Rechercher

Faculté de NY : Un groupe pro-Palestine évoque une « emprise sioniste sur les médias »

Des étudiants juifs d’une prestigieuse faculté de droit appellent à une enquête sur les déclarations d'étudiants pro-Palestine, qui auraient basculé dans l’antisémitisme

Campus de l’Université de New York. (Crédit : Cincin12/Wikimedia Commons)
Campus de l’Université de New York. (Crédit : Cincin12/Wikimedia Commons)

New York Jewish Week – Des étudiants juifs de la faculté de droit de l’Université de New York ont appelé leur faculté à enquêter sur un groupe pro-palestinien, pour des courriels qui, selon eux, ont franchi la ligne entre critique d’Israël et antisémitisme.

Envoyés à la suite d’un attentat à Tel Aviv, le 7 avril dernier, qui a coûté la vie à deux personnes, les courriels envoyés par NYU Law Students for Justice in Palestine accusent Israël d’être un « régime d’apartheid » et déclarent que la violence du tireur palestinien était « une conséquence directe de l’occupation israélienne ».

Les critiques pro-israéliens ont indiqué que l’un des courriels relevait de l’antisémitisme, évoquant « l’omniprésente emprise sioniste sur les médias », et justifiant les victimes civiles juives au nom de la résistance palestinienne.

Dans le même courriel, obtenu par le Washington Free Beacon, le groupe Students for Justice in Palestine dit comprendre l’inquiétude suscitée par le vocabulaire employé, semblable aux tropes antisémites sur le contrôle des médias par les Juifs, avant d’ajouter que « le sionisme utilisait intentionnellement et stratégiquement les médias américains et occidentaux comme outils de propagande ».

Dans une lettre ouverte envoyée au doyen de la faculté de droit, Trevor Morrison, un groupe d’une centaine d’étudiants a dit toute son inquiétude face au vocabulaire utilisé par le groupe. Bill Baker, président de la Jewish Law Students Association (JLSA), qui défend les intérêts des étudiants juifs de la faculté de droit, a exprimé ses préoccupations quant au vocabulaire utilisé par Students for Justice en Palestine.

« Le conseil d’administration de JLSA a constaté qu’une ligne avait été franchie », a déclaré Baker. « Nombre d’étudiants juifs se sont sentis offensés par certaines expressions et tournures de phrases de ce courriel. »

Baker a déclaré que des étudiants avaient, à titre individuel, décidé de porter plainte et que son organisation avait organisé « une réunion ouverte » avec les doyens pour évoquer la question.

« Ils ont très clairement dit qu’ils allaient examiner ces plaintes », a déclaré Baker.

« Ils se soucient réellement des étudiants juifs, et ont à cœur d’avoir une communication ouverte, pour garantir que la faculté de droit soit un endroit où tout le monde est en sécurité et en droit de s’exprimer. »

Des militants anti-Israël et pro-Palestine à New York, le 15 mai 2021. (Crédit : Luke Tress/Times of Israel)

Les administrateurs de la faculté n’ont pas souhaité commenter ou confirmer la question d’une possible enquête et ont renvoyé la New York Jewish Week aux déclarations de la Faculté de droit et de son doyen.

Morrison a adressé un courriel aux étudiants le 12 avril précisant que les communications publiées sur un forum Internet – évoquant les courriels – ne « s’exprimaient pas au nom de la faculté de droit ».

« Bien sûr, le règlement intérieur de l’Université de New York condamne le meurtre intentionnel de civils », a déclaré Morrison, faisant référence aux attentats contre des civils à Tel Aviv. « Cela inclut, mais sans s’y limiter, les récents attentats en Israël. »

Une déclaration plus détaillée de NYU et NYU Law a déclaré qu’ils « rejetaient et condamnaient avec véhémence toute forme d’antisémitisme ».

En 2020, à la suite de plaintes selon lesquelles NYU n’avait pas fait le nécessaire pour empêcher [le développement d’] « un environnement hostile » aux Juifs sur le campus, le Département américain de l’Éducation et la NYU avaient conclu un accord en vertu duquel l’université avait accepté de « renforcer son engagement à s’opposer et réprimer à l’antisémitisme », avait déclaré un porte-parole de l’université à l’époque.

Yosmin Badie, membre des étudiants pour la justice en Palestine de NYU Law, a déclaré dans une déclaration à la New York Jewish Week que la réponse aux courriels du groupe était « honteuse ».

« Les mesures prises pour faire taire ceux qui élèvent la voix contre l’apartheid et l’occupation violente est honteux, et tout aussi honteux est l’amalgame délibéré entre antisémitisme et antisionisme », a-t-elle complété.

« Je ne me laisserai pas intimider par ceux qui souhaitent me dénier ce droit et je continuerai à soutenir sans équivoque les Palestiniens dans leur lutte », a-t-elle conclu.

En savoir plus sur :
C’est vous qui le dites...