Entretien téléphonique entre Rivlin et le pape à la veille des fêtes
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Entretien téléphonique entre Rivlin et le pape à la veille des fêtes

Les deux hommes ont évoqué le virus "ennemi" ; Rivlin a également salué les responsables juifs du monde entier et effacé les casiers judiciaires de 361 Israéliens pour Pessah

Le président Reuven Rivlin et le pape François au Vatican, le 3 septembre 2015. (Crédit : Haim Zach/GPO)
Le président Reuven Rivlin et le pape François au Vatican, le 3 septembre 2015. (Crédit : Haim Zach/GPO)

Le président Reuven Rivlin s’est entretenu au téléphone, mercredi, avec le pape François. Ils ont évoqué leurs inquiétudes concernant la pandémie de coronavirus et ont échangé leurs vœux en amont des fêtes religieuses à venir.

« Le coronavirus nous montre qu’il ne respecte aucune frontière et que personne n’est épargné », a dit Rivlin au souverain pontife, selon un communiqué du bureau du président. « Nous combattons ensemble un ennemi cruel et obstiné, et c’est ainsi que nous en viendrons à bout, en luttant ensemble dans le monde entier. »

Rivlin a également exprimé son appréciation pour le soutien apporté par le pape dans le combat contre l’antisémitisme, disant que l’effort était particulièrement important « au vu du nombre croissant d’incidents antisémites et alors que le coronavirus ne cesse de se propager ».

Le président a conclu cet entretien en adressant ses vœux pour Pâques que les chrétiens fêteront le 12 avril.

« Quand vous allumerez vos bougies de fête cette nuit en Israël, nous serons tous avec vous. Je serai avec vous dans mon cœur et mes prières », a répondu le pape, selon le bureau de Rivlin.

Le président Rivlin a échangé au sujet de la pandémie avec des responsables du monde entier, notamment les rois d’Espagne et des Pays-Bas, ainsi que les présidents de l’Allemagne, de la France, de l’Italie, de l’Autriche, de la Moldavie, de la République tchèque, de la Croatie, de Chypre, de Grèce, du Portugal, de la Roumanie, de la Colombie, du Pérou, du Honduras, du Kazakhstan et de la Serbie.

Le président Reuven Rivlin (deuxième à droite) lors d’une vidéoconférence avant Pessah avec les leaders juifs, le 5 avril 2020? (Crédit : Mark Neyman / GPO)

Mardi, Rivlin a envoyé un message vidéo aux responsables juifs du monde entier, leur souhaitant un joyeux Pessah.

« Cette année, nous devons tous affronter le défi du coronavirus et celui de la distance avec nos familles et ceux que nous aimons. Mais malgré la distance, Pessah nous rappelle que le peuple juif ne forme qu’une seule et même famille, avec une histoire commune, des valeurs communes et une destinée commune. Et alors que nous prendrons place autour de la table du seder, nous, en Israël, penserons à vous et nous prierons pour vos communautés », a dit le président.

S’adressant aux enfants juifs en Israël et à l’étranger, il a déclaré que « même si nous ne fêtons pas la nuit du seder de la même manière que nous le faisons, chaque année, mais que nous nous trouvons aujourd’hui seulement avec nos parents les plus proches, n’oubliez pas les traditions particulières de Pessah et les chansons ».

« De plus, souvenez-vous que plus modeste sera le seder, plus importantes seront vos chances de trouver l’Afikoman ! A bientôt, chers enfants… Et bien sûr, n’oubliez pas de téléphoner ou d’utiliser Zoom pour parler à votre grand-mère et à votre grand-père, à Saba et Savta, pour leur souhaiter Chag Sameach et pour les serrer fort, très forts dans votre bras de loin. L’année prochaine à Jérusalem, l’année prochaine, tous ensemble », a conclu Rivlin.

Le bureau du président a aussi annoncé la décision de Rivlin d’accepter les requêtes de 361 Israéliens portant sur l’effacement de leur casier judiciaire à la veille de la fête. Soixante-dix de ces demandes ont émané de soldats ou d’Israéliens faisant leur service national.

Parmi les requêtes approuvées par le président, celle de Moshe (Shuki) Basso, qui avait tué son père en 1993. Basso avait été inculpé pour homicide involontaire et avait été condamné à dix ans de prison, mais sa peine avait été commuée par le président Ezer Weizman en 1997 en raison des circonstances qui avaient entraîné le meurtre.

Selon le verdict, cela faisait des années que Basso était témoin du comportement violent de son père vis-à-vis de sa mère – et notamment de viols conjugaux.

« Le verdict a également indiqué que Basso était dans un état de détresse absolue lorsqu’il a ressenti qu’il n’avait plus d’autre choix et qu’il en paie le prix quotidiennement, chaque heure, lorsqu’il se trouve aux prises avec sa conscience blessée », a indiqué le bureau de Rivlin lorsqu’il a annoncé sa décision.

Autre demande approuvée par le président, celle du soldat de combat Yossi Shimshon. Shimson avait été condamné à plusieurs reprises lorsqu’il était mineur pour violences et divers délits.

« Shimson a traversé un processus impressionnant de réinsertion et a notamment pris part au programme prémilitaire ‘L’un de nous’. Même s’il a été exempté du service militaire, il a lutté pour être recruté au sein de l’armée et a servi dans la brigade d’infanterie Givati. Il se trouve dorénavant dans une école de formation des officiers », a ajouté le bureau du président israélien.

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