Greenblatt salue l’approche “peu orthodoxe” du processus de paix par l’administration américaine
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Greenblatt salue l’approche “peu orthodoxe” du processus de paix par l’administration américaine

“Nous donnons à chaque partie l’espace nécessaire pour prendre les décisions sur son avenir”, a déclaré l'envoyé spécial de Trump lors d'une conférence des donateurs internationaux

Raphael Ahren est le correspondant diplomatique du Times of Israël

L'envoyé spécial de Trump, Jason Greenblatt, à Ramallah, le 14 mars 2017. (Crédit : Flash90)
L'envoyé spécial de Trump, Jason Greenblatt, à Ramallah, le 14 mars 2017. (Crédit : Flash90)

NEW YORK – L’envoyé spécial du président américain Donald Trump, Jason Greenblatt, a salué lundi l’approche peu conventionnelle de l’administration vis-à-vis des négociations de paix entre Israéliens et Palestiniens, indiquant qu’elle était foncièrement différente des efforts précédents menés par les États-Unis. Cette différence repose notamment sur l’importance accordée à l’amélioration des conditions de vie des Palestiniens, et à la liberté octroyée à chaque partie dans ses décisions.

Lors d’une conférence des donateurs internationaux, Greenblatt a également déploré l’aggravation de la crise humanitaire dans la bande de Gaza, et a appelé la communauté internationale à agir dans l’immédiat pour améliorer les conditions de vie dans l’enclave côtière.

« Ce n’est pas un secret que notre approche diverge de l’orthodoxie habituelle. En effet, après des années de tentatives bien intentionnées de négocier une fin à ce conflit, nous en avons tiré des leçons », a déclaré Greenblatt aux participants de la réunion annuelle du Ad Hoc Liaison Committe (AHLC), en marge de l’Assemblée générale des Nations unies.

L’administration Trump s’est aventurée dans le processus de paix israélo-palestinien, avide d’un accord, mais n’a pas explicitement soutenu la solution à deux États, ni de restrictions majeures aux implantations israéliennes. Greenblatt, lors de ses nombreux déplacements en Israël, a rencontré les dirigeants israéliens et palestiniens, ainsi que des politiques et des membres de la société civile des deux parties. Il a encouragé le renforcement des projets de coexistence et des accords commerciaux.

« Au lieu de chercher à imposer une solution venue de l’extérieur, nous donnons à chaque partie l’espace nécessaire pour prendre les décisions sur son avenir. Au lieu d’attribuer les torts à l’une ou l’autre partie, nous sommes concentrés sur l’application d’accords existants, et à débloquer d’autres domaines de coopération, qui seront profitables aux Palestiniens et aux Israéliens », a poursuivi Greenblatt.

Présidé par la Norvège et co-parrainé par le États-Unis et l’Union européenne, l’AHLC est le principal organe de coordination pour l’aide au développement de l’Autorité palestinienne.

Lundi, Trump a rencontré le Premier ministre Benjamin Netanyahu, pour parler, entre autres des objectifs de l’administration pour parvenir à un accord de paix.

« Nous allons lui donner toutes ses chances. Je pense qu’il y a des chances qu’il se produise », a déclaré le président américain. La paix entre Israéliens et Palestiniens « reste l’une des priorités du président », a assuré un responsable à Maison Blanche lundi au Times of Israël, ajoutant que les rencontres de Trump cette semaine aux Nations unies se focaliseront principalement sur les questions syriennes et iraniennes.

Greenblatt se consacrera au « développement de l’aide au peuple palestinien », a précisé le responsable, sous couvert d’anonymat.

Les Israéliens et les Palestiniens travailleront sur les infrastructures, pour permettre à la Cisjordanie et à la bande de Gaza d’avoir un meilleur approvisionnement en eau, en électricité, et d’améliorer les conditions sanitaires et les transports, a indiqué Greenblatt durant la conférence.

« Profitons de cette année pour améliorer les flux des biens et des personnes palestiniennes », a-t-il déclaré aux participants de la conférence AHLC, parmi lesquels se trouvaient Federica Mogherini, chef de la diplomatie de l’Union européenne, et d’autres hauts diplomates du monde entier.

Il est grand temps d’arrêter de se contenter de surveiller la situation à Gaza et de commencer à la changer, a exhorté Greenblatt, critiquant le Hamas, groupe terroriste palestinien qui contrôle l’enclave côtière.

« Depuis trop longtemps, le Hamas a exploité le peuple gazaoui pour en faire des otages et des boucliers, les forçant à se soumettre. Le Hamas dirige d’une main de fer, au lieu d’améliorer les vies de ceux qu’il prétend gouverner », a-t-il dit.

L'envoyé pour la paix du président américain Donald Trump, Jason Greenblatt (à gauche), dans un tunnel terroriste du Hamas près de la bande de Gaza avec le coordonnateur des activités gouvernementales dans les territoires (COGAT) Yoav 'Poly' Mordechai le 30 août 2017 (Crédit : Bureau du porte-parole du COGAT)
L’envoyé pour la paix du président américain Donald Trump, Jason Greenblatt (à gauche), dans un tunnel terroriste du Hamas près de la bande de Gaza avec le coordonnateur des activités gouvernementales dans les territoires (COGAT) Yoav ‘Poly’ Mordechai le 30 août 2017 (Crédit : Bureau du porte-parole du COGAT)

« Le Hamas continu à détourner des fonds appartenant aux Palestiniens de Gaza, notamment des fonds alloués par les donateurs internationaux, et les utilise pour construire des tunnels terroristes, des missiles, et autres usages abominables », a déclaré Greenblatt.

Il a appelé l’AP à reprendre le contrôle de la bande de Gaza et la communauté internationale à faciliter ce processus. « Le soulagement de la souffrance à Gaza ne sera atteint que lorsque toutes les parties intéressées se réuniront pour aider le peuple palestinien et isoler le Hamas », a-t-il précisé.

Au début de la semaine, le Hamas a annoncé qu’il dissoudrait le comité administratif qui dirige Gaza, et qu’il était prêt à organiser de nouvelles élections, ce qui laisserait une possibilité pour que l’AP récupère l’enclave côtière.

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