Halevi : les avancées militaires à Gaza sont considérables mais « le chemin est encore long »
Le chef d'état-major a déclaré que l'armée lançait une opération spéciale de sauvetage des otages "chaque semaine" et qu'elle œuvrerait à évacuer les civils de Rafah avant une offensive
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Emanuel Fabian est le correspondant militaire du Times of Israël.

Les avancées de l’armée israélienne dans sa guerre contre le Hamas, dans la bande de Gaza, sont plus importantes que Tsahal pouvait s’y attendre à ce stade mais elles sont encore insuffisantes pour atteindre les objectifs de la guerre, a déclaré mardi le chef d’état-major de l’armée, le général Herzi Halevi.
« Cela fait environ quatre mois que nous combattons et le chemin est encore long », a dit Halevi à l’occasion d’une conférence de presse depuis la frontière avec Gaza, jurant de continuer la guerre jusqu’à ce que les objectifs soient atteints.
« Au cours des dernières décennies, aucune armée n’a manœuvré dans un secteur aussi urbain, aussi dense, avec de hauts immeubles et des tunnels creusés sous la surface de la terre. Les soldats de l’armée israélienne s’attaquent à ces difficultés avec beaucoup de réussite et les avancées militaires sont extraordinaires. Malheureusement, il y a aussi un prix à payer en matière de victimes », a-t-il ajouté.
L’armée a perdu 569 soldats depuis le début de la guerre, le 7 octobre. A cette date, les terroristes du Hamas avaient lancé une attaque sans précédent dans le sud d’Israël, massacrant environ 1200 personnes, des civils en majorité, et kidnappant 253 personnes, prises en otage dans la bande de Gaza.
231 soldats de Tsahal sont morts lors de l’incursion terrestre à Gaza.
La guerre a continué dans tout Gaza, avec une intensité des combats variée et sur la base des renseignements qu’elle collecte, l’armée se bat encore dans le nord de la bande dans des secteurs qui sont encore en proie à des activités terroristes, a déclaré Halevi.
« Nous revenons une deuxième ou une troisième fois sur des cibles pour tuer davantage d’ennemis, pour détruire un plus grand nombre d’infrastructures terroristes et pour approfondir nos avancées », a-t-il commenté.
Répondant à une question du Times of Israel sur le moment où les civils palestiniens seront autorisés à retourner dans le nord de Gaza – d’où ils avaient été évacués au début de l’offensive terrestre – Halevi a estimé que le terrain n’était pas encore suffisamment sûr pour leur permettre de revenir.
Il a expliqué qu’au début de la guerre, il y avait environ 15 000 terroristes du Hamas dans le nord de l’enclave et que s’ils ont été tués en majorité, avec des infrastructures terroristes qui ont quasiment toutes été détruites, le Hamas y menait encore des activités « presque quotidiennes ».
« Nous ne voulons pas d’une situation où les résidents de la bande de Gaza se mélangeraient avec l’ennemi, risquant ainsi leur vie. C’est la raison pour laquelle nous isolons encore le nord de la bande », a-t-il ajouté.
Il a promis que les habitants pourraient rentrer chez eux dès que Tsahal aurait la certitude d’avoir éradiqué le terrorisme dans le secteur.
A Khan Younès, dans le sud de la bande de Gaza, a dit Halevi, « nous nous infiltrons dans des endroits où l’ennemi n’aurait jamais pu imaginer que nous pourrions arriver ; nous détruisons tous les atouts stratégiques du Hamas dans une ville qui était organisée comme capitale terroriste de l’organisation ».
Le chef d’état-major a ajouté que pendant toute la guerre, Tsahal avait tué 10 000 terroristes, notamment des commandants et des responsables du Hamas. Il a ajouté que le sommet de la hiérarchie du groupe terroriste devait dorénavant être, à son tour, visée.
Il a également indiqué que l’armée allait œuvrer à évacuer les civils de Rafah, au sud de la bande, avant le lancement d’une offensive.
« Nous savons que c’est plus difficile pour nous de combattre dans un environnement où il y a plus d’un million de personnes et encore 10 000 terroristes du Hamas », a-t-il noté.
Il a dit qu’il appréciait à leur juste valeur les avis donnés par les autres pays sur la guerre et sur ses difficultés, ajoutant qu’Israël avait néanmoins montré ses capacités à prendre pour cible ses ennemis dans des environnements d’une grande complexité.
Dans le cadre des activités menées par Tsahal dans le nord de la bande, les troupes sont parvenues à secourir deux otages, Louis Har et Fernando Marman, dans la soirée de lundi – mais Halevi a indiqué que ces dernières n’avaient eu aucune certitude sur la réussite de cette opération audacieuse qui a eu lieu dans le sud de Gaza.
« Chaque semaine, nous lançons des opérations spéciales en risquant la vie des soldats dans des conditions complexes, dans des conditions de grande incertitude, des raids qui tentent de venir sauver les otages », a-t-il dit. « Cette fois-ci, nous avons réussi. Il y a eu un plus grand nombre d’opérations qui n’ont pas réussi ou qui ont échoué. Mais nous continuerons à essayer et nous le ferons avec un sens profond de responsabilité ».
Il a ajouté que l’armée était déterminée à rapatrier tous les autres otages qui se trouvent, aujourd’hui encore, dans les geôles du Hamas à Gaza.
Interrogé sur la réponse que pourrait apporter l’armée dans le cas de la conclusion d’un accord échangeant une pause dans les combats contre la remise en liberté des otages, Halevi a indiqué que si les politiques finalisaient un accord et que si ce dernier nécessitait une trêve, Tsahal « saura comment reprendre » la campagne militaire de démantèlement du Hamas lorsque cette pause sera terminée.
Halevi a aussi promis de restaurer la sécurité et la confiance dans l’armée des résidents des communautés frontalières de Gaza qui avaient été prises pour cible, le 7 octobre.
Il a déclaré que la situation sécuritaire, aujourd’hui, était « bien meilleure » qu’elle ne l’était avant le 7 octobre et que la différence majeure était que l’ennemi avait perdu beaucoup de puissance suite à la destruction de ses capacités.
« Nous sommes en train de construire une réalité beaucoup plus sécurisée », a affirmé Halevi. Les résidents des communautés frontalières de Gaza, qui vivent dans des hôtels depuis plus de quatre mois, seront en capacité de retourner chez eux dans un climat de sécurité, a-t-il promis.
la Communauté du Times of Israël !







