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GB : Un élu juif rend hommage à la Reine Elizabeth II avec un cours de Kabbale

Devant la Chambre des Lords, le baron David Wolfson a fait l'éloge de la monarque pour sa vie de "mitzvah", mot dont la valeur numérique est 96, âge du décès de la reine

Le législateur britannique David Wolfson discute du décès de la reine Elizabeth II à la Chambre des Lords, à Londres, le 8 septembre 2022. (Crédit : capture d'écran/Facebook)
Le législateur britannique David Wolfson discute du décès de la reine Elizabeth II à la Chambre des Lords, à Londres, le 8 septembre 2022. (Crédit : capture d'écran/Facebook)

JTA – De nombreux hommes politiques et autres personnalités du monde entier ont rendu hommage à la reine Elizabeth. Mais dans son hommage à la défunte monarque, le baron David Wolfson a opté, devant la Chambre des Lords, pour une nouvelle approche pour aborder le sens de sa mort en employant un concept central de la mystique juive.

Dans un discours de six minutes vendredi, Wolfson, un conservateur qui a été ministre de la Justice sous Boris Johnson, a présenté à ses pairs plusieurs concepts de la tradition juive, dont celui de la guematria, la méthodologie consistant à donner un sens aux mots à travers leur valeur numérique.

Il a d’abord abordé le terme « mitzvah », ou bonne action, expliquant qu’il ne s’agissait pas simplement d’une bonne action que l’on fait volontairement, mais plutôt d’un devoir et que les racines du mot sont les lettres hébraïques tzaddik et vav, ou « tzav ».

« Sa défunte majesté a passé toute sa vie à faire ce qu’il fallait, et pas seulement parce qu’elle en avait envie », a-t-il dit. « Elle a passé ses 96 ans de vie à faire ce qu’il fallait faire, jour après jour, par sens du devoir. »

Wolfson a ensuite fait référence au concept mystique de la guematria, développé par les kabbalistes, en notant que la somme de la valeur numérique des lettres hébraïques qui composent le mot « mitzvah » est égale à 96.

« C’est une coïncidence, ou peut-être pas, que la valeur numérique du mot hébreu ‘tzav’, la racine du mot ‘mitzvah’ est 96 – 96 ans de ‘tzav’, de devoir, et aussi de ‘mitzvah’, qui consiste à faire le bien parce que c’est votre devoir », a expliqué Wolfson.

Des membres du Parlement assistent à une visite du roi Charles III de Grande-Bretagne et de Camilla, la reine consort, au centre, à Westminster Hall, où les deux chambres du Parlement se sont réunies pour exprimer leurs condoléances suite au décès de la reine Elizabeth II, à Londres, le 12 septembre 2022. (Crédit : John Sibley/ Pool Photo via AP)

Wolfson a également noté que dans les synagogues du monde entier, la lecture du Pentateuque sera bientôt terminée, et que la tradition veut qu’elle recommence immédiatement. Il a mis cela en parallèle avec la tradition britannique qui consiste à pleurer le décès d’un monarque et dans la foulée, à en accueillir joyeusement un autre, en l’occurrence le roi Charles III.

« Nous avons fermé un livre, un long et bon livre qui nous a accompagné pendant tant d’années, et nous sommes sur le point d’en ouvrir un autre », a déclaré Wolfson, un avocat qui a étudié dans sa jeunesse dans une yeshiva à Jérusalem. « Et alors que nous prions tous ‘God Save the King’, je prierai aussi pour que lui aussi puisse jouir d’un règne de mitzvah consistant à faire ce qui est juste, car c’est maintenant son devoir. »

La reine Elizabeth II au balcon du palais de Buckingham Palace après la cérémonie Trooping the Color à Londres au premier jour du Jubilée de platine de la reine, le 2 juin 2022. (Crédit : Jonathan Brady/Pool Photo via AP)

Wolfson et au moins deux autres législateurs, le baron Stuart Polak et Robert Halfon, un député conservateur de Harlow, dans l’Essex, ont chacun évoqué le sentiment poignant auquel ils étaient confrontés, à l’instar des centaines de milliers de Juifs britanniques, à l’approche de Shabbat. Pour la première fois de leur vie – et pour la première fois depuis 70 ans qu’Elizabeth II a accédé au trône – ils prieront pour le bien-être d’un roi, et non d’une reine.

« Et donc demain, pour la première fois de ma vie, nous ne prierons pas à la synagogue pour le prince Charles, mais pour le roi Charles », a déclaré Wolfson. « J’ai commencé hier ma journée en tant que conseiller de la reine, et je l’ai terminée en tant que conseiller du roi ».

Polak, qui s’exprimait le même jour à la Chambre des Lords, a rappelé dans son discours une conversation qu’il avait eue en 2016 avec la princesse Anne, la fille de la reine Elizabeth II, au cours de laquelle ils ont regretté que le ministère britannique des Affaires étrangères lui interdise de se rendre en Israël et en Cisjordanie en raison des sensibilités attachées à cette région chez les alliés arabes et musulmans de la Grande-Bretagne.

Des porteurs portent le cercueil de la reine Elizabeth II, drapé de l’étendard royal d’Écosse, à son arrivée à Holyroodhouse, où il reposera pendant une journée, à Édimbourg, le 11 septembre 2022. (Crédit : Alkis Konstantinidis/Pool Photo via AP)

« Nous avons convenu qu’en tant que personne profondément religieuse et craignant Dieu, il était triste, très triste qu’elle n’ait jamais emprunté la Via Dolorosa pour entrer dans l’église du Saint-Sépulcre », a-t-il déclaré. « Elle n’a jamais marché, ni visité l’église de la Nativité à Bethléem, ni fait l’expérience de la paix et de la tranquillité sur les rives de la mer de Galilée. »

Halfon a fait remarquer que le règne d’Elizabeth a coïncidé avec l’intégration des Britanniques de toutes origines à la classe moyenne. Halfon a précisé que sa ville, Harlow, était une localité où les résidents de l’East End de Londres – y compris un grand nombre de ses Juifs – avaient migré après la Seconde Guerre mondiale.

Il a par ailleurs évoqué sa prestation de serment par la reine en 2015 en tant que membre du Conseil privé, le corps des fonctionnaires qui rendent compte au monarque.

« Sa Majesté n’a pas sourcillé », a-t-il dit. « Et je me suis dit : ‘Me voilà, moi, fils d’immigrés dans ce pays, en train de devenir membre du Conseil privé’, je me suis dit : ‘Quel honneur et quel pays méritocratique nous avons !’ « .

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