Israël a évacué 800 Casques blancs syriens et leur famille vers Amman
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Israël a évacué 800 Casques blancs syriens et leur famille vers Amman

La Jordanie prévoit de transférer les 800 Syriens - des secouristes en zone rebelle, et leur famille - vers la Grande-Bretagne, l'Allemagne et le Canada

Des volontaires de la Protection civile, connus sous le nom de Casques blancs, transportent un blessé dans un hôpital de fortune dans la ville de Douma, contrôlée par les forces du régime dans la région assiégée de la Ghouta orientale, en périphérie de Damas, le 20 février. 2018 (Crédit : Hamza Al-Ajweh / AFP)
Des volontaires de la Protection civile, connus sous le nom de Casques blancs, transportent un blessé dans un hôpital de fortune dans la ville de Douma, contrôlée par les forces du régime dans la région assiégée de la Ghouta orientale, en périphérie de Damas, le 20 février. 2018 (Crédit : Hamza Al-Ajweh / AFP)

Huit cents Syriens, des membres des Casques blancs, une organisation de secouristes en zone rebelle, et leur famille, ont été évacués vers Israël puis transférés en Jordanie, a indiqué dimanche la radio de l’armée israélienne.

La Jordanie a ensuite confirmé dimanche avoir accueilli 800 Syriens qui seront transférés en Allemagne, au Canada et en Grande-Bretagne.

« En raison du risque pour la vie » de ces Casques blancs, la Jordanie a accepté « pour des raisons purement humanitaires » de les réceptionner, avant qu’ils ne soient transférés vers les trois pays, a déclaré dans un communiqué le porte-parole du ministère jordanien des Affaires étrangères Mohammed al-Kayed.

Ces Casques blancs étaient menacés par l’avancée des troupes du régime de Bachar al-Assad dans le sud de la Syrie, selon la radio qui précise que l’opération a été menée à la demande des Etats-Unis et des pays européens.

La Jordanie a indiqué de son côté que ces Syriens allaient être transférés vers le Canada, l’Allemagne et la Grande-Bretagne.

Les membres des Casques blancs, organisation spécialisée notamment dans l’évacuation des personnes sous les décombres de bâtiments détruits par l’armée syrienne ou l’aviation russe, sont menacés d’emprisonnement ou d’exécution de la part du régime, a ajouté l’armée.

L’armée israélienne a confirmé dans un communiqué l’évacuation des Casques blancs vers un « pays voisin », sans donner de détail, tout en soulignant que cette opération ne traduisait pas un changement de politique d’Israël qui refuse d’accueillir des réfugiés syriens sur son territoire.

« Il s’agit d’un geste humanitaire exceptionnel. Israël maintient sa politique de non-intervention dans le conflit en Syrie et continue à considérer le régime syrien comme responsable de toutes les activités qui ont lieu sur le territoire syrien », a ajouté le communiqué.

Israël fait parvenir de l’aide alimentaire et médicale à des civils réfugiés dans la partie du plateau du Golan contrôlée par la Syrie qui ont fui les combats dans le sud de ce pays.

Tout en veillant à ne pas être aspiré dans le conflit, Israël a frappé à plusieurs reprises le territoire syrien, notamment contre des convois d’armes destinées au groupe terroriste du Hezbollah libanais, allié du régime syrien et sous les ordres de l’Iran.

Quelque 650 000 réfugiés syriens ont été enregistrés auprès des Nations unies en Jordanie depuis le déclenchement de la guerre dans leur pays en 2011. Mais Amman évalue leur nombre à près d’1,3 million.

A Ottawa, la ministre des Affaires étrangères canadienne Chrystia Freeland a déclaré que « le Canada, en étroite collaboration avec le Royaume-Uni et l’Allemagne, mène un effort international afin d’assurer la sécurité des Casques blancs et de leurs familles. »

« Le Canada est un partenaire clé des Casques blancs, et il est fier de leur avoir fourni du financement en soutien à leur formation d’urgence (…) Nous ressentons une responsabilité morale profonde envers ces personnes qui font preuve de bravoure et d’altruisme. »

Bénévoles, les Casques blancs sont sortis de l’anonymat grâce à des vidéos poignantes relayées sur les réseaux sociaux, les montrant, casques sur la tête, se ruer sur les lieux bombardés pour extraire des survivants, surtout des enfants, ensevelis sous les décombres des immeubles détruits par les bombardements du régime ou de son allié russe.

Ces secouristes insistent sur leur neutralité et leur non affiliation avec un groupe politique ou armé. Mais ils sont honnis par le régime et Moscou, qui les accusent d’être liés à des groupes jihadistes ou d’être des marionnettes aux mains de gouvernements étrangers soutenant l’opposition.

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