Hauts-fonctionnaires: Gantz aurait conclu en secret un accord avec Netanyahu -TV
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Hauts-fonctionnaires: Gantz aurait conclu en secret un accord avec Netanyahu -TV

Selon des informations; les responsables de Kakhol lavan seraient furieux, déçus de l'accord avec le Likud qui n'inclut pas la nomination d'un directeur du ministère de la Justice

Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu (à droite) parle au ministre de la Défense Benny Gantz, alors que les deux hommes portent un masque de protection en raison de la Covid-19 lors du conseil des ministres hebdomadaire à Jérusalem, le dimanche 7 juin 2020. (Menahem Kahana/Pool Photo via AP)
Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu (à droite) parle au ministre de la Défense Benny Gantz, alors que les deux hommes portent un masque de protection en raison de la Covid-19 lors du conseil des ministres hebdomadaire à Jérusalem, le dimanche 7 juin 2020. (Menahem Kahana/Pool Photo via AP)

Le ministre de la Défense Benny Gantz aurait dissimulé à deux de ses plus proches collègues, au sein de la formation Kakhol lavan, un accord qu’il aurait passé avec le Premier ministre Benjamin Netanyahu – un arrangement qui n’aurait pas pris en compte une demande déterminante du parti, selon un reportage télévisé diffusé samedi.

Kakhol lavan avait démenti, cette semaine, une information selon laquelle Gantz avait donné son approbation à la nomination d’un nouveau trésorier-général à la tête du ministère des Finances, qui est dirigé par un député issu des rangs du Likud de Netanyahu, en échange de la désignation d’un directeur-général au bureau du Premier ministre d’alternance.

La presse israélienne a néanmoins expliqué, vendredi, qu’un accord avait été conclu concernant des désignations à des postes de hauts-fonctionnaires et qu’une copie de l’ordre du jour de la réunion du cabinet de dimanche indiquait qu’il y aurait un vote pour approuver les candidats à ces deux postes.

Un accord qui ne comprendrait pas la désignation d’un nouveau directeur-général au sein du ministère de la Justice – une demande pourtant centrale soumise par Kakhol lavan et à laquelle Netanyahu oppose une fin de non-recevoir depuis longtemps, entravant de facto les activités du ministère.

Selon la Douzième chaîne, le ministre des Affaires étrangères Gabi Ashkenazi et le ministre de la Justice Avi Nissenkorn, des partenaires de haut-rang de Gantz au sein de Kakhol lavan, n’ont appris l’existence de cet accord que lorsque l’ordre du jour de la réunion a été publié.

Les députés du parti Kakhol lavan, Avi Nissenkorn (à gauche) et Gabi Ashkenazi lors d’une réunion de faction à la Knesset, le 25 novembre 2019. (Hadas Parush/Flash90)

La chaîne a fait savoir que les responsables de Kakhol lavan étaient furieux et déçus d’avoir le sentiment que Gantz avait cédé à Netanyahu dans cette affaire, sans citer ses sources.

Les députés auraient été également inquiets que cet arrangement puisse entrer dans le cadre d’un accord plus large, qui verrait Gantz accepter un nouveau report du budget de l’Etat – ce qui donnerait à Netanyahu l’opportunité de créer une crise budgétaire, plus tard, et d’organiser un scrutin à un moment plus approprié pour lui au niveau politique.

Le ministre des Communications Yoaz Hendel, qui fait partie du bloc de coalition de Kakhol lavan, avec Gantz à sa tête, ne participera pas à la réunion du cabinet prévue dimanche en signe de protestation contre ce présumé accord sur la nomination des hauts-fonctionnaires, a indiqué la presse israélienne.

Yoaz Hendel (G) et Benny Gantz (D) à la Knesset, le 13 mai 2019. (Noam Revkin Fenton/ Flash90)

Nissenkorn avait annoncé avoir choisi son candidat au poste de directeur-général il y a plusieurs mois – mais le bureau du Premier ministre a refusé, jusqu’à présent, de soumettre l’affaire à un vote du cabinet, Netanyahu ayant émis un gel de facto de toutes les nominations de hauts-responsables dans les ministères dirigés par Kakhol lavan – en particulier au sein du ministère de la Justice. Gantz a riposté en refusant d’autoriser un vote du cabinet sur les nominations à de hautes-fonctions au sein des ministères tenus par le Likud, en particulier aux ministères de la Santé et des Finances.

Dans l’accord gouvernemental de coalition, le Likud et Kakhol lavan avaient accepté de reporter toute nomination importante sur laquelle ils étaient susceptibles de s’opposer. Néanmoins, début octobre, Gantz avait estimé qu’il était temps de mettre un terme au « chaos » qui règne au sein du gouvernement et de nommer des représentants permanents à de hautes fonctions judiciaires, occupés depuis longtemps par intérim.

Israël est privé de procureur de l’État depuis le mois de décembre 2019, et la fin du mandat de Shai Nitzan. C’est le procureur-général Avichai Mandelblit qui a endossé cette fonction à titre temporaire ces derniers mois.

De la même façon, la police israélienne reste sans chef depuis le mois de décembre 2018 quand Benjamin Netanyahu n’avait pas reconduit Roni Alsheich au poste. Ce dernier avait été une personnalité déterminante dans les enquêtes pour corruption ouvertes à l’encontre de Netanyahu. Il avait reçu l’opprobre de ce dernier et du Likud, qui l’accusaient d’être impliqué dans une tentative de coup d’État visant à renverser le Premier ministre.

C’est Motti Cohen qui occupe le poste de chef de police par intérim depuis, et son mandat a déjà été prolongé à plusieurs reprises.

Le procureur général Avichai Mandelblit lors de la 17e conférence annuelle de Jérusalem du groupe « Besheva », le 24 février 2020. (Olivier Fitoussi/ Flash90)

Lundi dernier, Le procureur général Avichai Mandelblit avait indiqué à la Haute Cour de justice que l’État devait expliquer la raison pour laquelle il n’avait toujours pas nommé de directeur-général permanent à la tête du ministère de la Justice. Dans une réponse écrite à une saisine de la cour à ce sujet, Mandelblit avait estimé qu’aucune justification concrète n’avait été apportée pour expliquer cette incapacité à faire avancer le processus de désignation. Il avait ajouté qu’il n’y avait « pas d’autre choix » que d’assigner les représentants de l’État à comparaître pour qu’ils répondent aux interrogations.

Répondant à la lettre de Mandelblit de lundi, Kakhol lavan avait fait savoir que Gantz avait donné pour instruction à Avi Nissenkorn « d’accélérer le processus de nomination d’un procureur de l’État et de présenter son choix pour approbation au gouvernement dans les meilleurs délais ».

Gantz avait également appelé le ministre de la Sécurité intérieure Amir Ohana, du Likud, à nommer immédiatement un chef de police.

Le mois dernier, renversant une décision précédente qui avait établi qu’aucune commission ne pouvait actuellement être formée pour désigner un nouveau procureur de l’État à cause de difficultés bureaucratiques, le commissaire à la Fonction publique Daniel Hershkowitz avait indiqué qu’en raison de son importance, le processus de nomination à ce poste déterminant serait lancé immédiatement.

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