Gaza : les blessés simulent, les enfants sont des boucliers humains, dit l’armée
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Gaza : les blessés simulent, les enfants sont des boucliers humains, dit l’armée

Des images de l'armée israélienne montrent des enfants à proximité de la frontière, ainsi que des jeunes apparemment blessés transportés sur une civière, qui s'en relèvent indemnes

Un enfant gazaoui avec des émeutiers lors de violentes manifestations à la frontière de Gaza, sur des images diffusées par Tsahal le 5 mai 2018 (capture d'écran)
Un enfant gazaoui avec des émeutiers lors de violentes manifestations à la frontière de Gaza, sur des images diffusées par Tsahal le 5 mai 2018 (capture d'écran)

L’armée israélienne a publié samedi soir de courtes vidéos des manifestations de Gazaouis à la frontière qui, selon elle, montraient que des manifestants avaient simulé des blessures afin de manipuler l’opinion mondiale et se servaient de jeunes enfants dans les émeutes frontalières.

Dans un clip publié par l’armée israélienne, de jeunes Gazaouis équipés d’un brancard se ruent à travers des nuages ​​de fumée et de poussière afin d’aider un jeune homme apparemment blessé. Cependant, à la fin du clip, le jeune homme semble tomber ou descendre du brancard, avant de se relever, apparemment indemne.

« Dans les activités du Hamas, les fausses blessures et l’exploitation de femmes et d’enfants sont endémiques », a déclaré l’armée israélienne dans un tweet.

« Tout cela était destiné à déguiser une activité terroriste – y compris en lançant des explosifs et des grenades, en tentant des infiltrations, et en incendiant des terres israéliennes. »

Dans un deuxième clip, de très jeunes enfants peuvent être vus dans des manifestations, faisant rouler des pneus et se tenant près de Palestiniens plus âgés. L’armée ca allégué que les Gazaouis plaçaient délibérément de jeunes enfants à proximité des émeutiers, ceci pour leur servir de boucliers humains.

Les émeutes frontalières se sont poursuivies ce week-end pour une sixième semaine consécutive.

Lors des émeutes de vendredi soir, des dizaines de Palestiniens ont fait irruption au niveau du passage frontalier de Kerem Shalom entre Israël et la bande de Gaza, contrôlée par le Hamas, mettant feu au gazoduc qui alimente la bande de Gaza, a déclaré l’armée.

Les Gazaouis, qui n’ont pas pénétré du côté israélien de la frontière, ont ainsi vandalisé leur propre infrastructure d’approvisionnement, ont indiqué des responsables militaires israéliens.

Dans un autre incident survenu le long de la frontière, une quinzaine de personnes ont franchi la frontière du côté israélien de la barrière de sécurité. On pouvait voir les manifestants éructer de joie, l’un portant un masque de Guy Fawkes et brandissant un couteau de boucher sautant et criant « Allah Akbar ».

Après un court moment, les manifestants ont été repérés par les troupes israéliennes et ont regagné Gaza.

L’armée a déclaré dans un communiqué que les Gazaouis avaient été identifiés par des soldats surveillant la frontière et qu’une patrouille avait été envoyée sur les lieux. Les soldats ont tiré des gaz lacrymogènes sur les infiltrés et les ont repoussés au-delà de la frontière.

Depuis plusieurs semaines, les Gazaouis organisent des marches de protestation à la frontière entre Gaza et Israël, encouragés par le groupe terroriste du Hamas, qui dirige l’enclave. Les dirigeants ont affirmé que le but ultime des manifestations était d’effacer la frontière et de « libérer la Palestine ».

Samedi, l’armée a déclaré que les troupes avaient identifié plusieurs Palestiniens qui avaient franchi la frontière et placé des cocktails Molotov près de la barrière de sécurité dans le sud de l’enclave avant de regagner Gaza. Dans un deuxième incident, des soldats ont tiré sur un groupe de Palestiniens qui ont tenté de saboter la clôture dans le sud de la bande de Gaza, avant qu’ils se retirent.

Au moins 431 Palestiniens ont été blessés vendredi, selon des responsables palestiniens, alors que 7 000 personnes ont pris part aux manifestations, ont fait voler des dizaines de cerfs-volants équipés de cocktails Molotov en Israël, lancé des pierres sur des soldats et tenté de franchir la barrière frontalière.

Les soldats ont répondu aux manifestants les plus violents avec des armes anti-émeute comme du gaz lacrymogène, et aussi par des tirs réels dans certains cas.

L’armée a partagé la vidéo de l’incident de Kerem Shalom, au cours duquel des Palestiniens ont fait irruption du côté palestinien de la frontière et ont endommagé des pipelines transportant du gaz et du pétrole vers Gaza, qui souffre déjà d’une grave pénurie d’énergie.

« C’est un acte cynique qui nuit au bien-être des habitants de Gaza et aux efforts humanitaires menés par Israël et de nombreux autres pays », a déclaré l’armée.

Kerem Shalom est le principal passage pour les marchandises et pour l’aide humanitaire qui transite vers Gaza depuis Israël.

Au cours des manifestations de vendredi, deux petits drones de l’armée israélienne se sont écrasés dans la bande de Gaza. L’armée a déclaré que les drones n’étaient pas utilisés à titre opérationnel avant leur chute, mais qu’ils filmaient les manifestations. Selon des séquences vidéo, au moins l’un des drones semblait être un modèle civil.

סרטון של מה שניראה כמו רחפן שנפל בעזה ( חאן יונס)לפי הצילום לא בטוח שהוא צהלי .עד עכשיו 40 פצועים על הגדר.שרפות בכמה מוקדים מטופלות על ידי כיבוי אש וחיילי צהל.

Posted by Pub-leak on Friday, 4 May 2018

L’origine de la chute des drones n’a pas été déterminée. Les Palestiniens ont prétendu les avoir abattus.

Bien que les deux premières semaines de manifestations aient attiré des dizaines de milliers de manifestants, les évènements de ce dernier mois ont connu des niveaux de participation beaucoup plus faibles.

Selon le ministère de la Santé du Hamas, 48 ​​Palestiniens ont été tués depuis le début des manifestations et des affrontements le 30 mars à la frontière de Gaza. Des centaines d’autres ont été blessés par balles.

Le Hamas, un groupe terroriste islamiste qui cherche à détruire Israël, a reconnu que cinq de ses membres figuraient parmi les victimes après la première manifestation, mais s’est depuis abstenu de reconnaître si ses hommes comptaient parmi les victimes. Israël a identifié d’autres défunts comme membres de groupes terroristes.

Israël a affirmé qu’il n’ouvrait le feu que lorsque cela était nécessaire de sorte à faire cesser les infiltrations, les dégâts à la clôture et les attaques.

La « Marche du retour » est une série de manifestations de huit semaines qui a débuté le 30 mars et qui se poursuivra au moins jusqu’à la mi-mai. Bien que initialement planifiées comme des manifestations non violentes, celles-ci ont apparemment été cooptées par le groupe terroriste du Hamas, qui dirige Gaza et dont les dirigeants ont déclaré que leur but était d’effacer la frontière et de « libérer la Palestine ».

L’armée a fait l’objet de critiques nationales et internationales quant à son utilisation de tirs réels, les Nations unies et l’Union européenne appelant à une enquête indépendante rejetée par Israël.

Israël affirme que le Hamas se sert des marches comme une couverture pour mener des attaques terroristes.

Israël a exprimé à maintes reprises son inquiétude face à la possibilité d’une violation massive de la barrière de sécurité, ceci permettant alors aux Palestiniens de traverser la frontière. Le leader du Hamas, Yahya Sinwar, a promis par le passé que les manifestants « franchiraient les frontières et prieraient à Al-Aqsa », faisant référence au principal sanctuaire musulman de Jérusalem.

Judah Ari Gross et les agences ont contribué à cet article.

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