El Al, société privée depuis 2003, en voie d’être renationalisée par l’Etat
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El Al, société privée depuis 2003, en voie d’être renationalisée par l’Etat

L'Etat va apporter un prêt de 250 millions de dollars et des actions seront proposées à l'achat à la Bourse de Tel Aviv, pour un montant de 150 millions de dollars

Des pilotes israéliens de la compagnie aérienne El Al à l'aéroport, le 20 avril 2020. (Yaakov Naumi/Flash90)
Des pilotes israéliens de la compagnie aérienne El Al à l'aéroport, le 20 avril 2020. (Yaakov Naumi/Flash90)

La compagnie aérienne israélienne El Al a accepté lundi un plan de sauvetage du gouvernement, décision qui pourrait ouvrir la voie à une nationalisation de l’entreprise à hauteur de 61 %, suite à des pertes liées à la crise du coronavirus.

« Le comité directeur d’El Al a accepté le plan d’aide financière de l’Etat d’Israël qui consiste en un prêt de 250 millions de dollars » (environ 220 millions d’euros), explique El Al dans un communiqué.

Le prêt sera garanti par l’Etat à 75 %, dans le cas où la société ne parviendrait pas à le rembourser.

Selon l’accord passé avec le gouvernement, des actions seront par ailleurs proposées à l’achat à la Bourse de Tel Aviv, pour un montant de 150 millions de dollars (132 millions d’euros). « L’Etat s’engage à racheter les actions de la compagnie qui n’auront pas été acquises par le public », ajoute la compagnie. Pour cette raison, la société pourrait être désormais détenue par l’Etat à hauteur de 61 %.

Comme d’autres sociétés de transports aériens ailleurs dans le monde, la compagnie connaît de grosses difficultés suite aux pertes financières causées par l’annulation de nombreux vols en lien avec l’épidémie du nouveau coronavirus. Les tensions au sein de la compagnie aérienne sont d’autant plus fortes depuis qu’elle a licencié une grande partie de son personnel et pioché dans les fonds de retraite pour rester à flot en pleine crise du coronavirus.

L’accord passé lundi avec le gouvernement prévoit des mesures d’austérité qui pourraient conduire au licenciement de 2 000 salariés.

El Al, qui avait mis des milliers d’employés en congé sans solde, a cessé tous ses vols la semaine dernière après l’échec de négociations entre ses employés et la direction qui avait annoncé devoir poursuivre sa politique de licenciements. 500 membres de son personnel, dont 100 pilotes, ont alors ainsi été suspendus.

Un avion d’El Al décolle de l’aéroport international Ben Gurion le 3 septembre 2014. (Moshe Shai/Flash90)

Selon les médias israéliens, en plus des pilotes, les personnel mis en congé comprend des ouvriers de la maintenance, du personnel navigant et du personnel au sol.

Avant cette dernière série en date de suspensions, El Al avait placé 80 % de ses 6 303 employés en congé sans solde et tranché les salaires de ses équipes de management de 20 %. L’entreprise avait également suspendu les investissements et signé des accords pour la vente et la cession-bail de trois Boeing 737-800.

Depuis la fermeture quasi totale du ciel israélien en mars, la compagnie a dû annuler des centaines de vols et doit rembourser des billets à des milliers de passagers, pour un total d’environ 350 millions de dollars. Elle a prolongé la suspension des vols commerciaux prévus jusqu’à la fin juillet, mais avait indiqué qu’elle continuerait à effectuer des vols cargo et quelques vols passagers occasionnels.

Compagnie nationale d’Israël depuis sa création en 1948, El Al avait été privatisée à partir de 2004. Elle est actuellement contrôlée par Knafaim Holdings Ltd, qui verra ses actions être redistribuées.

Un rapport trimestriel pour janvier-mars publié mardi dernier montrait 140 millions de dollars de pertes pour l’entreprise au premier trimestre de 2020, contre 55 millions de dollars de pertes pour la même période l’année dernière. Les revenus étaient en baisse de 230 millions pour le trimestre, une chute de 428 millions par rapport à l’année dernière. La dette net de la compagnie est estimée à 2 milliards de dollars.

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