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Distancé, le camp Macron se tourne vers la gauche – 10 désistements pour LFI

"Le combat contre le projet funeste du RN ne peut s’accommoder de la moindre compromission avec l'antisémitisme et la violence", a déclaré Benjamin Haddad

Emmanuel Macron lors d'une interview pour BFMTV et RMC (Crédit : capture d'écran YouTube)
Emmanuel Macron lors d'une interview pour BFMTV et RMC (Crédit : capture d'écran YouTube)

Au lendemain du premier tour des législatives, les résultats ne sont pas ceux espérés par les partisans centristes du « ni-RN, ni-LFI ». Pour le deuxième tour, ils aspirent à créer un rassemblement large des forces
« républicaines » pour contrer le Rassemblement national, notamment avec des désistements, y compris en faveur d’une dizaine de candidats La France insoumise, parti largement accusé d’antisémitisme.

L’UEJF avait pourtant averti hier soir sur X : « Le péril est imminent : le RN ne doit pas obtenir la majorité absolue. Nous appelons au désistement contre le RN partout sauf face aux LFI qui ne partagent pas les valeurs républicaines essentielles. »

Une position que semblaient partager plusieurs cadres du parti présidentiel, à l’instar de Yaël Braun-Pivet, présidente sortante de l’Assemblée nationale, qui « en aucun cas » ne « pourrait appeler » à voter pour « un certain nombre de candidats » qui ne « partagent » pas les valeurs de la majorité.

Cité par l’AFP, le député sortant Benjamin Haddad, qualifié en tête pour le second tour dans la 14e circonscription de Paris, a affirmé : « Jamais une voix pour la France insoumise. Le combat contre le projet funeste du RN ne peut s’accommoder de la moindre compromission avec l’antisémitisme et la violence. »

Il semblait que cette position soit partagée par Emmanuel Macron et son Premier Ministre. Dès 20h hier soir, le chef de l’État avait appelé, face au RN, à « un large rassemblement clairement démocrate et républicain pour le second tour ». Sous-entendu : sans La France insoumise. « L’extrême droite est aux portes du pouvoir » et « notre objectif est clair : empêcher le Rassemblement national d’avoir une majorité absolue au second tour », avait ajouté Gabriel Attal depuis Matignon.

Si « plusieurs centaines » de représentants de la majorité seront présents au second tour, le Premier ministre a annoncé le « désistement » des candidats « dont le maintien en troisième position aurait fait élire un député Rassemblement national face à un autre candidat qui défend comme nous les valeurs de la République ».

Le camp présidentiel demeure malgré tout divisé sur cette position de « ni-ni », certains préférant adopter une stratégie au « cas par cas ». Plusieurs candidats Renaissance en troisième position se sont ainsi retirés de la course lundi pour laisser la place à un candidat LFI face au RN : Albane Branlant (Somme), qui laisse la place à François Ruffin, ainsi que Laurence Gayte (Pyrénées-Orientales), Emilie Chalas (Isère), Pascal Lavergne (Gironde), Elisabeth Toutut Picard (Haute-Garonne), Nicolas Michel (Drôme), Sarah Tanzili (Rhône), Pierre Verdier (Tarn) et Frédéric Descrozaille (Val-de-Marne).

En Seine-Maritime, Laurent Bonnaterre, un candidat Horizons, le parti d’Edouard Philippe, s’est aussi désisté pour laisser la place à Alma Dufour, députée sortante LFI, qui s’est fait récemment remarquer pour ses positions virulentes anti-Israël :

Dimanche soir, Edouard Philippe avait pourtant été particulièrement ferme face aux « extrêmes », insistant explicitement depuis Le Havre
« qu’aucune voix » ne devait se porter sur le Rassemblement national comme sur la France insoumise. Ce désistement de Laurent Bonnaterre paraît ainsi lundi soir particulièrement invraisemblable. Edouard Philippe avait néanmoins appelé au retrait des candidats Horizons arrivés en troisième position et qui se retrouvent confrontés à des candidats non-RN non-LFI au second tour.

Il y a eu de nombreux autres désistements Renaissance/Modem/centre en faveur du PS, EELV ou PCF : selon un décompte de l’AFP, une centaine de candidats de gauche ou macronistes qualifiés pour le deuxième tour des législatives se sont déjà désistés ce lundi. Ces candidats étaient tous engagés dans des triangulaires et sont arrivés en troisième position.

« Mettre sur le même plan le Rassemblement national ou La France insoumise est une mécanique inacceptable et insupportable et elle doit s’arrêter immédiatement », a réagi dimanche soir sans surprise sur BFMTV Manuel Bompard, alors que LFI a annoncé retirer ses candidatures dans les circonscriptions où elle est arrivée troisième et où le RN est en tête.

De son côté, Tarik Mekki, candidat dans la 8e circonscription du Nord sous l’étiquette Ensemble, a appelé ses électeurs à se reporter sur le candidat LFI controversé David Guiraud. Mekki, qui n’est pas en mesure de se maintenir pour le second tour malgré sa campagne de premier tour « ni RN, ni LFI », a déclaré à La Voix du Nord : “Pas une voix ne doit aller au RN.” Une position qui diffère de celle de la majorité sortante : “Je ne suis pas macroniste et je ne suis pas carté Renaissance, je me considère comme un élu de gauche”, précise l’élu.

David Guiraud est l’un des députés les plus en avant sur la question palestinienne à l’Assemblée nationale et s’est également fait remarquer pour ses positions très ambiguës sur l’antisémitisme. Il avait notamment utilisé une référence aux “dragons célestes” pour répondre à la plainte pour apologie du terrorisme déposée par l’Observatoire juif de France, un dog whistling utilisé par les réseaux antisémites. Il avait aussi admis avoir découvert la cause palestinienne par Alain Soral. Enfin, il avait qualifié de “porc” le député franco-israélien Meyer Habib lors d’un échange houleux dans la salle des pas perdus à l’Assemblée nationale.

La stratégie du « ni-ni » a également été défendue par des personnalités publiques de premier plan qui ont beaucoup commenté la campagne depuis qu’elle a débuté. Le philosophe Bernard-Henri Lévy a écrit notamment : « Il fallait tout faire, au 1er tour, pour renforcer les démocrates de probité. Il faudra tout faire, maintenant, pour empêcher le RN, parti du déshonneur et du désastre, d’avoir la majorité absolue. »

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