Fait rare, des avions russes auraient intercepté des avions israéliens au Liban
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Fait rare, des avions russes auraient intercepté des avions israéliens au Liban

Les avions SU-34 auraient défiés les F-16 de Tsahal dans le ciel de Tripoli malgré un mécanisme destiné à éviter les risques de conflit entre Moscou et Jérusalem

Le Soukhoï Su-34 est un bombardier tactique russe avec des capacités de lutte antinavire. (Wikipedia CC BY-SA 4.0)
Le Soukhoï Su-34 est un bombardier tactique russe avec des capacités de lutte antinavire. (Wikipedia CC BY-SA 4.0)

Dans un incident rare, des avions de guerre israéliens auraient été interceptés par des avions de combat russes au-dessus du Liban tôt lundi matin, en dépit d’un accord entre Moscou et Jérusalem pour éviter un conflit entre les deux pays.

Selon la chaîne Hadashot, relayant des informations publiées dans les médias libanais et russes, deux avions F-16 de l’armée de l’air israélienne ont été attaqués par des jets Sukhoi Su-34 au-dessus de Tripoli et contraints de quitter les lieux.

Il n’y a pas eu de confirmation officielle de la Russie ou d’Israël.

Une vidéo a circulé montrant les avions russes survolant le Liban, mais aucun jet israélien ne figurait dans ces images.

Selon les médias cités par Hadashot, les avions russes ont peut-être participé à des exercices au large des côtes libanaises et syriennes, mais ont été contraints d’atterrir en raison des mauvaises conditions météorologiques.

Le site d’information Al Masdar a indiqué que c’était la première fois depuis des mois que des avions russes pénétraient dans l’espace aérien libanais en provenance de Syrie. L’agence de presse a déclaré que la raison de la mission était inconnue.

Des avions de chasse israéliens survoleraient souvent l’espace aérien libanais pour effectuer des missions de reconnaissance. Selon certaines informations, de nombreuses attaques israéliennes contre des cibles en Syrie ont été lancées à partir de l’espace aérien libanais.

La semaine dernière, le commandant de l’Armée de l’air Amikam Norkin a révélé qu’un avion de combat F-35 israélien a effectué des frappes aériennes à au moins deux reprises. Il a présenté aux officiers de l’armée de l’air d’autres pays une photographie de l’avion de chasse furtif survolant la capitale libanaise de Beyrouth, dans ce qui pourrait être considéré comme une menace tacite pour le groupe terroriste du Hezbollah basé au Liban.

Une photo d’un avion de combat furtif F-35 israélien survolant la capitale libanaise de Beyrouth, qui aurait fuité aux informations sur la chaîne israélienne Hadashot. (Capture d’écran)

Plus tôt ce mois-ci, le Premier ministre Benjamin Netanyahu a déclaré qu’il n’avait aucune raison de croire que le Kremlin tenterait de limiter la liberté d’action d’Israël dans la région.

Compte tenu de la forte présence russe en Syrie, Israël a mis en place en septembre 2015 un mécanisme avec Moscou – associant des groupes de travail dirigés par les chefs adjoints des deux armées – pour éviter des conflits et des malentendus qui pourraient s’avérer fatals.

Toutefois, un haut fonctionnaire de l’armée de l’air a souligné que ce système était limité : Israël n’informe pas les Russes avant de mener des frappes aériennes en Syrie, et la Russie ne laisse pas non plus les Israéliens participer à ses plans.

Depuis que cet accord russo-israélien a été conclu, les responsables israéliens ont souligné la nuance entre cet accord particulier et la pleine coopération militaire.

« Coopérer n’est pas le bon terme. Nous ne nous coordonnons pas [avec la Russie]. Il s’agit de mesures de prévention des conflits et de sécurité, afin que personne ne subisse de préjudice », a déclaré récemment un officier supérieur.

Israël a reconnu avoir mené plusieurs raids aériens sur des cibles iraniennes en Syrie et est soupçonné d’en avoir mené plusieurs autres. Le plus récent a eu lieu la semaine dernière, lorsqu’une base aérienne militaire de l’ouest de la Syrie a été frappée par un raid aérien.

« Nous avons informé les Russes que nous allions frapper en Syrie, mais nous ne leur avons pas dit où exactement ou quelles étaient les cibles », a expliqué l’officier.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu préside la réunion hebdomadaire du cabinet à son bureau à Jérusalem le 27 mai 2018. (MENAHEM KAHANA/AFP)

Dimanche, M. Netanyahu a déclaré à son cabinet qu’Israël prenait des mesures contre la fabrication d’armes au Liban et menaçait de poursuivre les combats avec l’Iran.

« Nous nous efforçons d’empêcher l’Iran d’obtenir des armes nucléaires. En même temps, nous travaillons contre l’établissement d’une présence militaire iranienne contre nous ; à cette fin, nous agissons également contre le transfert d’armes meurtrières de la Syrie au Liban ou leur fabrication au Liban », a expliqué M. Netanyahu.

« Toutes ces armes sont destinées à être utilisées contre l’État d’Israël et nous avons le droit – sur la base du droit de la légitime défense – d’empêcher leur fabrication ou leur transfert », a-t-il ajouté. M. Netanyahu n’a pas précisé quelles mesures étaient prises contre les armes au Liban.

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