En Iran, des inondations d’une rare ampleur font au moins 19 morts
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En Iran, des inondations d’une rare ampleur font au moins 19 morts

Les pluies continueront de tomber jusqu'à mercredi, ont prévenu les services météo qui prévoient des précipitations allant jusqu'à 150 mm dans certaines provinces de l'ouest

Un carambolage dans une rue du sud de Chiraz, pendant d'importantes inondations, le 25 mars 2019. (Crédit : AMIN BERENJKAR / MEHR NEWS / AFP)
Un carambolage dans une rue du sud de Chiraz, pendant d'importantes inondations, le 25 mars 2019. (Crédit : AMIN BERENJKAR / MEHR NEWS / AFP)

Au moins 19 personnes sont mortes et plus de 90 ont été blessées en Iran dans des inondations d’une rare ampleur qui continuent de sévir dans de nombreuses provinces frappées par de fortes pluies, selon un bilan provisoire des services de secours lundi.

Les pluies continueront de tomber jusqu’à mercredi, ont prévenu les services météo qui prévoient des précipitations allant jusqu’à 150 mm dans certaines provinces de l’ouest du pays au cours des prochaines 24 heures.

La police a déconseillé les trajets en voiture dans les prochains jours, de nombreuses routes étant bloquées par les inondations ou des glissements de terrain.

Un comité national de gestion de crise, activé par le gouvernement, a tenu sa première réunion pour faire face aux intempéries qui touchent 25 des 31 provinces iraniennes.

Au moins 17 personnes ont été tuées et 94 blessées dans la seule ville de Chiraz (sud), une autre personne a perdu la vie à Sar-e Pol-e Zahab (province de Kermanshah, ouest), et une personne est décédée dans la province du Lorestan (ouest), ont indiqué les services de secours.

Le travail des services de secours est ralenti par l’absence de nombreux employés en congé, alors que l’Iran fête le Nouvel an persan.

A Chiraz, de nombreuses victimes étaient des vacanciers pris dans les inondations alors qu’ils entraient dans la ville à bord de leur véhicule.

« J’ai ordonné à tous les gouverneurs et à tous les fonctionnaires et responsables provinciaux du pays de rester à leur poste durant les prochaines 72 heures, lors desquelles la menace d’inondations sera maximale », a déclaré le premier vice-président Eshaq Jahangiri, à la TV d’Etat.

Sur cette photo publiée sur le site officiel du bureau de la présidence iranienne, le président Hassan Rouhani assiste à une conférence annuelle sur l’unité islamique à Téhéran, Iran, le 24 novembre 2018. (Crédit : bureau de la présidence iranienne via AP)

Le président Hassan Rohani a présenté ses condoléances aux familles des victimes et remercié les services de secours et l’armée, dans un communiqué.

Il a également ordonné « une enquête immédiate » sur les causes du bilan des victimes élevé à Chiraz.

Depuis le début des inondations, M. Rouhani était en retrait, laissant ses ministres se rendre dans les régions touchées.

Des informations publiées par l’agence de presse Fars selon lesquelles M. Rouhani était en vacances sur l’île de Qeshm (sud) ont provoqué les critiques de ses opposants conservateurs mais également de certains de ses alliés réformateurs.

Le vice-ministre de l’Intérieur, Mehdi Jamalinejad, a indiqué que les conditions dans les provinces du Khouzestan, du Lorestan et de Kohkiluyeh et Buyer Ahmad étaient « extrêmement critiques », selon l’agence semi-officielle Isna.

Les inondations ont lieu principalement dans l’ouest et le sud-ouest du pays, quelques jours seulement après celles ayant frappé le 19 mars les provinces du Golestan et de Mazandaran, dans le nord-est. Aucun bilan officiel des dommages causés dans ces provinces n’a été communiqué.

Coupures d’électricité

L’organisation de gestion des crises et le ministère de la Santé, en charge des hôpitaux, ont annulé tous les congés et sont en alerte.

L’aéroport Mehrabad de Téhéran, qui assure des vols intérieurs, a annulé ou repoussé la majorité des dessertes à cause des conditions météo dans les villes de destination.

Des centaines de villages subissent des coupures d’électricité et d’eau, tandis que les routes ont été endommagées dans les régions affectées, ont rapporté des médias locaux.

L’armée a été mobilisée pour venir en aide aux régions les plus touchées. Des villages ont été évacués face à un risque croissant de crues et de débordements de barrages.

S’exprimant à la télévision d’Etat, des responsables ont exhorté les vacanciers et les tribus nomades de l’ouest à se mettre à l’abri, loin des cours d’eau.

Des alertes inondations ont aussi été émises pour les provinces centrales, notamment Ispahan et Téhéran.

De telles inondations sont rarissimes dans un pays globalement aride, qui subit régulièrement depuis des décennies des épisodes de sécheresse.

« Le changement climatique frappe notre pays », a déclaré le ministre de l’Energie Reza Ardekanian, cité par l’agense de presse Tasnim, en parlant d' »inondations sans précédent ».

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