Greenblatt: il est temps de redoubler nos efforts pour obtenir un accord de paix
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Greenblatt: il est temps de redoubler nos efforts pour obtenir un accord de paix

Des sources disent que l’administration Trump présentera le cadre de travail après le mois saint du Ramadan et des officiels ont commencé à briefer leurs alliés sur son contenu

L'envoyé du président américain Donald Trump au Moyen-Orient, Jason Greenblatt, rencontre le dirigeant palestinien Mahmoud Abbas dans la ville de Ramallah en Cisjordanie, le 25 mai 2017. (Crédit : FLASH90)
L'envoyé du président américain Donald Trump au Moyen-Orient, Jason Greenblatt, rencontre le dirigeant palestinien Mahmoud Abbas dans la ville de Ramallah en Cisjordanie, le 25 mai 2017. (Crédit : FLASH90)

Le représentant spécial du président américain Donald Trump au processus de paix israélo-palestinien, Jason Greenblatt, a déclaré tard dimanche que le temps était venu de redoubler les efforts vers l’obtention d’un accord de paix dans la région.

Les commentaires de Greenblatt sont intervenus après qu’une sources américaine a déclaré à l’Associated Press que l’administration présenterait probablement son plan tant attendu le mois prochain, à la suite du mois saint du Ramadan pour les Musulmans.

Dans une série de tweets où Greenblatt a félicité Israël à la suite de l’ouverture de l’ambassade américaine à Jérusalem, l’envoyé a dit qu’il était maintenant temps d’aller de l’avant. Le transfert de l’ambassade a entraîné une très large colère parmi les Palestiniens et le monde musulman, et les Palestiniens ont effectivement ignoré des officiels américains depuis que le transfert a été annoncé.

« J’ai aussi un message pour tous nos amis dans la région – les Israéliens, les Palestiniens, les Arabes, les Musulmans, les Chrétiens et les Juifs – et aussi pour beaucoup d’autres dans le monde, qui me contactent régulièrement pour proposer leur soutien à @potus et à notre administration et à nos efforts d’obtenir un accord de paix – le temps est venu d’ouvrir un nouveau chapitre », a écrit Greenblatt dans des tweets en hébreu et en arabe.

« Nous avons besoin de redoubler nos efforts pour trouver des solutions aux nombreuses questions difficiles et pour voir si nous pouvons y arriver, obtenir une paix définitive, a écrit Greenblatt. Nous avons la responsabilité d’essayer, mettons-nous au travail ».

Plus tôt, l’Associated Press a cité des officiels et assistant du Congrès comme ayant déclaré que l’administration avait l’intention de publier le plan de paix à la mi-juin ou fin juin, peu après la fin du mois sacré des Musulmans du Ramadan, même s’ils ont prévenu que le calendrier pourrait évoluer en fonction de développements dans la région.

Ils ont déclaré que les auteurs principaux du plan – Jared Kushner, le gendre et proche conseiller du président américain Donald Trump, et Greenblatt – ont déjà commencé à briefer en toute discrétion quelques alliés et des partenaires sur les éléments de la proposition.

Pourtant, n’importe qu’elle bonne volonté palestinienne de même considérer le plan impliquerait que les conditions s’améliorent et que la colère diminue considérablement dans les semaines à venir, un scénario improbable alors que les Palestiniens affirment que les éléments prouvant que Trump favorise Israël s’accumulent.

Les alliés des Etats-Unis en Europe et du Golfe persique se sont aussi sentis obligés de critiquer l’administration pour cette approche. Assurément, Trump aurait besoin d’un soutien de la part de ces même pays afin de rassembler assez de dynamisme pour que tout accord de paix puisse réussir.

L’administration résiste aux demandes du Congrès de fermer totalement le bureau de l’Organisation de Libération de la Palestine (OLP) à Washington parce que Greenblatt et Kushner veulent garder ce canal ouvert au cas où les Palestiniens voudraient reprendre les négociations avec Israël en se basant sur le plan. L’ancien Secrétaire d’Etat Rex Tillerson a ordonné au bureau de fermer en novembre dernier, mais il a été autorisé à rester ouvert avec des fonctions limitées selon l’interprétation par l’administration de la loi nécessitant qu’il reste fermé en l’absence de négociations de paix.

La possibilité de voir les Palestiniens intéressés par la proposition de paix reste mince, tout particulièrement depuis que le président de l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbas a rappelé le chef de la mission plus tôt cette semaine pour protester contre l’ouverture lundi de la nouvelle ambassade américaine à Jérusalem. Le transfert de l’ambassade était l’une des raisons citées par le Hamas pour les violentes manifestations à Gaza auxquelles Israël a répondu par la force mortelle.

Environ 60 Palestiniens ont été tués lundi par les forces israéliennes, entraînant des condamnations et des appels à la retenue de l’Europe et d’ailleurs. Les Etats-Unis ont refusé de se joindre à ces appels et, tout en regrettant la perte de vies humaines, se sont opposés aux efforts des Nations unies de lancer une enquête internationale sur les violences.

Depuis lors, le Hamas a déclaré que 50 des 60 morts étaient des membres de groupes terroristes.

La reconnaissance de Trump de Jérusalem comme la capitale d’Israël, le transfert de l’ambassade et le soutien sans réserve des politiques du Premier ministre Benjamin Netanyahu par l’administration américaine ont éloigné et mis en colère les dirigeants palestiniens, qui ont accusé l’administration d’abandonner son rôle d’arbitre neutre dans le conflit. Saeb Erekat, le négociateur en chef palestinien, a déclaré que tout accord doit être entre les Palestiniens et Israël – pas les Etats-Unis.

« Je n’ai pas besoin de Jason Greenblatt. Je n’ai pas besoin de Kushner, » a dit Erekat. « Ce sont nos vies ».

Ce sentiment de trahison pourrait bien s’agrandir fortement cet été alors que les millions de dollars d’aide américaine aux Palestiniens vont probablement être retirés et les fonds seront alloués à d’autres régions. Cet argent a été retenu depuis l’année dernière et les financements existants pour certains projets seront bientôt épuisés si des fonds ne sont pas approuvés dans les deux prochaines semaines. Si cela ne se produit pas, le Département d’Etat et l’Agence Américaine pour le Développement International aura à informer les bénéficiaires de l’aide que le financement américain ne viendra plus et ces programmes commenceront à être fermés. Des membres locaux du personnel seraient alors licenciés et les officiels américains dirigeants les projets seraient réassignés ailleurs.

Des 251 millions de dollars d’aide bilatérale prévue pour les Palestiniens en 2018, seulement 50,5 millions de dollars auraient été utilisés, selon le site de veille du gouvernement.

Le reste, plus de 200 millions de dollars, sont actuellement retenus, et ce chiffre ne comprend pas les 65 millions de dollars supplémentaires d’aide américaine gelée à l’Agence de Soutien et de Travail des Nations unies qui fournit des services aux Palestiniens en Cisjordanie, à Gaza, en Jordanie et au Liban.

L’aide américaine paie pour les programmes d’éducation, de santé, de bonne gouvernance et de promotion de la démocratie mais aussi de réaction aux désastres et de sécurité

Pendant plusieurs mois, la Maison Blanche a ignoré les recommandations du Département d’Etat et d’USAID pour dépenser au moins une partie de l’argent, selon les officiels. Les trois officiels ont déclaré qu’il n’y a pas d’indications que ces recommandations seront suivies dans un avenir proche malgré des appels de législateurs et même des expressions de préoccupation d’Israël, qui perçoit la valeur de l’aide, tout particulièrement en ce qui concerne la sécurité. Un officiel a dit qu’il y avait « un manque évident d’urgence » à prendre une décision. Les deux autres ont dit qu’il n’y avait aucun signe que l’échéance de la fin mai serait respectée.

« L’administration revoie actuellement l’aide américaine aux Palestiniens », a déclaré USAID dans un communiqué envoyé à l’Associated Press. « L’USAID est en discussions avec toutes les partenaires affectés sur le statut de la révision, et travaille étroitement avec l’interagence, alors que l’administration finit sa révision ».

Entre 5 et 10 projets USAID sur 20 sont immédiatement menacés en Cisjordanie et à Gaza, avec les nouvelles initiatives proposées, ont dit les officiels. Sans une décision rapide, ces projets seront à cours d’argent d’ici 2018, ont-ils dit. Presque tous les autres seront à cours d’argent au début 2019 à moins que l’argent ne soit débloqué, ont-ils déclaré.

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