’importantes manifestations bédouines, dans le sud du pays, contre un projet controversé de reboisement mené par le Fonds national juif (FNJ).

Les manifestations étaient rapidement devenues violentes. Des émeutiers bédouins avaient affronté des policiers en plusieurs endroits du nord du Neguev, et d’autres avaient incendié des pneus, bloqué des routes et jeté des pierres sur des véhicules civils.

En janvier, au terme de plusieurs jours de violences, les procureurs avaient finalement déposé des actes d’accusation à l’encontre de 16 résidents bédouins du sud d’Israël.

Trois cas ont été examinés comme de possibles « actes terroristes » à motif nationaliste : l’agression d’un agent de sécurité à Tel Sheva, l’incendie du véhicule d’un journaliste à Segev Shalom et le dépôt de pierres sur les voies de la ligne de chemin de fer menant à Beer Sheva.

De jeunes bédouins lors d’une manifestation contre la plantation d’arbres par le Fonds national juif, à l’extérieur du village bédouin d’al-Atrash dans le désert du Neguev, dans le sud d’Israël, le 13 janvier 2022 (Crédit : Jamal Awad/Flash90)

Les Bédouins du Neguev entretiennent une relation conflictuelle avec l’État. Pendant des décennies, le gouvernement a fait en sorte de les installer dans des villes existantes et répertoriées, mais beaucoup vivent encore au sein d’une multitude de hameaux illégaux, à travers le désert du sud d’Israël.

Les Bédouins accusent le FNJ de chercher à les déplacer, ce à quoi l’organisation rétorque qu’elle ne fait que mettre en oeuvre les mesures prises par des entités gouvernementales dans le domaine public.

Le FNJ intervient dans tout le pays sur des projets liés à la protection de la nature, mais certains l’accusent d’avoir des intentions politiques.

En savoir plus sur :
C’est vous qui le dites...