« Expulser ou tuer » : des villages palestiniens ciblés par des graffitis de haine
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« Expulser ou tuer » : des villages palestiniens ciblés par des graffitis de haine

Des voitures ont également été vandalisées lors d'attaques présumées "Prix à payer" à Issawiya et à Luban a-Sharqiya

"Partir ou mourir" peint sur un mur lors d'une attaque présumée de "Prix à payer" le 17 avril 2018. (Police d'Israël)
"Partir ou mourir" peint sur un mur lors d'une attaque présumée de "Prix à payer" le 17 avril 2018. (Police d'Israël)

Des graffitis racistes et des actes de vandalisme ont été découverts dans le quartier d’Issawiya, à Jérusalem-Est, et dans le village de Luban a-Sharqiya, en Cisjordanie, mardi matin, après une attaque présumée de « Prix à payer » pendant la nuit, a déclaré la police.

Des messages tels que « Expulser ou tuer » et « Assez avec les ordonnances administratives » ont été écrits sur les murs des villages, et des pneus de voiture ont été dégonflés.

Un porte-parole de la police israélienne a déclaré qu’une enquête avait été ouverte et que des officiers et des soldats de Tsahal avaient commencé à rechercher les auteurs de ces actes.

Les ordonnances administratives, lorsqu’elles sont utilisées pour prévenir la violence des résidents des implantations, peuvent inclure la détention, l’interdiction d’entrer sur l’ensemble de la Cisjordanie et l’interdiction de contacter certaines personnes, ainsi que les couvre-feux nocturnes.

Voiture vandalisée lors d’une attaque présumée de « Prix à payer », 17 avril 2018. (Photo : Police d’Israël)

Plusieurs jeunes des implantations, appelés « Jeunes des Collines », se sont plaints de l’emploi des ordonnances administratives contre des activistes soupçonnés d’avoir commis des attaques contre des Palestiniens en Cisjordanie et des non-Juifs en Israël.

La détention administrative est également largement utilisée contre les Palestiniens et a été critiquée par de nombreux groupes de défense des droits, car elle permet à Israël de placer en détention des personnes pendant de longues périodes sans procès, sans avoir accès à un avocat ou même en ne sachant pas de quoi elles sont accusées.

« Prix à payer » fait référence à la violence et à d’autres crimes haineux perpétrés par des juifs ultra-nationalistes, prétendument en représailles à la violence palestinienne ou à des politiques gouvernementales perçues comme hostiles au mouvement des implantations.

Des mosquées, des églises, des organisations israéliennes pacifistes de gauche et même des bases militaires israéliennes ont été la cible de ces vandales ces dernières années.

Plus récemment, au début du mois d’avril, plusieurs voitures ont été vandalisées et taguées avec des slogans dans le village de Fara’atata, près de la ville de Naplouse, en Cisjordanie.

Ces actes ont été condamnés par les dirigeants israéliens de toutes tendances politiques.

« Assez avec les ordonnances administratives » tagué sur un mur, apparemment par « Prix à payer ». (Photo : Police d’Israël)

L’ONG israélienne de défense des droits de l’homme Yesh Din a condamné l’incident de lundi soir.

« Les actes de vandalisme dans les villages palestiniens, comme celui qui s’est produit pendant la nuit et d’autres ces derniers jours, ont pour but de blesser et d’intimider les Palestiniens dans leurs maisons, ainsi que de défier les autorités chargées de l’application de la loi », a-t-elle déclaré dans un communiqué.

« Ils doivent être traités sévèrement avant que les criminels ne dégénèrent et ne nuisent à la vie humaine. »

Jacob Magid a contribué à cet article.

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