Forte hausse des actes racistes en 2015, « défi pour la société française »
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Forte hausse des actes racistes en 2015, « défi pour la société française »

Le rapport du Dilcra souligne une hausse des actes racistes dans les périodes consécutives aux attentats djihadistes menés à Paris

Des gendarmes déployés à la mosquée de Poitiers suite à l'attaque de cette mosquée, le 12 janvier 2015. Illustration. (Crédit : Guillaume Souvant/AFP)
Des gendarmes déployés à la mosquée de Poitiers suite à l'attaque de cette mosquée, le 12 janvier 2015. Illustration. (Crédit : Guillaume Souvant/AFP)

Les actes racistes ont connu une forte hausse en France après les attentats de janvier et novembre 2015, selon un rapport officiel publié mercredi, un phénomène qui pose un « défi » à « toute la société française ».

Toutes victimes confondues, 2 032 actions et menaces racistes, antisémites et anti-musulmanes ont donné lieu à des plaintes ou des signalements, en hausse de 22 % sur un an, avec un pic dans les périodes suivant les attentats djihadistes à Paris, révèle ce rapport de la Délégation interministérielle à la lutte contre le racisme et l’antisémitisme (Dilcra).

Les actes antimusulmans (429, dont 124 actions et 305 menaces) ont à eux seuls plus que triplé. Quant aux actes antisémites, qui avaient connu un pic en 2014 en répercussion du conflit entre Israël et le Hamas à Gaza, ils ont légèrement baissé (- 5,3 %) mais restent à un niveau élevé (207 actes, 599 menaces).

Ce niveau record de violences est « un défi pour toute la société française », a souligné le responsable de la Dilcra Gilles Clavreul.

Il a estimé que le fait est largement imputable « à des violences en réaction aux attentats de janvier et de novembre », puisque les actes et menaces commis lors de ces deux mois représentent à eux seuls 58 % du total de 2015.

« Cela interpelle car c’est exactement ce que les terroristes cherchent : créer des fractures au sein de la société. Tout ce qui peut braquer entre dans leur schéma idéologique », a-t-il ajouté.

Le regain a été le plus marqué après les attentats de janvier contre l’hebdomadaire satirique Charlie Hebdo et un supermarché casher, ce qui peut selon le rapport s’expliquer par la « désinhibition d’une violence qui se voulait vengeresse, punitive ».

La dimension plus « universelle » des attaques de novembre contre une salle de concert, des cafés et un stade a peut-être « ressoudé la communauté nationale, avec la volonté de ne pas tomber dans le piège » de la division, avance la Dilcra.

Les actes racistes sans caractère religieux ont de leur côté augmenté de 18 %, à 797. Aucun détail n’a été fourni sur les victimes, du fait de l’interdiction des statistiques ethniques en France.

Le rapport souligne que les chiffres publiés sont « imparfaits », de nombreuses victimes renonçant à porter plainte.

Clavreul a aussi relevé « une dispersion des actes dans des zones rurales ou des villes moyennes qu’on n’avait pas du tout l’habitude de voir », en établissant un « parallèle avec la progression du Front national (extrême droite) dans ces zones ».

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