Iran : le chef de la banque centrale remplacé en pleine crise
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Iran : le chef de la banque centrale remplacé en pleine crise

En juin, des députés iraniens avaient écrit à Rouhani pour le sommer de changer son équipe économique au vu des "mauvais résultats" du gouvernement

Le président iranien Hassan Rohani, le 5 février 2014 à Téhéran  (Iranian presidency website/AFP/Archives)
Le président iranien Hassan Rohani, le 5 février 2014 à Téhéran (Iranian presidency website/AFP/Archives)

L’Iran a désigné mercredi un nouveau gouverneur pour sa banque centrale, selon les médias locaux, dans un contexte de crise économique et monétaire aiguë et de scandales bancaires.

Valiollah Seif, qui dirigeait la banque centrale depuis l’arrivée au pouvoir du président Hassan Rouhani en 2013, a été remplacé par Abdolnasser Hemati, selon l’agence officielle Irna.

Seif a été particulièrement critiqué pour sa gestion de la crise monétaire qui frappe l’Iran, dont la monnaie – le rial – a perdu plus de la moitié de sa valeur face au dollar américain depuis près d’un an.

En avril, sa tentative d’imposer un taux de change fixe du rial face au dollar pour enrayer la chute de la monnaie nationale a conduit à une explosion du marché noir, contraignant la banque centrale à revenir sur sa décision.

La baisse du rial iranien s’est en outre accélérée depuis l’annonce en mai du retrait des Etats-Unis de l’accord sur le nucléaire de 2015, une mesure qui ouvre la voie à un renforcement des sanctions économiques américaines contre l’Iran.

Seif était par ailleurs personnellement visé par des sanctions du Trésor américain, qui l’accuse d’avoir aidé les Gardiens de la révolution, l’armée d’élite du régime iranien, à transférer des millions de dollars au Hezbollah libanais, important allié régional de l’Iran.

Rouhani, un modéré réélu l’an dernier, a affirmé que le gouvernement avait toute confiance en Hemati, 61 ans, et que la priorité était de faire la chasse aux « institutions de crédit illégales », selon Irna.

La faillite de plusieurs établissements de crédit illégaux – offrant notamment des prêts à des taux avantageux sans avoir les reins suffisamment solides financièrement – a vu des millions d’Iraniens perdre leurs économies.

En juin, des députés iraniens avaient écrit à Rouhani pour le sommer de changer son équipe économique au vu des « mauvais résultats » du gouvernement en la matière.

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