Hamas: l’Egypte autorisera le retour à Gaza du corps de l’expert tué en Malaisie
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Hamas: l’Egypte autorisera le retour à Gaza du corps de l’expert tué en Malaisie

La famille de Fadi al-Batsh affirme que le corps sera ramené par avion pour l'enterrement dans la bande de Gaza mercredi à 14 heures, alors qu'Israël a demandé au Caire de refuser

Une photo prise le 21 avril 2018 montre des hommes tenant une affiche du professeur palestinien de 35 ans et membre du Hamas Fadi Mohammad al-Batsh qui a été tué en Malaisie, devant la maison de sa famille à Jabaliya dans le nord de la bande de Gaza. (AFP PHOTO / MAHMUD HAMS)
Une photo prise le 21 avril 2018 montre des hommes tenant une affiche du professeur palestinien de 35 ans et membre du Hamas Fadi Mohammad al-Batsh qui a été tué en Malaisie, devant la maison de sa famille à Jabaliya dans le nord de la bande de Gaza. (AFP PHOTO / MAHMUD HAMS)

Le corps d’un expert en roquettes et en drones du Hamas abattu en Malaisie samedi sera transporté par avion jusqu’à la bande de Gaza en passant par l’Égypte dans les 24 heures, selon l’ambassadeur palestinien dans le pays asiatique.

La famille de Fadi Mohammad al-Batsh a déclaré que le corps serait transporté par avion en Égypte et pénétrerait dans l’enclave palestinienne mercredi à 14 heures par le point de passage de Rafah. Sa femme et ses trois enfants se verraient également accorder un droit de visite, selon la déclaration.

Anwar al-Agha s’est dit confiant que les autorités égyptiennes approuveraient la demande, même si Israël a publiquement demandé que le Caire ne permette pas que le corps de Batsh soit ramené dans la bande de Gaza pour y être enterré.

Batsh, 35 ans, a été tué par un tireur sur une moto samedi dans la capitale du pays, selon les autorités malaisiennes. Sa famille et le groupe terroriste du Hamas ont accusé l’agence d’espionnage du Mossad d’Israël.

« J’ai commencé (lundi) à communiquer avec différentes personnes en Égypte par l’intermédiaire de l’ambassade d’Égypte à Kuala Lumpur, ainsi que de notre ambassade de Palestine au Caire », a déclaré l’ambassadeur palestinien à la chaîne d’information malaisienne Bernama. « Ils m’ont dit qu’ils étudiaient la question et je suis sûr qu’ils maîtrisent les procédures et les règlements. »

Dimanche, le ministre de la Défense Avigdor Liberman a déclaré qu’Israël avait demandé au gouvernement égyptien de ne pas permettre que le corps de Batsh soit rendu à sa famille dans la bande de Gaza jusqu’à ce que le Hamas rende à Israël les corps de deux soldats de Tsahal, ainsi que deux citoyens israéliens malades mentaux, qu’il détient dans l’enclave.

Le ministre de la Défense, Avigdor Liberman, arrive à la réunion hebdomadaire du cabinet du Premier ministre à Jérusalem, le 11 avril 2018. (Crédit : Yoav Ari Dudkevitc / Flash90)

Les corps des deux soldats – Hadar Goldin et Oron Shaul – sont actuellement détenus par le Hamas, ainsi que deux civils israéliens, Avera Mengistu et Hisham al-Sayed, qui sont entrés à Gaza de leur plein gré respectivement en 2014 et 2015.

Liberman a fait observer que si Israël n’autorisait pas le corps à passer par ses propres points de contrôle, il ne pouvait pas empêcher l’Égypte d’autoriser le passage de la frontière entre l’Égypte et Gaza à Rafah.

Le ministre de l’Éducation Naftali Bennett a également promis samedi d’empêcher le Hamas de faire inhumer le corps de Batsh à Gaza.

« L’Egypte a sa propre souveraineté », a dit Agha. « Aujourd’hui ou demain, nous obtiendrons l’approbation et l’autorisation de ramener le corps en Palestine. Nous sommes convaincus qu’ils donneront leur approbation, mais ce n’est qu’une question de temps… nous devons vraiment patienter ».

Les portraits-robots diffusés par la Royal Malaysia Police dans l’affaire de l’assassinat d’un membre du Hamas, à Kuala Lumpur, Malaysia, le 23 avril 2018. (Crédit : Royal Malaysia Police)

La police malaisienne a publié lundi des portraits-robots de deux suspects dans le meurtre par balles de l’expert en roquettes et en drones du Hamas abattu ce week-end, dans un attentat qui, selon le groupe terroriste palestinien, est le fait d’Israël.

L’inspecteur général de la Police royale de Malaisie Tan Sri Mohamad Fuzi Harun a déclaré dimanche que les suspects étaient de sexe masculin, mesurant environ 1,80 mètres, bien bâtis, au teint clair, et qui seraient d’origine moyen-orientale ou occidentale.

M. Harun a précisé que les portraits-robots étaient basés sur des descriptions de témoins oculaires.

Le diplomate palestinien a déclaré qu’il fait confiance aux autorités malaisiennes pour enquêter sur le meurtre, les qualifiant de « très professionnels ».

« Nous avons pleinement confiance en eux et nous sommes prêts à nous investir pleinement », a-t-il dit. « Notre agent de l’ambassade est également en contact avec les autorités malaisiennes concernées et reçoit des informations sur le déroulement de l’enquête. »

M. Harun a indiqué que 14 balles ont été retrouvées sur le corps de la victime après une autopsie et qu’elles avaient été transmises pour examen médico-légal.

Il a indiqué qu’aucune menace n’avait été faite à l’encontre la famille de Batsh.

Samedi, le Hamas a menacé Israël de représailles pour le meurtre de Batsh, un ingénieur électricien qu’il a dit être commandant de son aile militaire. Selon des rapports israéliens, l’homme mort était un expert des drones d’attaque et des systèmes de roquettes.

Batsh se rendait à pied de son appartement à la mosquée de Kuala Lumpur, dans la banlieue de Gombak, pour la prière du matin, lorsqu’il a été abattu par deux hommes armés à moto, ont déclaré des responsables. La police a déclaré que des images vidéo en circuit fermé montraient que les suspects l’attendaient depuis près de 20 minutes.

Plus tard samedi, la branche armée du Hamas a ouvert une tente de deuil à Gaza pour Batsh. Une banderole à l’entrée de la tente décrivait Batsh comme un membre de la branche militaire du groupe terroriste et comme « un commandant ».

Sous la tente de deuil, le leader du Hamas, Ismail Haniyeh, a juré de se venger, en affirmant que le Mossad « était derrière ce crime honteux et horrible. Il y aura un prix à payer. Nous ne pouvons pas effacer le sang de nos fils, de nos jeunes et de nos savants. »

Les palestiniens se réunissent devant la maison d’un membre du Hamas, Fadi Mohammad al-Batsh âgé de 35 ans, tué en Malaisie, le 21 avril 2018. (Crédit : AFP / MAHMUD HAMS)

Le Hamas a dit que Batsh était un membre « fidèle » et un « scientifique de la jeunesse palestinienne ». Il a déclaré qu’il avait apporté des « contributions importantes » et participé à des forums internationaux dans le domaine de l’énergie.

Les médias israéliens ont déclaré que Batsh était profondément impliqué dans les efforts du Hamas pour améliorer la précision de ses roquettes et développer les drones. Le scientifique né à Gaza aurait publié récemment des informations sur le développement des drones et sur les émetteurs pour les diriger.

Dans un communiqué publié dans la bande de Gaza dirigée par le Hamas, la famille de la victime a déclaré : « Nous accusons le Mossad d’être derrière l’assassinat ». Batsh a laissé derrière lui une femme et trois jeunes enfants. Il vivait en Malaisie depuis 10 ans.

Selon Hadashot, le Hamas a envoyé de nombreux jeunes Gazaouis suivre une formation technique en Malaisie. Le pays s’est avéré un « paradis » pour le Hamas ces dernières années, selon la Dixième chaîne d’information.

Le Mossad a été accusé dans le passé d’avoir éliminé ceux qui fournissent aux groupes terroristes palestiniens et libanais des technologies de pointe, ainsi que d’avoir assassiné des scientifiques du nucléaire iranien.

Le cas le plus médiatisé a été la mort de Hassan Lakkis, qui était à la tête des activités de recherche et de développement du Hezbollah en matière d’armement. Il a été tué par balle au sud de Beyrouth en 2013. Le dirigeant du Hezbollah Hassan Nasrallah a accusé Israël, mais Jérusalem a nié toute implication.

À Dubaï, en 2010, Mahmoud al-Mabhouh, un important acheteur et importateur de missiles du Hamas, a été assassiné dans sa chambre d’hôtel dans un meurtre attribué au Mossad.

Le Hamas a également accusé le Mossad d’avoir assassiné l’un de ses experts en drones, Mohamed Zouari, en Tunisie en 2016.

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